Erasmus, programme européen d’échanges d’étudiants, vient de fêter ses 15 ans. Un million d’étudiants sont entrés dans ce programme depuis ses débuts. En France, ils sont 17 à 18 000, chaque année à partir, c’est beaucoup et encore modeste en regard du nombre d’étudiants. En tablant sur une durée d’études de 4 à 5 années, puisqu’ Erasmus concerne cette population, cela met les chances de partir autour de 5% des étudiants. Il y a peu le film de Cedric Klapisch « l’Auberge Espagnole » a montré au grand public un côté sympathique d’Erasmus, mais bien naturellement il laissait dans l’ombre tout le travail fait en coulisses, pour apporter aux étudiants toutes les chances de vivre l’aventure, avec tout le sérieux souhaitable.

Le travail d’une équipe

Il n’est sans doute pas inutile de resituer la question de la mobilité dans son contexte : les efforts des universités, pour favoriser la mobilité des étudiants, ne sont pas récents. Ils remontent aux années 70, c’était le temps des pionniers qui partaient valise à la main pour voir ce « qu’on pouvait faire » avec un collègue rencontré au hasard d’un colloque. Avec Erasmus depuis 1987, les choses se sont organisées. « C’est désormais le travail de toute une équipe : la Direction des relations internationales, les directeurs de Départements, les responsables de la pédagogie, les coordonnateurs… », souligne Elsa Rollwagen, elle même à la tête d’une Direction des relations internationales créée, à l’Université Paris 8, en même temps que le lancement d’Erasmus.

Une occasion à ne pas manquer

Pourtant, « la mobilité dans les études n’est pas encore dans les mœurs », selon Pierre André Picon, directeur des relations internationales à l’Université de Marne la vallée. Toujours pour Pierre André Picon, il est « dommage de ne pas saisir cette opportunité, l’occasion d’un séjour de six à neuf mois à l’étranger est une chance qui ne se représentera peut être pas de sitôt une fois entré dans la vie active. Bien sûr il y a des questions matérielles à régler ( logement, langue, finances…), mais elles ne constituent pas le premier obstacle à la mobilité. Nos efforts visent d’abord à donner envie ‘d’y aller’ et puis après à montrer que les difficultés peuvent être résolues ». S’il n’est pas question de rendre obligatoire une partie de cursus à l’étranger, « comment faire en sorte qu’elle devienne plus naturelle ? », s’interroge Patrick Franjou chargé de mission pour les affaires Européennes auprès de la Conférence des Présidents d’Universités (CPU). Toutes ces questions se posent et avec elles, celle d’Erasmus dans l’avenir.