5 questions à… une enseignante en CLIN

Chantal Perez, 45 ans, travaille depuis plus d’une décennie en Seine-Saint-Denis (93) avec des enfants non francophones. Enseignante en CLIN (classe d’initiation pour les élèves non francophones), elle apprécie la diversité des origines de ses élèves. Sa classe est une véritable tour de Babel : pas moins de 10 nationalités sont représentées.

Qu’est-ce qu’une CLIN ?

C’est une classe spécifique, créée au sein d’une école primaire ordinaire, qui accueille les élèves de 6 à 12 ans qui ne parlent pas français. Pendant un an maximum, ces enfants apprennent à parler, lire et écrire notre langue pour pouvoir réintégrer le cursus scolaire classique.

Pourquoi avoir choisi d’y travailler ?

C’est un choix très personnel. J’ai vécu pas mal d’années à l’étranger dans ma vie et je suis donc très sensible à leur situation d’expatriés. Je sais à quel point c’est difficile de vivre dans un pays quand on ne maîtrise ni la langue ni les codes de la société. Les amener progressivement vers notre culture est une mission passionnante. De plus, ces enfants ont une véritable soif d’apprendre, ce qui rend le métier très agréable.

Quelle formation avez-vous suivi ?

Je me suis formée sur le tas. Après avoir fait l’Ecole normale, j’ai enseigné dans des classes « normales » puis j’ai souhaité aller en CLIN. Par la suite, j’ai suivi des stages proposés par l’Education nationale. D’autres enseignants préfèrent suivre une formation de « français langue étrangère » à l’Université avant de se lancer. Il n’y a pas de cursus imposé par le ministère.

Quelles difficultés particulières un enseignant peut rencontrer en CLIN ?

Il est très difficile de ne pas se laisser déborder. Il faut savoir gérer des élèves de tous les âges et de tous les niveaux qui peuvent arriver dans la classe en milieu d’année. A nous d’avoir bien en tête ce qu’ils devront affronter dans le cursus normal pour bien les y préparer. C’est une expérience que je déconseille aux enseignants débutants.

Question rituelle

Et si vous aviez le pouvoir de faire évoluer le système, que proposeriez-vous ?
Accueillir une CLIN dans une école ordinaire n’est pas sans conséquence sur les autres classes qui doivent intégrer progressivement les enfants. Je pense qu’il faudrait diminuer le nombre d’élèves dans toute l’école pour faciliter cette transition toujours délicate. Mes élèves vont par exemple suivre des cours de mathématiques dans d’autres classes pour s’habituer à être en contact avec des enfants français. Cette intégration partielle serait plus facile si les classes accueillantes étaient moins chargées.

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