Son parcours est tout entier marqué par la mobilité. En région parisienne, d’abord, où il change régulièrement d’établissement. Puis à l’étranger, pour lequel il postule rapidement. Grâce à une mutation outre-mer ou à des mises en disponibilité – les places d’expatriés étant rares chez les enseignants – il part d’abord enseigner au Congo et en Guyane française. Deux ans dans une école d’entreprise puis dans un village h’mong*.

Quatre missions à surmonter

A l’été 1999, alors qu’il envisage un nouveau départ, la Mission laïque lui propose de reprendre le poste de directeur de l’Ecole française de Sarajevo, qui a ouvert un an plus tôt à la demande des parents d’élèves francophones. Il saisit l’opportunité, suit quatre jours de formation en comptabilité et informatique puis part dans la foulée y préparer la rentrée 1999. A la tête de cette école, Jérôme Debrock doit mener de front quatre missions : obtenir la reconnaissance de l’Education nationale bosniaque, gérer une classe unique, s’occuper de la formation d’une enseignante sans négliger l’aspect administratif. « Ma mission était avant tout d’augmenter les effectifs, car nous avons commencé avec une douzaine d’élèves ! »

Un investissement de tous les instants

Difficile, vu le turn-over des expatriés, mais c’est chose faite un an plus tard, une fois la reconnaissance officielle acquise. Le nombre des inscriptions s’en ressent, passant d’une dizaine à une quarantaine, pour dix nationalités, dont un tiers de Bosniaques. Il garde un excellent souvenir de cette expérience, dans laquelle il s’est investi « 60 à 70 heures par semaine ». « Ça marchait bien, malgré la concurrence de l’école américaine. Les parents étaient très exigeants, du fait que ce soit une école payante, comme toutes les écoles françaises à l’étranger, et les résultats ont suivi. » Rentré à Paris il y a un an et demi, il compte bien repartir à Sarajevo à la rentrée 2004, cette fois pour travailler au Centre culturel français dans le cadre d’un Cif**.

                                                                     Fanny Rey


* Cette minorité ethnique qui a fui le communisme et le Laos est arrivée en Guyane en 1977
** Congé individuel de formation