Pourquoi avez-vous choisi d’enseigner ?

J’ai senti pendant toute mon enfance à quel point il était appréciable d’avoir des enseignants dans son entourage familial. Mes deux parents sont professeurs de mathématiques. Le monde de l’entreprise ne m’a jamais tentée. Je me suis lancée dans l’aventure.

La mécanique, ce n’est pas un choix banal ?

J’ai toujours aimé découvrir les coulisses des objets. Quand j’étais petite, mes grands-parents m’appelaient pour réparer leur réveil. Je souhaite transmettre la même curiosité à mes élèves. Je les fais plonger dans des objets industriels réels.

Vous enseignez dans un lycée professionnel de banlieue parisienne. Autant dire un milieu très masculin. Le choix est osé.

C’est vrai. Je n’avais d’ailleurs pas conscience de cet aspect des choses car, lorsque j’avais découvert en option la mécanique dans ma classe de terminale, il y avait autant de garçons que de filles. Cela dit, j’ai constaté que l’autorité n’avait rien à voir avec le sexe. Simplement, je cherche encore le bon registre pour m’imposer. Mais les femmes peuvent jouer sur d’autres cordes avec les garçons.

Vous commencez à peine votre vie professionnelle. Vos premières impressions ?

Ce qui me surprend le plus, c’est la difficulté à susciter l’intérêt des élèves. En même temps, c’est un vrai défi pour moi. J’ai choisi de travailler pour ces jeunes qui vivent dans un environnement difficile. Je veux leur redonner l’envie d’apprendre. J’ai eu, par exemple, un élève kosovar qui parlait à peine le français à son arrivée. Il en voulait. Il a fait d’énormes progrès.