« Un jour, un médecin a diagnostiqué une tumeur au cervelet à une de mes élèves. Six mois plus tard, elle était morte ». Professeur des écoles dans une maternelle près de Douai, Christine Dourlet se souvient avec effroi de ces quelques mois où il a fallu se relayer pour accompagner, chaque jour à l’hôpital, la famille qui n’avait pas de voiture.

« Trop difficile »

C’était il y a 10 ans et depuis, cette femme, mère de deux grands enfants, est devenue bénévole à la Ligue Nationale contre le cancer. « Pendant un an, j’ai animé un atelier à l’hôpital pour les enfants malades tous les mercredis après-midi. » Une expérience douloureuse qu’elle n’a pas souhaité prolonger. « C’était trop difficile nerveusement, explique-t-elle. Je m’attachais aux enfants et eux mouraient très rapidement. Je ne tenais pas le choc. » Christine n’abandonne pas la Ligue pour autant mais décide d’agir dans un autre domaine : la prévention.

Ecouter et comprendre

Depuis, tous les mercredis après-midi, elle se rend dans des collèges et des lycées pour sensibiliser les adolescents aux dangers de toutes les dépendances. Un travail colossal dans cette région minière sinistrée où beaucoup de jeunes sont à la dérive. « Au début, je pensais leur parler uniquement de cigarettes, raconte-t-elle en souriant, mais je me suis vite aperçue que le problème était beaucoup plus vaste. Aujourd’hui, je suis incollable sur les effets du cannabis, de l’alcool ou de l’héroïne. » Ses interventions durent deux heures, mais souvent le cancer n’est abordé qu’en toile de fond tant les jeunes ont besoin de parler de leurs problèmes, de sentir qu’une personne les écoute et les comprend.