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Le climat en question

Traiter un sujet comme l’environnement en une vingtaine de lignes ne nous semblait pas intéressant pour vous et pour nous. Aussi, nous allons le décliner en quatre volets. Le premier s’attachera à montrer que les risques climatiques sont difficilement prévisibles à l’heure actuelle. Mais ne vaut pas mieux prévenir que guérir.

Le climat en question

Venise recouverte par les eaux, le Bangladesh immergé et les Maldives rayées de la carte dans moins d’un siècle ? Ce scénario catastrophe est-il réaliste ?
La puissance des ordinateurs les plus rapides peine à traiter les modèles climatiques, même au niveau relativement grossier où ceux-ci demeurent aujourd’hui. Ils permettent d’évaluer un risque mais en aucun cas ne fournissent une prévision datée. Néanmoins la certitude est là : « la composition chimique de la planète relativement stable durant 400 000 ans a très sensiblement changé depuis l’ère industrielle », souligne Hervé le Treut*.

Si rien n’est fait le siècle prochain pourrait voir un doublement de CO2, tandis que, dès 2050, la température pourrait connaître une augmentation de 1 à 3 degrés. Les scientifiques tentent de mettre en évidence ce qu’engendrerait une telle élévation de la température due à l’effet de serre. Les pays occidentaux sont dans la ligne de mire. Ainsi, les émissions de gaz à effet de serre par habitant des trente pays les plus développés sont dix fois plus élevées que celles des pays du Sud.

Les scientifiques ont d’abord pris toute la dimension du problème posé, dans toutes ses composantes, avec tous ces paramètres pour aboutir à ce qu’ils définissent « comme un maillage dont le traitement est confié aux ordinateurs ». Cependant des limites subsistent. M. Le Treut les recensent ainsi : « Tout d’abord, la difficulté de saisir les aspects chimiques et biochimiques de la réalité, ensuite le climat est un système chaotique, pas entièrement prévisible ». 

Après ? les scientifiques n’ont pas la responsabilité de ce qui se passera dans les années à venir. Ils ne font qu’émettre des pronostics. Certes, il n’est pas question d’attendre les réponses à ces questions pour envisager de réagir. Nous serions comme l’automobiliste qui, par temps de pluie, apercevant le virage au bout de la ligne droite, attendait la confirmation du bulletin météo pour réduire sa vitesse ! 
Se contenter de vagues intentions de réductions des émissions de gaz à effets de serre apparaît dérisoire. Nous devons changer radicalement nos comportements. Toutefois, attention à la vitesse du changement… Trop tard pourrait bien vouloir dire irréversible.

                                                                         Bertrand Dassonville


*Hervé Le Treut : directeur de recherche au laboratoire de Météorologie dynamique (LMD) du CNRS.

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