18.04.2014
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Les syndicats mettent la pression sur Benoît Hamon

A peine nommé ministre de l'Education natio­nale, de l'Enseignement supé­rieur de la Recherche, Benoît Hamon est déjà inter­pellé par les syn­di­cats ensei­gnants. Le point sur leurs réclamations.
Classroom © Franck Boston - Fotolia.com

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Promu le 2 avril der­nier au minis­tère de l'Education, Benoît Hamon est déjà attendu au tour­nant par les prin­ci­paux syn­di­cats d'enseignants. Tous s'accordent à dire qu'il est « hors de ques­tion » de remettre en cause la créa­tion des 60 000 postes, pro­mis par François Hollande en 2012. Un enga­ge­ment dif­fi­cile à tenir dans le contexte actuel de res­tric­tions bud­gé­taires, comme l'analyse l'historien de l'éducation Claude Lelièvre.

« La refon­da­tion reste un slogan »

Syndicat majo­ri­taire dans le 1er degré, le SNUipp-FSU sou­haite que Benoît Hamon soit le ministre du « chan­ge­ment concret » de l'école : « la refon­da­tion reste, pour le moment, un slo­gan. Elle est peu per­cep­tible dans le quo­ti­dien », estime son secré­taire géné­ral, Sébastien Sihr. Il rap­pelle que l'école fait face à un triple défi : absor­ber la pres­sion démo­gra­phique, avec quelque 100 000 élèves sup­plé­men­taires lors des trois pro­chaines ren­trées, rat­tra­per le retard accu­mulé par les années de sup­pres­sion de postes et déployer les dis­po­si­tifs annon­cés tels que 'Plus de maîtres que de classes'  , la sco­la­ri­sa­tion des moins de 3 ans et les mesures pour refon­der l'éducation prio­ri­taire. Le SNUipp réclame aussi tou­jours une égalité de trai­te­ment entre les pro­fes­seurs des écoles et du second degré.

Quant à l'épineux dos­sier des rythmes sco­laires, Benoît Hamon doit « rou­vrir très rapi­de­ment le dos­sier », insiste le Snalc-FGAF (Syndicat National des Lycées et Collèges). « Il y a néces­sité d'y voir clair sur la nature de l'assou­plis­se­ment annoncé par le Premier Ministre », ajoute Christian Chevalier, secré­taire géné­ral du SE-Unsa. « On attend aussi la confir­ma­tion des 4000 postes (ETP) annon­cés pour le col­lège. Et d'une manière géné­rale, le ministre doit pré­ci­ser les orien­ta­tions, voire les inflexions, qu'il va deman­der. Est-ce que, par exemple, il va trai­ter la ques­tion du lycée ? »

Revoir le contenu des ESPE

La for­ma­tion ini­tiale et le lan­ce­ment des ESPE ? Le compte n'y est pas, selon les syn­di­cats qui demandent une reprise en main du contenu : « Il y a de nom­breux dys­fonc­tion­ne­ments et dis­pa­ri­tés entre les aca­dé­mies. Beaucoup de choses doivent être remises d'aplomb, aussi bien sur les maquettes de mas­ter que sur le contenu des concours », note Frédérique Rolet. La secré­taire géné­rale du Syndicat National des Enseignements du Second degré (SNES) sou­haite aussi une remise à plat de la réforme des lycées, « notam­ment sur la ques­tion des langues vivantes, la réforme des bache­liers tech­no­lo­giques et le dis­po­si­tif ECLAIR dont on ne sait pas ce qu'il devient ».

Dans une lettre adres­sée à Benoît Hamon, le Snetaa-FO, pre­mier syn­di­cat des pro­fes­seurs de lycées pro­fes­sion­nels, pré­co­nise de son côté « une autre poli­tique pour l'enseignement pro­fes­sion­nel » afin d'assurer, entre autres, « l'augmentation des qualifications au tra­vers d'un par­cours du CAP au BTS ».

La réunion des deux minis­tères, de l'éducation et de l'enseignement supé­rieur ? Le Sgen-CFDT  y voit d'abord une oppor­tu­nité, celle « de trai­ter réel­le­ment le pro­blème de l'échec en licence et de l'orientation post bac, en ouvrant, enfin, le chan­tier de la conti­nuité du par­cours de for­ma­tion entre le lycée et l'enseignement supérieur ».

Le Snesup-FSU, pre­mier syn­di­cat du supé­rieur, vient d'adresser un mémo­ran­dum au ministre. « L'horizon se bouche pour les uni­ver­si­tés, des moyens d'urgence sont néces­saires et peuvent être trou­vés ! », assure Marc Neveu, co-secrétaire géné­ral du Snesup. Revenir sur le cré­dit d'impôt recherche, com­bler les défi­cits des uni­ver­si­tés, ren­for­cer le sta­tut des enseignants-chercheurs... Le Snesup a recensé 10 actions à mettre en œuvre rapi­de­ment. « Il est impor­tant, entre autres, que l'Etat reprenne la ges­tion de la masse sala­riale des uni­ver­si­tés », insiste Marc Neveu, « sans quoi les pré­si­dents seront des fusibles et ne pour­ront pas main­te­nir à flot les universités ».

Benoît Hamon  avait vu juste : « celui qui suc­cé­dera à Vincent Peillon devra s'accrocher... »

Charles Centofanti

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