C’est lorsqu’il sillonnait les routes de Haute-Provence dans son camion pédagogique que ses qualités d’animateur et de pédagogue se sont révélées. Instituteur depuis 1982, Vincent Breton, de retour à Paris en 1987 devient maître-formateur en 1988 : « Six ans d’ancienneté comme instituteur, c’est peu. Mais j’avais envie de faire passer mon petit savoir-faire, de forcer le dialogue pédagogique. », puis professeur des écoles en 1990, « pour avoir le même statut que mes contemporains ».

                « Une pointe de schizophrénie »

En parallèle, il enseigne successivement dans des écoles des XVIIe, XVIe et XIXe arrondissements de Paris. Malgré un « éclatement des tâches » et une charge de travail supplémentaire, la fonction lui semble toujours aussi gratifiante. Par goût du questionnement permanent, par refus de l’acquis. « Etre maître-formateur, ça implique beaucoup d’humilité et de psychologie. » A lui de déceler chez un stagiaire une éventuelle incapacité à enseigner. « Ça demande aussi une pointe de schizophrénie, plaisante-t-il. Je fais la classe mais je dois être capable d’analyser comment je la fais… ».

                       « Un pouvoir du savoir »

Il prépare ainsi ses stagiaires à ce qu’il observe dans ses classes de primaire. « Les enfants sont bien plus matures qu’il y a quelques années, et ils n’acceptent plus l’autoritarisme. »
Parmi les préceptes qu’il s’efforce d’inculquer à ses stagiaires, certains lui tiennent particulièrement à cœur. « Il faut introduire de la distance par rapport à sa fonction. L’humour peut s’avérer utile pour gérer un groupe ou un conflit. Un de mes chevaux de bataille, c’est de privilégier l’activité à la recherche de la discipline à tout prix. Etre là pour montrer qu’il y a un pouvoir du savoir. »


 


                                                                     Fanny Rey