5 questions à… Sophie Besson

Sophie Besson, 26 ans, est professeur stagiaire de technologie mécanique au lycée polyvalent François Arago à Villeneuve-Saint-Georges. Après avoir obtenu un DEUG et une licence de mathématiques à Aix-en-Provence, elle change de cap et obtient en 1999 une licence de technologie mécanique à l’université de Créteil (Paris XII). En 2001, elle quitte l’IUFM de Saint-Denis pour plonger dans la vie active.

Pourquoi avez-vous choisi d’enseigner ?

J’ai senti pendant toute mon enfance à quel point il était appréciable d’avoir des enseignants dans son entourage familial. Mes deux parents sont professeurs de mathématiques. Le monde de l’entreprise ne m’a jamais tentée. Je me suis lancée dans l’aventure.

La mécanique, ce n’est pas un choix banal ?

J’ai toujours aimé découvrir les coulisses des objets. Quand j’étais petite, mes grands-parents m’appelaient pour réparer leur réveil. Je souhaite transmettre la même curiosité à mes élèves. Je les fais plonger dans des objets industriels réels.

Vous enseignez dans un lycée professionnel de banlieue parisienne. Autant dire un milieu très masculin. Le choix est osé.

C’est vrai. Je n’avais d’ailleurs pas conscience de cet aspect des choses car, lorsque j’avais découvert en option la mécanique dans ma classe de terminale, il y avait autant de garçons que de filles. Cela dit, j’ai constaté que l’autorité n’avait rien à voir avec le sexe. Simplement, je cherche encore le bon registre pour m’imposer. Mais les femmes peuvent jouer sur d’autres cordes avec les garçons.

Vous commencez à peine votre vie professionnelle. Vos premières impressions ?

Ce qui me surprend le plus, c’est la difficulté à susciter l’intérêt des élèves. En même temps, c’est un vrai défi pour moi. J’ai choisi de travailler pour ces jeunes qui vivent dans un environnement difficile. Je veux leur redonner l’envie d’apprendre. J’ai eu, par exemple, un élève kosovar qui parlait à peine le français à son arrivée. Il en voulait. Il a fait d’énormes progrès.

Question rituelle

Et si vous aviez le pouvoir de faire évoluer le système, que proposeriez-vous ?

Je créerais des groupes de paroles dans les établissements scolaires entre professeurs. Ils ont trop peu de lieu pour parler de leur pratique. Quant à moi, cela m’aiderait de pouvoir partager mes doutes. C’est navrant de voir que beaucoup d’enseignants ont du mal à parler des difficultés rencontrées dans leur classe.
Par ailleurs, je déciderais de créer des groupes de paroles entre parents et professeurs. Cela aiderait les jeunes à prendre conscience de leur valeur. Il y a trop peu de liens entre leur vie à la maison et la vie au lycée. La parole, c’est la vie.

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