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| du Lundi 8 juin 2009 | ![]() |
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Sarkozy soutient le port du voile, sous conditionsNicolas Sarkozy a soutenu samedi, comme Barack Obama au Caire, la liberté pour les musulmanes de porter le voile, y mettant des réserves, mais sans mentionner son port à l'école, son entourage précisant ensuite qu'il était "évidemment contre", conformément à la loi française. "Je suis totalement d'accord avec le discours du président Obama, y compris sur la question du voile" islamique, a déclaré samedi le président français, au cours d'une conférence de presse avec son homologue américain, à Caen (Calvados), peu avant les cérémonies du 65e anniversaire du débarquement allié en Normandie. Jeudi au Caire, le président américain avait appelé les pays occidentaux à ne pas gêner les musulmans dans la pratique de leur religion, critiquant ceux qui dictent "les vêtements qu'une femme doit porter". Ces propos ont provoqué l'indignation de féministes en France. "En France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C'est sa liberté", a dit M. Sarkozy. Il a toutefois insisté sur "deux limites" à cette liberté: d'une part, l'interdiction de porter le hidjab aux guichets des administrations, "parce que nous sommes un Etat laïque" et que "les fonctionnaires sont là pour tout le monde", d'autre part que la décision de se couvrir la tête émane du "libre choix" de celle qui le fait. M. Sarkozy n'a fait aucune allusion à une autre limite, pourtant fixée par la loi: celle qui interdit explicitement le port de signes religieux ostentatoires dans les écoles publiques. L'entourage du chef de l'Etat a précisé à l'AFP dans la soirée que "le président Sarkozy est évidemment contre le port du voile à l'école. S'il ne l'a pas évoqué, c'est que c'est régi par une loi, qui s'applique en France". Votée en 2004, cette loi avait fait l'objet de débats passionnés en France, Nicolas Sarkozy lui-même, alors ministre, s'y étant dans un premier temps opposé avant de finalement s'y déclarer favorable. M. Sarkozy disait craindre, fin 2003, qu'une loi contre le voile ne soit vécue par la communauté musulmane "comme une punition ou une humiliation". Mais sous la pression notamment du président d'alors, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait fini par accepter une loi contre le port ostentatoire de signes religieux à l'école publique, tels que le voile, la kippa ou de grandes croix. Lors d'un voyage au Caire en décembre 2003 il avait réussi à obtenir pour cette loi l'aval du cheikh d'al-Azhar, la plus haute autorité sunnite, Mohamed Sayyed Tantaoui. Nicolas Sarkozy, comme ministre puis président, s'est toujours voulu le défenseur d'une "laïcité positive", notamment pour tenir compte de la nouvelle donne que constitue la présence en France de quelque quatre ou cinq millions de musulmans. Ce faisant, il s'est attiré de nombreuses critiques à gauche, comme à droite, qui l'ont accusé de vouloir faire vaciller l'un des principaux piliers de la République. Ces critiques avaient redoublé lorsqu'il avait déclaré le 20 décembre 2007 en l'église de Saint-Jean de Latran à Rome que "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé". Deux jours après le discours de Barack Obama au monde arabo-musulman, Nicolas Sarkozy a également tenu à rappeler samedi que lui aussi avait "beaucoup fait", quand il était ministre de l'Intérieur, "pour que les musulmans de France puissent vivre leur foi", allusion à la création du Conseil français du culte musulman (CFCM). |
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