Enseigner l’histoire-géo par le jeu

Miser sur le plaisir comme moteur de l’apprentissage, c’est ce qui a conduit deux professeurs d’histoire - géographie de l’académie de Caen à créer le réseau Ludus en 1998. Avec un objectif : promouvoir l’usage du jeu en classe.

Et si jouer en classe n’était pas forcément une perte de temps ? Yvan Hochet et Denis Sestier en sont tellement convaincus qu’il y cinq ans, ils suggèrent à leur inspecteur d’académie de monter un stage de formation sur ce thème. “On a ensuite proposé aux collègues intéressés de créer un réseau, pour échanger et mutualiser nos réalisations et nos idées”, explique Denis Sestier. Ludus était né. Car non contents d’inventer des jeux, les deux complices entraînent leurs collègues dans l’aventure, en imaginant un site internet, ouvert à tous, “sans cotisation ni cooptation”, qui favorise les échanges et permet aux enseignants d’utiliser des jeux pédagogiques créés par d’autres.

Réveiller les élèves

Objectif : réveiller les élèves. Grâce aux jeux d’émulation, ils s’affrontent, individuellement ou en équipes, pour trouver la solution à un problème. “Ils préparent des questions et se les posent entre eux”, résume Denis Sestier. Ces jeux sont organisés de façon assez fréquente, tout au long de l’année. S’inspirant des jeux du commerce, les jeux de simulation, eux, permettent de recréer une situation historique ou géographique en plaçant les élèves en position d’acteurs, autour d’une carte. A eux de progresser dans les carrières de la République romaine, de s’associer entre cités grecques pour faire face à l’envahisseur perse, de protéger une portion du littoral méditerranéen menacée par un promoteur immobilier ou de recréer le mécanisme du vote de la loi.

« Être impitoyable »

En général, les jeux de simulation font l’objet de trois ou quatre séances par an. Chacune d’entre elles dure environ trois quarts d’heure. “Il faut être impitoyable sur le respect des règles, assure Denis Sestier. Quand une équipe est dissipée, elle passe son tour.” Une menace qui suffit à maintenir la discipline en classe. A la fin des séances, l’exploitation pédagogique est systématique. Dans le jeu d’émulation, l’évaluation peut faire partie du jeu ou donner lieu à un mini-contrôle. Pour les jeux de simulation, il s’agit avant tout de faire le lien avec les faits historiques, quitte à replonger dans les manuels.

Une aide à la compréhension

Grâce au réseau Ludus, qui compte aujourd’hui une quarantaine d’enseignants en histoire-géographie, cinquante jeux environ sont en libre service sur le site. Chaque nouvelle idée est d’abord testée par les membres, puis dans leur classe, avant d’être mise en ligne. A chaque enseignant ensuite de réinventer le jeu avec sa classe. “Ce n’est pas très compliqué à faire. Ils peuvent l’adapter à leurs élèves et aux différents programmes”, explique Denis Sestier. Mais le jeu n’est pas une fin en soi. C’est un outil pour comprendre et apprendre des faits ou des notions obscures. Cette pédagogie du ludique, qui favorise l’action et la réflexion, s’avère particulièrement efficace pour les élèves passifs ou en difficulté. “Pendant ces séances, la motivation des élèves est évidente, ainsi que leur capacité à se concentrer plus longtemps. Alors pourquoi s’en priver ?”

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.