Il y a 5 ans, Frédérique Lefèvre, maître formateur dans une école maternelle à Paris, a pris une décision difficile bien que mûrement réfléchie : abandonner sa classe pour devenir conseillère pédagogique. « J’avais vécu 15 merveilleuses années dans cette école, raconte cette femme énergique. Nous étions une équipe soudée et extrêmement motivée. Mais, plus jeune que mes collègues, je ne voulais pas assister à leur départ successif à la retraite. J’ai préféré partir avant. »
 
                    Un vrai bouleversement

Institutrice à 20 ans dans une classe rurale, maître formateur à 25, conseillère pédagogique à 40, cette spécialiste de l’école maternelle a effectué un parcours, certes classique dans la Maison, mais d’une rapidité étonnante. « J’ai toujours voulu évoluer, changer, bouger », explique-t-elle. Institutrice dans la Creuse à ses débuts, elle est très vite « montée » à Paris pour fuir la solitude du travail en classe unique. « J’ai alors découvert le plaisir de pouvoir discuter avec des collègues. C’était un vrai bouleversement. » Elle a depuis gardé le goût des contacts et des échanges. 

                   Deux qualités essentielles



« Aujourd’hui, je m’occupe essentiellement des enseignants débutants. Je vais les voir dans leur classe et je leur donne des conseils. » Même si ne plus avoir « sa » classe lui manque, cette femme déterminée apprécie ce nouveau métier qui l’oblige à rester à la pointe de la réflexion pédagogique. « J’aime d’autant plus aider les jeunes que je n’ai pas eu cette chance à mes débuts », explique-t-elle. En revanche, elle avoue être un peu moins libre qu’auparavant. « Le conseiller pédagogique dépend directement de l’inspecteur de l’Éducation nationale, souligne-t-elle. Il faut savoir s’adapter à son caractère et aimer travailler en équipe. » Deux qualités essentielles qu’il est bon d’avoir à l’esprit au moment de choisir cette orientation professionnelle.