Les écrivains auteurs de théâtre

Dans notre article précédent, nous avons parlé du rôle des associations liées au théâtre, qui travaillent avec l’Education Nationale. L’association EAT, toute récente, puisqu’elle a été créée en 2000, est l’une d’entre elles. Elle compte 300 membres, parmi lesquels Eric-Emmanuel Schmitt, Jean-Claude Grumberg ou encore Alain Sachs. EAT mène des actions en milieu scolaire. En quoi consistent-elles exactement et quels sont les objectifs poursuivis ?

Une action en milieu scolaire

Bruno Allain, responsable de la commission Education Nationale d’EAT, insiste sur un point capital dans le rôle du théâtre à l’école : rétablir au sein des classes, un espace de débat, souvent perdu, et confronter la parole du JE, soit celle de l’élève, à celle du NOUS, soit celle de la classe. Le théâtre en effet dans son essence même est toujours la parole d’un Je, en opposition avec un Nous, à savoir la société. Ce schéma s’adapte parfaitement au cadre de la classe. Le dramaturge qui se rend dans une classe sans plan de travail préconçu, – il l’élabore en fonction du profil des élèves- va donc par le biais d’ateliers d’écriture tenter de faire parler les élèves et de leur apprendre à s’écouter mutuellement. Outre le travail sur l’écriture, le théâtre est donc une base pour renouer avec le civisme, le respect et l’écoute de l’autre.

Les clefs de la réussite

Comment l’écrivain procède-t-il concrètement au sein de la classe ? Pour trouver les thèmes de l’atelier d’écriture, il discute avec les élèves. Une fois un choix opéré, les élèves rédigent, puis sont amenés à lire leur texte devant les autres, guidés par l’auteur. Même les élèves les plus difficiles sont enthousiasmés. Enfin, les textes écrits peuvent par la suite être un matériau pédagogique quand l’atelier est terminé. Bruno Allain explique que si ces ateliers fonctionnent si bien, c’est parce que l’élève sort de l’anonymat, et que ce qu’il produit est mis en valeur.
Le théâtre a toute sa place dans la pédagogie, mais malheureusement, les crédits qui lui sont consacrés sont réduits. Le ministère de la Culture débloque peu de fonds pour que les établissements puissent effectuer un travail lié aux disciplines artistiques. De surcroît, priorité devrait être donnée bientôt à la musique et aux arts plastiques. Est-ce la signature de l’arrêt de mort de la parole visible ?