Pour s’attaquer à la lutte contre l’absentéisme scolaire, plus que jamais d’actualité, à chacun ses méthodes. Dans les quartiers nord de Marseille, le lycée Saint-Exupéry utilise depuis deux mois celle des codes-barres. Le procédé suscite la polémique entre administration et élèves : gain de temps et effet dissuasif pour les uns, « étiquetage » et assimilation à de la marchandise pour les autres. Dans ce lycée classé en ZEP, on frôle les 10 % d’absences quotidiennes. Premiers concernés : les élèves de terminale. Et pour cause : « Le tiers d’entre eux a un travail à côté », précise Christian Astolfi, l’un des deux conseillers principaux d’éducation (CPE) à l’origine de l’initiative.

                        Eviter les erreurs 

Concrètement, le nouveau système dégage du temps pour les surveillants. « Le contrôle des absences mobilisait deux surveillants chaque jour entre 17 et 18 heures. Vu le créneau horaire libéré, ça leur permet de se consacrer à d’autres tâches administratives. » La saisie automatique des absences permet en outre de dégager toute responsabilité des enseignants et des surveillants, « en évitant les erreurs dues à une saisie incorrecte ou à l’écriture ». Ce gain de temps se double d’un traitement des causes des absences en temps réel. « Avec le système traditionnel, il fallait deux jours de délai pour notifier les absences. » 

                       Une cause d’échec

Désormais, libre à chacun des cinq CPE de l’établissement de contacter les familles lorsqu’il le juge nécessaire. « Ça permet de leur dire ce qui s’est passé le jour même, de leur présenter un bilan des retards et des absences. Il ne s’agit pas d’une logique répressive, mais plutôt analytique. » Cet « outil de gestion » permettrait donc de mettre les absences en perspective, de dégager des tendances.

Dans cet établissement qui affiche à peine plus de 60 % de réussite au bac et où l’absentéisme serait la première cause d’échec, il faudra attendre la fin de l’année pour évaluer l’efficacité du dispositif.