20.08.2014
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Les Ecuries d'été, un stage de remise à niveau avant les études supérieures

Dans les locaux de l'Ecole poly­tech­nique à Palaiseau, de jeunes bache­liers issus de milieux défa­vo­ri­sés sont pré­pa­rés chaque été aux exi­gences des études supé­rieures. Reportage vidéo.

Chaque année depuis 2007, l'Ecole poly­tech­nique accueille quelques dizaines de bache­liers issus d'établissements de ZEP pour ses "Ecuries d'été", un stage inten­sif de pré­pa­ra­tion à l'enseignement supé­rieur. "Ces jeunes n'ont pas de papa méde­cin ou d'oncle avo­cat, ils ne connaissent rien des codes des études supé­rieures", explique Philippe Marano, béné­vole de l'asso­cia­tion Réussir Aujourd'hui et direc­teur de l'événement. L'objectif affi­ché est de "lut­ter contre les inéga­li­tés sociales", en habi­tuant les élèves aux exi­gences des études uni­ver­si­taires : lourde charge de tra­vail, concur­rence entre élèves, notes plus sévères, etc.

Répartis en quatre sec­tions — méde­cine, sciences, écoles de com­merce, lettres/droit/gestion — les élèves com­mencent leur jour­née par des cours magis­traux déli­vrés par des pro­fes­seurs en fin d'études, à l'ENS Cachan notam­ment, ou déjà en poste en uni­ver­sité ou en grande école. L'après-midi est consa­crée aux "khôlles", ces épreuves orales indi­vi­duelles typiques des classes pré­pa­ra­toires, et au tra­vail en auto­no­mie. En fin de jour­née, les élèves ont droit à deux heures de sport.

Cet entraî­ne­ment inten­sif, de 2 à 3 semaines selon les années et les effec­tifs, doit leur per­mettre d'aborder l'année dans de bonnes condi­tions, en dimi­nuant les risques de décro­chage pré­ma­turé. Aucun des élèves par­ti­ci­pants ne regrette d'y consa­crer du temps sur ses vacances d'été.

Deux ans d'accompagnement pour les lycéens

Ce stage est l'aboutissement de deux ans de tra­vail pour les jeunes sui­vis par l'association Réussir Aujourd'hui. Grâce à l'association, ils béné­fi­cient chaque semaine de 3 heures heb­do­ma­daires d'enri­chis­se­ment cultu­rel durant leur pre­mière et leur ter­mi­nale. En petites "cohortes", ces élèves volon­taires pré­parent des expo­sés autour de sujets d'actualité, qui sont ensuite débat­tus en groupe. Cette ini­tia­tion à la prise de parole en public et à l'argumentation déve­loppe la confiance en soi des lycéens, en plus de leur don­ner des clés pour com­prendre les prin­ci­paux enjeux sociaux actuels.

A ces ate­liers s'ajoute chaque mois une sor­tie orga­ni­sée sur un lieu d'importance his­to­rique, cultu­relle ou indus­trielle : musées, uni­ver­si­tés, lieux de mémoire, chan­tiers, etc. Enfin, un séjour lin­guis­tique de trois semaines à l'étranger est aussi pro­posé aux familles en fin de pre­mière, pour une par­ti­ci­pa­tion sym­bo­lique, en fonc­tion de leurs revenus.

L'accompagnement semble por­ter ses fruits : selon une étude en cours de dépouille­ment sur le deve­nir des anciens élèves sou­te­nus par l'association, plus de 50% d'entre eux auraient atteint un niveau bac +5. "Ces jeunes défa­vo­ri­sés subissent une grande pres­sion sociale et fami­liale pour tra­vailler tôt : si nous par­ve­nons à leur faire atteindre le bac +2, c'est déjà une grande vic­toire", sou­ligne Philippe Marano.

Quentin Duverger

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