Classes mobiles : une amorce de scolarisation

Sabine Humbertclaude, 38 ans, institutrice AIS (Adaptation et intégration scolaire), enseigne à plein temps depuis septembre 1994 dans l’une des deux classes mobiles de Meurthe-et-Moselle.

A l’origine de sa vocation, une rencontre avec l’unique enseignante en charge de l’antenne mobile du département, il y a huit ans. Sabine Humbertclaude n’a alors aucune expérience des enfants tsiganes, mais de la curiosité, en tant qu’institutrice spécialisée AIS. Un stage dans le camion-école la convainc d’en faire son métier. Elle envoie sa candidature à l’Inspection d’académie, qui s’avère d’accord pour créer un deuxième poste, sept ans après l’apparition du premier camion-école dans le département.

Servir de relais

« Notre objectif, c’est d’aller à la rencontre des enfants qui ne vont jamais à l’école pour les y amener. A terme, l’idée, c’est de les intégrer en classe. Il ne s’agit pas de scolarisation en soi, mais plutôt de relais. » Le camion-école est là pour leur apprendre les bases : lire, écrire, compter. Jour après jour, Sabine se rend sur les terrains du département pour faire classe aux enfants présents. Essentiellement à Toul, qui draine de nombreux tsiganes, mais aussi à Nancy, Longwy et Pont-à-Mousson, sur des terrains sauvages ou aménagés, en fonction des besoins.

Bousculer les idées reçues

A l’intérieur du camion, les élèves, le plus souvent une fratrie, âgés de 2 à 16 ans, sont rarement plus de quinze. « Je les reprends là où ils en sont restés. La pédagogie est individualisée pour répondre aux besoins de l’enfant. Je me débrouille pour trouver le support le plus adapté à chacun. » Les apprentissages varient en fonction de l’âge et des acquis. « Ce mode de fonctionnement, c’est plutôt dynamisant : ça bouscule les idées reçues et ça demande une certaine souplesse d’esprit. »


 


                                                         Fanny Rey

Modalités

Les enfants du voyage sont soumis à l’obligation scolaire entre 6 et 16 ans, quelles que soient la durée et les modalités de leur stationnement. L’intégration dans des classes « ordinaires » est privilégiée, mais du fait de la grande mobilité de leur famille, 2 500 enfants ont recours au CNED. D’autres solutions d’ »appoint » existent comme les camions-école, les écoles spécifiques pour gens du voyage, les classes démontables implantées sur les terrains et les classes d’accueil dans des établissements classiques. En France, la population tsigane est estimée à 300 000 personnes, dont 45 % de moins de 16 ans. Seule la moitié d’entre eux est scolarisée, dont à peine 10 % tout au long de l’année, contre 85 % pour les sédentarisés. La fréquentation scolaire de l’ensemble des enfants de familles non sédentaires est en hausse, surtout à l’école primaire.

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