L’Epiphanie, la légende de sainte Barbe ou le tri sélectif racontés par de petites voix : tous les deux mois, les élèves de cinq écoles primaires du Gard proposent leur émission sur Radio 16, une station locale. A l’origine du projet, Laurent Bonnefoy, 40 ans, directeur de l’école primaire La Cantonade à Bessèges, enseignant en CE2-CM1-CM2 et passionné de radio. Détail qui a son importance, depuis les années 90, la ville de Bessèges accueille aussi l’Association française pour la lecture (AFL). En 1995, l’Atelier 16 (radio en milieu scolaire) est créé avec deux écoles : La Cantonade et Jeanne d’Arc. Pour parfaire leur maîtrise de la lecture, les enfants apprennent à dire leurs textes à voix haute dans le studio d’enregistrement. « Peu à peu, les enseignants de la région ont compris l’intérêt de faire de la radio avec les élèves, note Laurent Bonnefoy. L’idée était de réinvestir à l’antenne le travail des élèves. » Le passage sur les ondes valorise en effet l’écrit mais encore la lecture et l’expression orale.

Trois cents enfants impliqués

Au fil du temps, la formule se perfectionne et d’autres écoles de la vallée de la Cèze rejoignent le projet. En octobre 2001, les enseignants intéressés suivent un stage d’une semaine avec le Clemi* de l’académie, à Montpellier. Cette année, cinq écoles participent au projet, impliquant 300 enfants, de la maternelle au CM2. « En octobre dernier, nous avons décidé de mettre en place cinq émissions pour 2002-2003, soit une tous les deux mois, explique Laurent Bonnefoy. Pour chacune, qui dure entre 30 et 45 minutes, les classes préparent un sujet de 3-4 minutes. » Chaque école anime une émission. Un enseignant récupère les sujets des autres établissements sur mini-disc et sur papier, au plus tard 10 jours avant leur diffusion. Dans sa classe, il concocte un conducteur et des transitions. Le jour J, les élèves qui peuvent assumer le direct lancent les sujets. A Radio 16, un technicien en emploi-jeune coordonne le programme. Chaque émission est enregistrée sur un CD audio, ce qui permet aux enseignants de retravailler avec par la suite.

Une activité qui facilite l’intégration des élèves

Pour Laurent Bonnefoy, la réussite d’un tel projet passe par l’engagement de chaque enseignant. « Il faut être convaincu que cela apporte quelque chose aux enfants. » Selon lui, les ateliers radio permettent de faire travailler les élèves à l’écrit, dans des conditions motivantes, avec un objectif et des échéances. « Faire de la radio facilite la mise en confiance, la communication et donc l’intégration des enfants car cela met en valeur leurs qualités d’expression, de recherche ou de lecture, précise-t-il. Mais l’enseignant ne doit pas se sentir prisonnier du programme, ni se demander à combien d’heures de grammaire ou de lecture correspond l’activité. » Le travail en réseau, avec d’autres écoles, plaît également à Laurent Bonnefoy. Il permet à de petites structures rurales de rompre leur isolement. Seul regret pour l’enseignant : « Dommage que nous ne puissions pas nous rencontrer plus souvent entre enseignants, faute de temps ».

                                                               Stéphanie Barioz


* Centre de liaison de l’enseignement et des moyens d’information.