L’anglais pour retrouver le niveau

Améliorer ses résultats dans toutes les matières vous en avez rêvé, ce pari un lycée l'a fait grâce à l'anglais.

Amère constatation : « Les élèves qui entrent en seconde avec une moyenne inférieure à 7 en langues ne connaissent pas de progression significative jusqu’à la terminale. » Pour Sylve Gauthier, le proviseur du lycée Madame de Staël à Montluçon, un niveau faible en langues dès l’entrée au lycée traduit une faiblesse plus générale. « A partir de là, il faut réagir, expérimenter des solutions pédagogiques. » Et inverser la tendance, pour faire de l’anglais le chemin de la réussite. Suivant la proposition de Marie Sola-Albisser, professeure d’anglais, il a donc mis en place en 2000-2002 des groupes de niveau en anglais première langue, pour cinq classes de seconde.

Une méthode sur-mesure

Sur la base des bulletins de fin de troisième – ou de la première seconde en cas de redoublement -, six groupes de niveau ont été constitués, les plus faibles étant allégés en effectifs, et tournés vers l’oral. Mieux : ces groupes sont évolutifs, les élèves ayant la possibilité de changer de groupe au cours du premier trimestre, en fonction de leurs progrès. Au sein de chaque groupe, le professeur d’anglais applique une méthode sur-mesure, utilise les supports qui lui paraissent le mieux adaptés, passant une sorte de contrat de réussite avec ses élèves. Chargée du groupe plancher, Marie Sola-Albisser a misé sur une pédagogie ludique, la variété, l’alternance des supports au cours d’une même séance… et la patience. « J’ai évité les supports institutionnels comme les livres, en optant plutôt pour des articles de presse, des vidéos ou des chansons, ce qui motivait davantage les élèves ».

Une confiance retrouvée

Le plus délicat ? « La mémorisation. Ces élèves n’ont pas un sens de l’effort très développé. Il a fallu définir un contrat assez simple, avec des exercices de mémorisation de phrases à chaque cours. » Aux évaluations internes à chaque groupe s’ajoutent trois fois dans l’année des tests communs, pour vérifier qu’ils se trouvent dans le groupe correspondant à leur niveau. Au final, explique l’enseignante : « Ces élèves sont réconciliés avec la matière. Ils ont repris confiance, croient davantage en leurs capacités. Résultat : ils ont moins redoublé. » Le proviseur se montre plus nuancé, soulignant que l’expérience « ne les a pas forcément aidé à raccrocher par la suite », lorsqu’ils ont dû réintégrer en première un groupe d’anglais « classique », et hétérogène.

Une nouvelle formule à l’étude

L’expérience se heurte à d’autres limites : cette logique de groupes de niveau, où les élèves de différentes classes se mélangent constitue « un frein pour la confrontation des résultats avec les collègues et complique les conseils de classe, empêchant les professeurs d’avoir une vision d’ensemble » précise Sylve Gauthier. Conjuguées à la perspective du renouvellement partiel de l’équipe pédagogique, ces réticences ont entraîné la suspension de l’initiative, que le proviseur espère provisoire. « Nous réfléchissons à une nouvelle formule. Je pense qu’il faut continuer dans la voie tracée, en y ajoutant un apprentissage individuel par la voie de l’informatique, les exercices individualisés permettant de compenser une partie des différences de niveaux. » Une certitude demeure : la volonté de maintenir une organisation par niveaux, où l’élève ne soit pas inhibé, et puisse profiter de la dynamique de groupe.

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