« Militer à ATD ne signifie pas s’engager à faire telle ou telle action mais s’engager à faire autrement ce que l’on fait déjà ». Professeur des écoles spécialisé, Françoise est, depuis 20 ans, une « alliée » (cf encadré) de ce mouvement qui se bat au côté des plus pauvres pour changer le regard de la société sur les gens dans la misère. Un engagement qui influence fortement la pratique de son métier.

Bousculer les habitudes

Avec les détenues de la prison de Loos près de Lille aujourd’hui ou avec des élèves non francophones il y a quelques années, elle s’est fixée une règle immuable : « je me demande toujours si ce que je fais est utile à ceux qui en ont le plus besoin. » Cette ligne de conduite se traduit par de petites décisions qui pourraient paraître anodines mais qui bousculent parfois les habitudes. Quand une détenue est refusée d’une formation de serveuse parce qu’elle ne présente pas bien, Françoise se bat pour l’imposer : « c’était justement elle qui avait besoin d’apprendre à s’habiller correctement ».

Apprendre à dialoguer

Un militantisme qui l’a amenée tout naturellement à participer à un groupe de bénévoles de l’Education nationale de l’Académie du Nord, consacré à « la grande pauvreté, la réussite scolaire et l’insertion sociale ». Cette structure mène un travail d’information auprès des enseignants pour tenter d’améliorer la prise en charge des élèves en grande détresse. « L’école a du mal à dialoguer avec les familles du Quart-monde car beaucoup de professeurs n’ont aucune idée de ce qu’elles vivent, explique Françoise. Quand on prend le temps de s’y intéresser, on change son regard et son comportement, car on apprend à découvrir leur richesse. »