03.02.2012

Primaires aux Etats-Unis: Romney reconnaît s'être "mal exprimé" en parlant des pauvres

Le favori répu­bli­cain pour la course à la Maison Blanche Mitt Romney a reconnu dans le Nevada (ouest) qu'il s'était "mal exprimé" en décla­rant qu'il ne s'en fai­sait pas pour les pauvres, des pro­pos qui lui ont valu une volée de bois vert de la part de ses détracteurs.

Dans une inter­view dif­fu­sée ven­dredi par la chaîne de télé­vi­sion KSNV, M. Romney, un ancien homme d'affaires qui a déclaré l'an der­nier des reve­nus de 20 mil­lions de dol­lars, a cor­rigé les pro­pos qu'il avait tenus deux jours plus tôt sur CNN.

"Je me suis mal exprimé. Quand on accorde je ne sais pas com­bien de mil­liers d'entretiens, il arrive qu'on se trompe et je me suis mal exprimé, c'est aussi simple que ça", a-t-il déclaré sur KSNV, une chaîne du Nevada où M. Romney est en lice samedi pour le cin­quième scru­tin pri­maire du parti répu­bli­cain en vue de la pré­si­den­tielle du 6 novembre.

Mercredi il avait déclaré: "Je ne m'en fais pas trop pour les plus pauvres. Dans notre pays, il existe des filets de sécu­rité. S'ils ont besoin d'être répa­rés, je m'en chargerai".

Sur KSNV, l'adversaire pro­bable de Barack Obama a expli­qué que sa prio­rité était "d'aider les gens à faire par­tie de la classe moyenne et d'étendre la classe moyenne" et enten­dait défendre le filet de sécu­rité qui pro­tège les plus pauvres.

"Les riches s'en tirent bien mais nous devons vrai­ment don­ner la prio­rité aux reve­nus inter­mé­diaires", a-t-il ajouté.

"Si on me tombe des­sus quand je fais une erreur, que je bute sur un mot, même si je dis ensuite 'je me suis trompé, désolé, ce n'est pas ce que je vou­lais dire', hé bien cela fait par­tie du jeu poli­tique et je suis prêt à en subir les consé­quences", a-t-il dit.

Son prin­ci­pal adver­saire de la pri­maire répu­bli­caine, Newt Gingrich, l'avait atta­qué pour ces pro­pos, se disant "fati­gué" des poli­ti­ciens "qui montent les Américains les uns contre les autres". "Moi, a-t-il dit, je suis can­di­dat pour être le pré­sident de tous les Américains et je me pré­oc­cupe de tous les Américains".

Vendredi, M. Gingrich a réitéré ses attaques. "M. Romney essaie de se remettre de sa gaffe", a-t-il déclaré devant un audi­toire de mili­tants hilares, ras­sem­blés dans un bar de Las Vegas.

Les médias "ont fait exac­te­ment ce que (le pré­sident) Obama fera l'automne pro­chain, à savoir répé­tér inlas­sa­ble­ment (la phrase de M. Romney) +Oh, je ne m'intéresse pas vrai­ment aux pauvres+, ce qui n'est pas une choses très intel­li­gente à dire quand on est très riche", a-t-il ajouté.

"Voilà un bon exemple ce qu'on ne veut pas entendre de la part d'un can­di­dat à l'élection pré­si­den­tielle", a-t-il conclu.

De son côté, le pré­sident Obama a appelé jeudi les riches à se sou­cier des pauvres au nom de "l?amour de Dieu" lors d'un "petit déjeu­ner de prière nationale".

Un son­dage du Public Policy Polling (PPP) donne M. Romney lar­ge­ment gagnant du scru­tin de samedi dans le Nevada, avec 50% des inten­tions de vote, devant M. Gingrich (25%), l'isolationniste Ron Paul (15%) et le tra­di­tio­na­liste Rick Santorum (8%).


 

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