14.02.2012
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La Conférence des Grandes Ecoles adresse ses propositions aux candidats à la présidentielle

La CGE pré­sen­tait ce matin lors d'une confé­rence de presse à Paris son pro­gramme "pour une société de la connais­sance et de la com­pé­tence". La CGE va trans­mettre ses pro­po­si­tions aux can­di­dats à l'élection pré­si­den­tielle, et à l'ensemble des dépu­tés. Pierre Tapie, son pré­sident, les a détaillées.

Le pro­gramme de la CGE "pour une société de la connais­sance et de la com­pé­tence" est un ensemble de pro­po­si­tions pour l'éducation, l'enseignement supé­rieur, la recherche et l'innovation.

Ce sont en tout 20 pro­po­si­tions (Source : EducPros.fr) qui seront trans­mises aux can­di­dats à l'élection pré­si­den­tielle. Elles concernent l'enseignement dans son ensemble, du pri­maire au supé­rieur. Elles ont en com­mun de ne point dis­so­cier la connais­sance de la compétence.

Pierre Tapie est parti d'un constat : la com­pé­tence fran­çaise du "lire, écrire, comp­ter" se dégrade. Parallèlement, chaque année 150 000 jeunes quittent le sys­tème sco­laire sans aucun diplôme.

Instituts Horizon Métiers

La CGE pro­pose, pour aider ces jeunes, la créa­tion d'Instituts Horizon Métiers, où leur serait dis­pen­sée une for­ma­tion 2/3 en entre­prise, 1/3 en école, pour se réap­pro­prier le socle commun.

La CGE, en lien avec les entre­prises, pro­pose sa contri­bu­tion à ce dis­po­si­tif, au niveau péda­go­gique, mais égale­ment en termes de mise à dis­po­si­tion de locaux, au sein des écoles, pour ces jeunes.

Pour les aider, la CGE pro­pose égale­ment un ser­vice civique obli­ga­toire pour chaque jeune diplômé du supé­rieur : afin d'obtenir défi­ni­ti­ve­ment son diplôme, ce jeune devra obte­nir son "qui­tus citoyen". Pour cela, il devra par exemple consa­crer un mois par année d'étude à être moni­teur d'enseignement auprès des jeunes en difficulté.

Ce pro­jet asso­cie­rait ins­ti­tu­tions uni­ver­si­taires, lycées, entre­prises, orga­ni­sa­tions patro­nales et syn­di­cales etc.

Enfin, pour ancrer davan­tage l'enseignement secon­daire dans la réa­lité écono­mique, la CGE pro­pose un stage d'immersion totale pour chaque ensei­gnant du secon­daire en entreprise.

20 mil­liards d'euros de plus pour le supé­rieur et la recherche

Pour ce qui est de l'enseignement supé­rieur et de la recherche, les dépenses qui y sont consa­crées doivent aug­men­ter d'un point de PIB – ce qui repré­sente 20 mil­liards d'euros d'augmentation sur une période de 7 à 10 ans. L'Etat seul ne peut y sub­ve­nir : la CGE pro­pose donc que chaque étudiant ayant réussi son diplôme, reverse l'équivalent d'un mois de salaire par année d'étude à son uni­ver­sité d'origine.

Pierre Tapie a insisté sur le fait que les uni­ver­si­tés aient le droit de choi­sir leurs étudiants en adé­qua­tion avec les for­ma­tions pro­po­sées. La mis­sion de l'université est double : dif­fu­ser la connais­sance mais aussi for­mer aux métiers de demain. Le droit à une orien­ta­tion sélec­tive doit être affirmé. Dans un tel contexte, la voie tech­no­lo­gique, les métiers manuels doivent être reva­lo­ri­sés, et il faut "don­ner un métier à tous les jeunes, tout en les culti­vant". Et "en finir avec une image de la réus­site qui pas­se­rait uni­que­ment par un emploi dans une grande entre­prise inter­na­tio­nale pour un diplômé à bac+5".

Tripler le nombre d'étudiants étrangers

Enfin, la CGE demande de tri­pler le nombre d'étudiants étran­gers en France, et d'en accueillir 50 000 de plus chaque année pen­dant 10 ans. Outre le fait que leurs frais de sco­la­rité payants repré­sen­te­raient 7 fois le Grand Emprunt, ils per­met­traient à la France d'accroître au niveau inter­na­tio­nal son influence sur le "pou­voir gris".

La CGE sou­haite égale­ment un tra­vail beau­coup plus étroit entre MEN et MESR. Les dis­po­si­tifs tels que les Cordées de la Réussite sont à pri­vi­lé­gier. Les pro­vi­seurs de lycées à classes pré­pa­ra­toires sont égale­ment des per­sonnes impor­tantes dans le cadre de ce dialogue.

Pierre Tapie estime que l'enseignement supé­rieur fran­çais forme un tout et que le pro­blème de l'opposition universités/grandes écoles est obso­lète. Il est d'ailleurs tota­le­ment dépassé dans le cadre des PRES, qui les asso­cient étroi­te­ment –d'ailleurs avec une troi­sième com­po­sante, les ins­ti­tuts de recherche– ou encore des doubles diplômes qui existent déjà (comme celui de Polytechnique et Paris XI).

En conclu­sion, il existe un espace uni­ver­si­taire unique qui a un seul objec­tif : la réus­site de tous les élèves, dans leur diversité.

Sandra Ktourza

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