Les biotechnologies occupent une place encore modeste dans notre économie industrielle; ainsi les bioproduits ne représentent qu’environ 1,5% de la production des matières plastiques mondiales.
Mais au fait que recouvre exactement la Biotechnologie ? En premier lieu, l’utilisation du vivant au lieu de matières fossiles, comme source d’énergie. En second lieu, l’usage de bioprocédés se substituant aux procédés chimiques, comme moyens de fabrication. L’une et l’autre de ces deux mutations constituent une réponse possible aux préoccupations sur l’environnement.

Sous cet angle, le remplacement des procédés chimiques par des bioprocédés, basés sur l’ingénierie du vivant, parait essentiel (cf encadré). Mais pour progresser dans la voie des biotechnologies, il faut, au delà de la recherche elle même, avancer dans trois directions : l’économique , le juridique et l’implication des citoyens. Aujourd’hui un produit Bio coûte plus cher que son équivalent traditionnel, pour sortir de ce simple constat, il faudrait pouvoir mesurer le coût financier pour l’environnement d’un produit traditionnel. Par ailleurs bien peu sont ceux qui sont prêts à payer plus cher un produit écologique. Il faut donc une forte action des pouvoirs publics pour inciter, récompenser ou contraindre et sortir d’une logique étroite de prix de revient.

Nous entrons dans une société nouvelle qui devrait tirer une partie de ses besoins d’énergie des nouvelles technologies. Dans le même temps, il y aura une redistribution des cartes, pour ce qui touche aux matières premières, avec un rééquilibrage favorable aux produits du Sud : la canne à sucre concurrent du pétrole !. La question de la propriété intellectuelle risque d’être au cœur d’un nouveau débat Nord /Sud.
L’utilisation du vivant pour nos besoins en énergie évoque la manipulation de l’ADN, l’expérience en matière alimentaire montre bien qu’un débat est incontournable.

                                                                   Bertrand Dassonville

Pour en savoir plus :
-Le Monde économie 10 09 02
-Le rapport de l’OCDE www.oecd.org