Les ascenseurs à bateau n’ont plus de secret pour eux. Pendant 2 semaines, les CM2 de Christine Cleda ont profité de la compétence de Xavier Bosschaert, jeune professeur des écoles de 30 ans, pour aborder toute la partie mécanique nécessaire au bon fonctionnement de ces doubles écluses. « Nous avons travaillé sur la poussée d’Archimède, la rotation, la transmission de l’énergie puis sur les engrenages et les crémaillères », explique ce dernier. Depuis plus de 10 ans, avec lui, cinq autres professeurs des écoles (3 sur le langage, 3 sur les sciences) animent le Celest*, une petite structure originale située en REP (réseau d’éducation prioritaire) dans la région de Roubaix. En général, Xavier Bosschaert accueille pendant une ou deux semaines les classes qui veulent travailler sur un projet scientifique.

Un travail en équipe

Ce centre fonctionne comme une classe transplantée : pendant toute la durée de leur séjour, les élèves se rendent chaque matin à leur école habituelle où un car les attend pour les conduire à leur nouveau lieu de travail. Idem le soir. Christine Cleda, l’enseignante qui a travaillé sur les écluses, a longuement préparé son séjour. Elle a rencontré Xavier Bosschaert en début d’année pour lui expliquer la globalité de son projet, qui s’étale sur un an. Ensemble, ils ont imaginé toutes les activités et les expériences qu’ils allaient mener avec les enfants pendant ces deux semaines. « Les classes profitent de notre compétence et du matériel que nous accumulons d’année en année, explique Xavier Bosschaert. Le fait d’être deux adultes dans la salle permet également de mettre en place des ateliers impossibles à gérer dans une classe ordinaire. » Un travail en équipe qui fait le succès du Celest. « Nous ne remplaçons pas les enseignants, résume Xavier. Notre rôle est au contraire de comprendre leur projet pour leur apporter une aide sur mesure. »

Un projet REP

Le Celest offre un service totalement gratuit aux enseignants. Tout est pris en charge, y compris les transports pour s’y rendre. « Nous fonctionnons exactement comme une école, explique Xavier Bosschaert. Nous sommes payés par l’Education nationale et la mairie nous accorde un budget chaque année pour toutes les dépenses auxquelles nous devons faire face. » Ce dispositif a pu être mis en place grâce aux ressources supplémentaires (particulièrement en effectif) que l’Education nationale met à la disposition des réseaux d’éducation prioritaire (REP). Les trois circonscriptions (Roubaix centre, est et sud) qui ont mutualisé leurs moyens ont ainsi pu créer ces postes d’enseignants un peu particuliers. Les professeurs qui souhaitent profiter de la structure doivent rédiger un projet en juin de l’année précédente. « En règle générale, nous arrivons toujours à accueillir toutes les classes qui le demandent, assure Xavier Bosschaert mais certaines périodes sont plus difficiles à obtenir que d’autres. »

                                                                         Jérôme Citron


* Centre d’étude de la lecture, de l’écriture, des sciences et des technologies