Une rentrée marquée par les menaces de grève

-Les mouvements de grève lancés à l'automne se prolongent

La FSU, l’UNSA-Éducation, le SGEN-CFDT, la FERC-CGT et la FAEN appellent tous les personnels de l’Éducation nationale à une journée nationale de grève le mardi 28 janvier 2003. L’UNEF et la FCPE soutiennent la journée de grève. Cette action prolonge la grève du 17 octobre et la manifestation 8 décembre 2002 pour la priorité à l’éducation et pour « un système éducatif au service de tous et de la réussite de chacun ». Les aides-éducateurs et les surveillants sont appelés à une semaine d’action à partir du 13 janvier prochain. Ils sont appelés à la grève le 17 janvier.

« La priorité donnée à l’éducation nationale ne dépend pas seulement des moyens attribués mais aussi des politiques mises en oeuvre pour améliorer la qualité de notre enseignement et de l’organisation de son système », répond aux organisations syndicales Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, qui ajoute que le ministre de la Jeunesse, de l’Éducation nationale et de la Recherche « fera très prochainement des propositions qui (…) apaiseront les craintes des personnels ».

Cela ne suffit pas aux représentants syndicaux. Marc Geniez, secrétaire général du SNCL-FAEN, se plaint des incohérences des annonces faites par les ministres. « Le gouvernement a annoncé qu’il n’y aurait qu’un seul statut pour remplacer ceux des surveillants et des aides-éducateurs, et nous voyons qu’il y en aura deux, avec les assistants d’éducation et le CIVIS éducation. Il annonce 6 000 postes, mais il a aussi annoncé 11 000 postes. Faut-il comprendre 11 000 en tout, pour remplacer 5 600 surveillants et 20 000 aides-éducateurs? Le ministère aurait tout intérêt à faire ‘une opération vérité’. Le statut prévu pour les assistants d’éducation leur fait une obligation de service sur l’année supérieure de 564 heures à celle d’un surveillant à temps plein, qui fait 28 heures pendant 37 semaines. C’est un point sur lequel nous ne céderons pas. » Quant à Bernard Boisseau, co-secrétaire général du SNES-FSU, il note que les 6 000 postes annoncés ne sont pas financés, et il prévient que le SNES ne cédera pas sur la question du recrutement d’étudiants. Luc Bérille, secrétaire général du SE-UNSA, estime que la question du recrutement des enseignants reste sans réponse.

Sur le terrain, les personnels n’attendent pas toujours les consignes parisiennes. A Périgueux, le 8 janvier, une centaine d’enseignants et de parents protestent contre le développement des emplois précaires en collège et lycée et la non-contractualisation des vacataires arrivés au terme de leurs 200 heures d’enseignement. Plusieurs collectifs des MI-SE (maîtres d’internat/surveillants d’externat) constitués dans les académies de Rennes, Nantes, Toulouse et de Corse poursuivent les entamés au mois de décembre. Ils se méfient des organisations syndicales traditionnelles, qui ne reprennent pas à leur compte les mots d’ordre de « titularisation immédiate » et « sans concours » des personnels précaires. En Corse, les trois-quarts des surveillants et des aides-éducateurs sont en grève, et les enseignants lancent au recteur des « ultimatums », estimant que cette grève rend impossible l’exercice de leur métier: impossibilité d’accueillir tous les internes, blocage des cantines, absentéisme touchant parfois des classes entières, problèmes de sécurité avec des intrusions de personnes étrangères à l’établissement… Le syndicat des enseignants corses, nationaliste, en profite pour rappeler sa revendication, 1 000 points de bonification pour les jeunes enseignants ayant effectué leur scolarité dans l’Île ou connaissant le Corse. Il indique qu’actuellement, des enseignants affectés sur le continent, sont maintenus dans l’académie et se retrouvent payés à ne rien faire. Le rectorat confirme que la Corse bénéficie d’une « surdotation » en enseignants et en aides-éducateurs: 15 pour 1 000 élèves en Corse, contre une moyenne autour de 5 pour 1 000 sur le continent.

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