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5 questions à… un professeur engagé du Lycée autogéré de Paris

Jean-Luc Roubier, 50 ans, professeur certifié de sciences naturelles, a posé ses valises depuis 1996 au Lycée autogéré de Paris (LAP). Dans ce lycée « de la dernière chance », un seul mot d’ordre, : redonner confiance à des jeunes à la dérive. Témoignage d’un enseignant engagé.

5 questions à… un professeur engagé du Lycée autogéré de Paris

Qu’est ce qui vous a fait opter pour une école alternative ?

La liberté pédagogique et le travail en équipe qui existaient quand je suis arrivé dans l’enseignement en 1983 ont progressivement disparu. Moi, j’ai gardé l’envie de travailler en équipe, ce qui est vraiment possible au LAP, où les enseignants sont recrutés par cooptation et doivent être éducateurs dans l’âme.

Comment se déroule le travail en équipe au Lap ?

Nous animons des cours à plusieurs : en SVT, je peux avoir besoin d’interventions extérieures sur l’histoire des sciences ou sur l’épistémologie. À l’inverse, il m’est arrivé d’intervenir avec un prof de philo sur l’utopie. C’est très enrichissant : l’enseignant se met en position d’apprenant, montre qu’il ne sait pas tout. Ça le met sur le même plan que les élèves, et c’est exactement dans l’esprit de ce lycée.

Comment conciliez-vous libre fréquentation et impératifs de travail qu’implique la section S à l’approche du bac ?

En terminale, je travaille avec des groupes d’une dizaine d’élèves : on installe les tables en rond et on travaille sur le programme et la méthodologie, de façon classique. Les élèves qui veulent passer le bac viennent en cours. Les autres se répartissent en ateliers ou s’impliquent dans des projets à plus long terme : monter une exposition, organiser un voyage éducatif… À chacun de forger son cursus. Seule l’envie de faire les choses compte.

Ni notes, ni bulletins, ni conseils de classe… Comment évaluez-vous vos élèves ?

Sous forme de commentaire, en concertation avec l’élève, à la fin de chaque séquence (entre deux vacances scolaires). À la fin de l’année, on discute ensemble du bilan de l’année, d’une réinscription ou d’une éventuelle réorientation. Le retour au système traditionnel se fait surtout en fin de seconde ou pour redoubler une terminale.

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