Comment est née la Clio ?

L’automne dernier, l’Inspection d’académie de l’Essonne m’a contacté pour développer un projet centré sur l’accueil des primo-arrivants francophones. Depuis janvier, avec six autres enseignants, nous accueillons des jeunes venus en France dans le cadre du regroupement familial ou issus de zones de conflit comme le Rwanda, le Congo-Kinshasa.

Quelle est la structure de cette classe à part ?

Nous accueillons un groupe de seize jeunes, âgés de 17 à 20 ans, en respectant la mixité sociale et l’équilibre filles-garçons. L’emploi du temps s’organise autour d’une remise à niveau personnalisée en français, en maths, en anglais, en histoire-géo, d’un module d’adaptation à la vie en France et de cinq heures de théâtre hebdomadaires, l’élément central du dispositif.

Quels étaient vos objectifs, en optant pour le « Théâtre de l’opprimé » d’Augusto Boal ?

L’idée de ce théâtre politique, c’est d’expérimenter ensemble des solutions possibles à des problèmes vécus comme des échecs personnels. Concrètement : on monte des histoires où les élèves se sont retrouvés en situation de difficulté, d’injustice, à partir de thèmes comme la polygamie, le mariage forcé, le racisme ordinaire… La particularité de ce « théâtre-forum », c’est que la pièce est jouée deux fois. La deuxième, le spectateur intervient dans le spectacle pour proposer des moyens de résoudre le problème de l’opprimé.

En attendant la prochaine rentrée, quel bilan tirez-vous de cette première expérience ?

Le bilan est impressionnant ! Nos élèves sont sortis de leur prostration initiale. Le théâtre a généré une dynamique de groupe, une grande solidarité et un respect mutuel. Sur le plan scolaire, tout le monde a bénéficié d’une orientation choisie – pour la quasi-totalité en 2nde BEP – avec le souci pour beaucoup d’une formation « utile au pays ».