Avec 70 % des séropositifs du monde et 11 millions de morts, l’Afrique est de loin la région du monde la plus touchée par le virus du sida. La situation est d’autant plus dramatique que la région la plus déshéritée de la planète n’a pas les moyens de soigner ses malades. « The Independent » de Banjul souligne à juste titre que, « la probabilité pour un africain de mourir du sida est beaucoup plus forte que celle de périr dans une guerre civile, dans des inondations ou de famine ». En 2001, le sida a tué 2,3 millions de personnes en Afrique subsaharienne.

Pourtant des exemples de lutte existent. Avec moins de 3 % de sa population victime du fléau, le Sénégal, l’un des pays africains les plus pauvres, a montré qu’il était possible d’endiguer l’épidémie. En revanche, le Botswana, l’un des pays les plus riches, affiche un taux de contamination de 43 %, le plus élevé de la planète. Dans le grand hôpital de Gaborone, plus de 80 % des lits réservés aux hommes sont d’ores et déjà occupés par des malades du sida en phase terminale. L’Afrique du Sud, pays le plus développé du continent, n’est pas mieux loti. D’ici à 2010, 5 millions de personnes pourraient périr du fait de la pandémie*, soit plus d’un dixième de la population.
D’une manière générale, les pays les plus affectés sont ceux où la maladie est restée un tabou. Jusqu’à l’année dernière, le Nigeria et ses 120 millions d’habitants étaient officiellement « presque épargné » par la maladie. Tout simplement parce qu’aucun dépistage n’était sérieusement effectué. Il s’avère, en fait, que ce pays compte 3,5 millions de personnes infectées.

Selon le Washington Post, « cette année 6 % des enfants deviendront orphelins et le sida représentera 47 % des causes des décès de parents ». Mais en 2010, les experts pensent qu’ « un enfant sur sept de moins de 15 ans vivant en Afrique subsaharienne aura perdu un parent » à cause de l’épidémie.
Le monde n’a jamais connu auparavant des taux de mortalité d’une telle ampleur chez les plus jeunes des deux sexes, sans distinction sociale. L’épidémie depuis ses débuts, a crée 12,1 millions d’orphelins sur le continent africain et 13,2 millions dans le monde entier.

                                                                Raphaël Rech


 


* Pandémie : Se dit d’une endémie très étendue, touchant plusieurs pays, voire plusieurs continents.