Si l’école* réussit bien dans son rôle de transmission des connaissances, elle semble moins performante pour former des citoyens responsables. Seuls 22% des personnels considèrent qu’elle accomplit plutôt bien cette mission (45% pour les élèves ). Plus grave, l’ouverture sur la vie professionnelle apparaît au 1er rang des insatisfactions pour les parents, au second pour les enseignants.

Paradoxalement, les entreprises n’étaient pas conviées à donner leur éclairage sur ces deux points de l’enquête. Pourtant école et entreprise se heurtent à la même difficulté : l’autorité n’est plus fondée sur la hiérarchie. La loi du 31 12 1992 a pris acte de cette évolution en consacrant le statut de citoyen salarié. Le principe en est la liberté propice à l’épanouissement du salarié avec des restrictions liées au fonctionnement de l’entreprise. Ces dernières doivent « être justifiées par la nature de la tâche à accomplir et proportionnées au but recherché ». L’entreprise cherche donc à concilier liberté du citoyen et subordination du salarié : les préoccupations de l’école sont similaires .

Ce n’est donc peut-être pas un hasard si le 30 octobre dernier, Xavier Darcos a élaboré le projet d’un contrat de vie scolaire pour la rentré 2003. Lors d’une rencontre solennelle, l’élève sera invité à signer son « contrat », qui stipulera ses droits et devoirs. Car comme en entreprise, « l’autorité procède désormais du contrat », pour reprendre les termes du ministre. Preuve s’il en est que la frontière entre élèves et salariés devient de plus en plus mince…



                                                                                Bertrand Dassonville




*enquête FSU SOFRES dans le Monde du 19 novembre