Enseignement supérieur : une mutation amorcée

En 2000, la déclaration de Bologne avait jeté les bases d’un espace européen de l’enseignement supérieur. Deux ans plus tard, les événements s’accélèrent, non sans poser quelques problèmes.

En Mai 1998, la déclaration de la Sorbonne avait souligné le rôle clé des universités dans le développement de la culture en Europe. Elle mettait en évidence la nécessité de créer un espace européen de l’enseignement supérieur. Un an plus tard, les ministres de l’Education de 29 pays européens, signaient la déclaration de Bologne, jetant les bases d’une « convergence des systèmes vers la construction d’un espace européen de l’enseignement supérieur ».

Ainsi, en Avril 2002, en France, un décret a fixé la transition entre l’organisation actuelle et le futur espace de l’enseignement supérieur. Quatre traits se dégagent :
-trois grades, dont celui du Master,
-une organisation en semestres et unités d’enseignement,
-un système de crédits d’enseignement (par exemple 180 pour la licence, 300 pour le Master),
-un « supplément diplôme » pour assurer la lisibilité des connaissances et des aptitudes acquises.
Les dispositions adoptées constituent, selon Bernard Belloc, vice président de la Conférence des présidents d’universités (CPU), « une révolution dans nos habitudes de partage des territoires et d’organisation de l’année ». Il y aurait ainsi, à l’horizon 2005, disparition de l’année universitaire au profit du semestre. Bien plus, si les universités ne se contentent pas de plaquer sur les cursus actuels le système des crédits. Elles pourront inventer des filières en introduisant des liens entre disciplines ce qui manque aujourd’hui.
Si côté syndicats, le Snesup–FSU soutient les objectifs énoncés, il évoque sa préoccupation de maintenir le caractère national des diplômes et de ne pas rentrer dans une logique de concurrence entre établissements. Les syndicats étudiants, pour leur part, demeurent plus que réservés sur le sujet.

Les régions voudront certainement se faire entendre. Sans empiéter sur l’autonomie que devraient gagner les universités à travers de telles évolutions, comment imaginer qu’elles se désintéresse par exemple de la carte des formations. Et ce d’autant plus que la part de l’éducation dans leur budget est parfois très importante.
L’ouverture de l’espace européen de l’enseignement supérieur, s’applique dans notre pays à des domaines encore largement centralisés. Il va donc constituer l’un des aspects d’une réforme beaucoup plus large : celle de l’état. Loin d’être technique le dossier est essentiellement politique… à suivre.

Les commentaires sont fermés .

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.