L’Université de Marne la Vallée gère aujourd’hui une soixantaine d’accords. « Tous ne sont pas actifs, même si nous privilégions la qualité à la quantité, confie Pierre André Picon. Nos réussites sont Bologne, nous avons un double diplôme avec cette Université, mais aussi Alicante, Seville, Cadix… Il reste très difficile de convaincre les étudiants de partir. Plus qu’aux difficultés matérielles nous nous heurtons à une résistance ou un manque d’intérêt. » Avec quatre vingt conventions, Paris VIII enregistre 150 étudiants chaque année dans le programme d’échange. « C’est beaucoup moins que l’objectif de 400 étudiants que nous nous donnons et qui serait en ligne avec celui de 10 % affiché pour l’ensemble du programme Erasmus », regrette Elsa Rollwagen.

Des difficultés avec certains pays

Nous « marchons » bien avec Bologne, Turin, Berlin, Manchester. C’est plus difficile avec les pays nordiques, mais nous avons des échanges avec Helsinki dans le domaine de l’urbanisme. Il y a pour certains pays un obstacle de langue et parfois une image de pays un peu difficile. Mais pour prendre l’exemple des pays nordiques, une fois ces craintes dissipées, la satisfaction est à la hauteur ». Pour convaincre les étudiants, les Universités doivent déployer des trésors d’énergie en communication : fourniture de documentations, conférences d’information pour les nouveaux venus à l’Université, aide dans les recherches, voyage d’étude sur place, aide dans le domaine des langues. Certains étudiants Erasmus viennent témoigner leur satisfaction. Il n’est d’ailleurs pas rare aujourd’hui de recevoir à Bruxelles et dans l’Université concernée le faire-part d’un nouveau mariage Erasmus, ce qui évidemment n’était pas au programme !

Changer de dimension

« Nous sommes effectivement en dessous de l’objectif initial de 10% », constate Patrick Franjou. Pour lui, si la mobilité est une simple éventualité, les chiffres actuels paraissent raisonnables. Si on veut aller plus loin, alors il faut sans doute un changement de dimension d’ensemble pour Erasmus. Comme le fait remarquer Pierre André Picon, « pour un étudiant en LEA un séjour à l’étranger est incontournable, il le sait et l’intègre dans son parcours ». L’idée serait d’élargir cette approche à d’autres études. On conçoit bien que ceci n’est possible qu’avec un accompagnement suffisant, faute de quoi il y aurait « création d’inégalité ». Depuis peu d’ailleurs certaines aides sont accordées sur critères sociaux.

Quel avenir ?

Plus généralement, cela revient à poser la question de la place de l’éducation dans les politiques de la Communauté. Aujourd’hui, les dépenses européennes pour l’éducation, représentent une journée du budget de la politique agricole. On dépense moins pour les étudiants que pour les producteurs de tabac. Quelle place pour une « Politique d’Education Européenne » ? c’est bien la question qui est posée. La Commission a d’ailleurs lancé une consultation auprès des pays, Gouvernements et partenaires concernés. La question est simple : comment voyez-vous l’avenir du programme ? Tout un programme conclut Patrick Franjou.

                                                                     Bertrand Dassonville


*Les articles consacrés au programme Erasmus ont été réalisés en collaboration avec la CPU.


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