Deux ans à la tête de l’Ecole française de Sarajevo

Jérôme Debrock, 41 ans, a cumulé dix-sept années dans l’enseignement primaire, ponctuées d’expériences à l’étranger.

Son parcours est tout entier marqué par la mobilité. En région parisienne, d’abord, où il change régulièrement d’établissement. Puis à l’étranger, pour lequel il postule rapidement. Grâce à une mutation outre-mer ou à des mises en disponibilité – les places d’expatriés étant rares chez les enseignants – il part d’abord enseigner au Congo et en Guyane française. Deux ans dans une école d’entreprise puis dans un village h’mong*.

Quatre missions à surmonter

A l’été 1999, alors qu’il envisage un nouveau départ, la Mission laïque lui propose de reprendre le poste de directeur de l’Ecole française de Sarajevo, qui a ouvert un an plus tôt à la demande des parents d’élèves francophones. Il saisit l’opportunité, suit quatre jours de formation en comptabilité et informatique puis part dans la foulée y préparer la rentrée 1999. A la tête de cette école, Jérôme Debrock doit mener de front quatre missions : obtenir la reconnaissance de l’Education nationale bosniaque, gérer une classe unique, s’occuper de la formation d’une enseignante sans négliger l’aspect administratif. « Ma mission était avant tout d’augmenter les effectifs, car nous avons commencé avec une douzaine d’élèves ! »

Un investissement de tous les instants

Difficile, vu le turn-over des expatriés, mais c’est chose faite un an plus tard, une fois la reconnaissance officielle acquise. Le nombre des inscriptions s’en ressent, passant d’une dizaine à une quarantaine, pour dix nationalités, dont un tiers de Bosniaques. Il garde un excellent souvenir de cette expérience, dans laquelle il s’est investi « 60 à 70 heures par semaine ». « Ça marchait bien, malgré la concurrence de l’école américaine. Les parents étaient très exigeants, du fait que ce soit une école payante, comme toutes les écoles françaises à l’étranger, et les résultats ont suivi. » Rentré à Paris il y a un an et demi, il compte bien repartir à Sarajevo à la rentrée 2004, cette fois pour travailler au Centre culturel français dans le cadre d’un Cif**.

                                                                     Fanny Rey


* Cette minorité ethnique qui a fui le communisme et le Laos est arrivée en Guyane en 1977
** Congé individuel de formation

Modalités

La sélection des candidats, qui doivent justifier d’au moins trois ans d’enseignement en qualité de titulaire, s’effectue en deux temps. Le ministère de l’Education nationale présente les candidatures qui ont recueilli l’avis favorable du supérieur hiérarchique. Après étude, les candidatures présélectionnées, de même que les candidatures émanant d’agents déjà en poste à l’étranger, sont examinées par la commission consultative paritaire compétente pour le corps, laquelle donne un avis pour le recrutement. La décision appartient au directeur de l’AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger).

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