Classes relais : une solution innovante

Un peu partout en France, des classes dites « relais » se créent pour accueillir des adolescents en voie de déscolarisation. Ces jeunes bénéficient d’un encadrement renforcé et d’une prise en charge pédagogique innovante.

« Nous aidons des adolescents un peu perdus dans le système scolaire à remonter la pente ». Marie Durant, responsable d’une classe relais dans le sud de la France, résume en quelques mots la mission qui lui a été confiée par l’Éducation nationale. Ces jeunes, en voie de déscolarisation ou même de désocialisation, sont envoyés là pour une durée d’un mois à un an par des collèges de la région qui n’arrivent plus à s’occuper d’eux. En 2001-2002, 3500 élèves ont été ainsi scolarisés en France dans 250 classes relais. Ce type de structure n’a rien à voir avec une classe ordinaire. 

                     Renouer le dialogue

Vu le peu d’élèves (pas plus d’une dizaine), les enseignants peuvent travailler individuellement avec chacun d’eux. Ici, renouer le dialogue compte autant que les performances scolaires. « On parle beaucoup avec les élèves pour comprendre ensemble pourquoi ils en sont arrivés là, explique Marie. C’est en grande partie ce qui m’a poussée à postuler pour ce poste ». Les adolescents sont très entourés par l’équipe éducative. Ils mangent ensemble à la cantine et partent, de temps en temps, faire une randonnée d’un jour, histoire de faire un peu mieux connaissance.

                  Un moment très délicat

« C’est important que ces jeunes comprennent que l’on s’intéresse à eux, insiste la responsable. Leurs enseignants habituels n’ont pas de temps à leur consacrer. Ils s’occupent de trente élèves et doivent suivre un programme strict. » Le retour dans l’établissement d’origine reste le moment le plus délicat pour les jeunes comme pour les enseignants qui redoutent le retour dans leur classe d’un élément perturbateur. Selon une enquête de l’INRP réalisée en 1999, seulement 36 % des élèves retournent effectivement dans leur collège. Les autres sont réorientés dans d’autres filières. « C’est le point faible du dispositif, avoue Marie Durant.

                    Une petite victoire

Il y a encore un grand manque de communication entre les deux structures. Un problème d’autant plus criant que les effets de la classe relais sur les jeunes ne se voient pas forcément tout de suite. C’est une graine que nous plantons et qui peut mettre du temps à pousser. » Heureusement, Marie a connu beaucoup de cas de réussites exemplaires. Stéphane, un adolescent qui redoublait sa sixième et perturbait les cours est revenu transformé dans son collège après avoir passé quatre semaines dans la classe de Marie. « Il avait simplement besoin de souffler, de se sentir entouré », explique-t-elle, fière de cette petite victoire.

Un plébiscite

La première « classe d’intégration scolaire » a ouvert ses portes à Lorient en 1984. Plus de 250 fonctionnent aujourd’hui. Luc Ferry, ministre de l’Education, veut doubler ce chiffre dans les deux ans à venir. Créé par des enseignants novateurs, ce dispositif est devenu un instrument de lutte contre l’échec scolaire et les problèmes de violence dans les établissements. L’originalité du dispositif : sa souplesse. Chaque classe relais a une organisation différente en fonction des partenaires (EN, collectivités locales, ministère de la justice…).

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