Selon la Banque mondiale (juin 2000), 90 % de l’eau de la Cisjordanie est utilisée au profit d’Israël, les Palestiniens ne disposant que des 10 % restants. Un facteur déterminant permet ce constat : la majeure partie des ressources en eau d’Israël se situe hors des frontières d’avant 1967. Frontières qui sont toujours contestées par les Palestiniens.

La bande de Gaza est de tous les territoires celui qui souffre le plus du manque d’eau. Cette zone a l’une des plus fortes densités de population au monde : 1,1 million d’habitants environ sur 362 km² (plus de 3000 habitants au km²) et ne bénéficie d’aucun cours d’eau permanent. Ce déficit est une source de tension très grave entre les Israéliens et les Palestiniens. Ceux-ci estiment que les premiers diminuent le potentiel de leur aquifère* en pompant le peu d’eau disponible grâce à des puits situés le long de la frontière israélienne avec Gaza, grâce aussi au barrage sur le wadi* de Gaza dont la source est située en Israël.
Les nappes phréatiques constituent également un problème important. Leur surexploitation provoque leur salinisation, les rendant partiellement voire totalement inutilisables, ou exposant la population à des risques sanitaire réels. En 1999, elles ont été exploitées dans la bande de Gaza et dans la zone israélienne voisine à 217% !

Depuis le début de la deuxième Intifada déclenchée fin septembre 2000 par les Palestiniens, la situation s’est considérablement détériorée. L’état de guerre a rendu caduques les promesses contenues dans les précédents accords (Oslo 1995).
La répartition de l’eau entre la population palestinienne et les colons israéliens des implantations pose un problème humanitaire et politique : sur les 110 millions de m3/an, 6000 colons utilisent 10 millions de m3/an tandis que 1,1 million d’arabes utilisent les 100 millions de m3/an restant.
Pour ne rien arranger, la réoccupation massive des territoires autonomes palestiniens s’accompagne de destructions des puits et des canalisations ainsi que de rationnement en eau. Ces actions mettent en évidence, une fois encore, l’importance de l’eau comme arme de guerre.

                                                                                Raphaël Rech


Aquifère* : Formation géologique contenant de façon temporaire ou permanente de l’eau mobilisable, constituée de roches perméables (formations poreuses et/ou fissurées) et capable de la restituer naturellement et/ou par exploitation (drainage, pompage,…).
Wadi* : le mot arabe pour l’eau éphémère.