Quelles relations essayez-vous d’établir avec les élèves ?

Je représente avant tout le règlement et la discipline, mais ils savent aussi que la porte de mon bureau est toujours ouverte. Le collège – un établissement de 700 élèves, situé en REP (1) – peut constituer un environnement difficile pour des élèves fragiles. Ils doivent pouvoir trouver immédiatement un adulte à qui se confier quand ils sont confrontés à des problèmes bénins ou plus graves (violence, racket…).

Comment gagnez-vous leur confiance ?

J’essaie d’être le plus juste possible lorsque je dois les sanctionner. Et je m’implique dans la vie sociale du collège. J’anime, par exemple, un atelier photo où les élèves apprennent à développer. C’est un moment privilégié pour parler librement.

Quelles aides pouvez-vous apporter aux enseignants ?

Je m’occupe des élèves très perturbateurs. Je les « sors » de la classe pendant trois semaines et je les prends en charge individuellement, avec un aide-éducateur. Nous leur élaborons un programme de travail individualisé en liaison avec les professeurs et/ou nous leur faisons faire un stage en entreprise.

Justement, comment jugent-ils votre action ?

J’ai du m’imposer car, pour beaucoup d’entre eux, je n’avais pas de légitimité pour mener des actions éducatives avec les élèves. Lorsque j’ai proposé de m’occuper des élèves perturbateurs, ils étaient sceptiques. Aujourd’hui, beaucoup viennent me voir spontanément pour élaborer, ensemble, le planning de travail de ces élèves. Cette année, j’interviens même sur la photographie dans le cours d’un professeur d’arts plastiques.

                                                          Jérôme Citron


(1) Réseau d’éducation prioritaire