Le 17 juin dernier, tous les enseignants de 3e des Landes ont reçu un ordinateur portable. Le 15 septembre, leurs élèves ont été équipés à leur tour de ce « formidable outil » pour les enthousiastes, et de ce « jouet de luxe » pour les sceptiques. L’opération « Un ordinateur portable par élève de 3e » entame sa deuxième rentrée. Son objectif : favoriser, via les élèves, le développement des nouvelles technologies dans ce département rural, en leur fournissant un outil pour travailler à l’école comme à la maison. Après l’expérimentation dans 3 collèges l’an dernier, il s’agit de réussir la généralisation du dispositif.

Un véritable défi technique pour le Conseil général des Landes : tous les collèges sont câblés et chaque bureau d’élève est équipé d’une prise électrique et d’un raccordement au réseau internet. Et un challenge pédagogique pour les enseignants : « L’ordinateur révolutionne notre façon d’enseigner et il faudra du temps pour explorer toute sa richesse », explique Jean-Marc Darrigan, professeur de Sciences et Vie de la Terre à Montfort-en-Chalosse. L’essentiel reste à inventer, tant le dispositif est innovant. « J’introduis des petites vidéos que les élèves peuvent télécharger, des images puisées sur internet, détaille l’enseignant, et je peux même les initier à la photo microscopique. » 

                        Utilité ou futilité

Les adolescents n’ont pas eu de problèmes pour s’approprier la machine. « En général, ils savaient déjà utiliser un ordinateur, explique Jean-Jacques Cahut, professeur de mathématiques à Mimizan. A nous de leur montrer comment s’en servir avec intelligence ». Une évidence qui ne se retrouve pas forcément chez les enseignants, très partagés sur l’utilisation de la machine : « Les élèves peuvent télécharger tout mon cours, explique un professeur de Lettres. Mais je préfère qu’ils conservent un classeur traditionnel ». « Mes élèves ont le choix de rendre leurs devoirs manuscrits ou tapés, ajoute un collègue, je n’ai rien voulu imposer. » « Je ne m’en sers pratiquement jamais, explique cette professeur de français un rien provocatrice, je trouve que l’on perd trop de temps ».

Les collégiens jouent beaucoup sur leur ordinateur, mais apprennent-ils plus ? La question inquiète les parents d’élèves et nombre d’enseignants. « Quoiqu’il en soit, c’est une bonne chose, car c’est un facteur d’égalité entre les élèves, conclut Jean-Jacques Cahut. Pour certaines familles, c’est un rêve de disposer d’un ordinateur à la maison. »