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	<title>VousNousIls &#187; L’invité</title>
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	<description>L&#039;e-mag de l&#039;éducation</description>
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		<title>&quot;Le quinquennat a été une calamité pour l&#039;enseignement supérieur et la recherche&quot;</title>
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		<pubDate>Wed, 16 May 2012 09:52:07 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Stéphane Tassel est le secrétaire général du SNESUP-FSU, premier syndicat de l'enseignement supérieur. Il appelle le nouveau gouvernement à mettre en œuvre des réformes urgentes pour restaurer un secteur sinistré.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/stephane-tassel2.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-527084" title="Stéphane Tassel" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/stephane-tassel2-230x300.jpg" alt="Stéphane Tassel" width="230" height="300" /></a>L'enseignement supérieur et la recherche sont en crise. Un chantier colossal attend le nouveau gouvernement. Quelles mesures concrètes en attendez-vous en priorité ?</h3>
<p>Le dernier quinquennat a été une calamité pour l'enseignement supérieur et la recherche, qui sont, rappelons-le, indissociables : la plus grande richesse de l'enseignement supérieur, c'est la recherche. Toute une série de réformes injustes — la loi LRU et la modification du décret statutaire, notamment — s'est abattue sur le secteur, qui a été totalement sinistré. Jamais les libertés scientifiques et pédagogiques n'ont été aussi entravées que ces cinq dernières années, ce qui est paradoxal quand le gouvernement Fillon parlait d'autonomie. Nous sommes favorables à l'autonomie si on parle d'autonomie intellectuelle des chercheurs.</p>
<p>En 2009, la communauté universitaire s'est mobilisée comme jamais elle ne l'avait fait depuis cinquante ans. Aujourd'hui la communauté universitaire, qui a bonne mémoire, attend de la part du nouveau gouvernement des mesures symboliques et des gestes forts. Nous réclamons l'abrogation immédiate du pacte pour la recherche, de la loi LRU et de ses décrets d'application (comités de sélection), des textes liés à la formation des enseignants et du décret statutaire des enseignants-chercheurs. Il faut aussi abandonner immédiatement les Idex avant qu'elles fassent des dégâts. Ces soi-disant « initiatives d'excellence » sont dans la droite logique de la loi LRU : elles ne font que mettre en concurrence permanente les établissements, les équipes et les collègues entre eux, ce qui est inacceptable.</p>
<h3>L'enseignement supérieur et la recherche en France souffrent d'un cruel manque de moyens par rapport aux autres grands pays de l'OCDE. Où trouver les financements ?</h3>
<p>On a besoin de moyens et de postes supplémentaires. Il faut créer 5000 emplois d'enseignants-chercheurs. Il faut aussi un collectif budgétaire, c'est une priorité. La France n'est pas un pays pauvre : il y a des ressources. Nous sommes favorables à une refonte fiscale globale. Il faut revoir en profondeur le crédit d'impôt recherche, qui représente 5 milliards d'euros d'exonérations fiscales. C'est la deuxième niche fiscale la plus importante après la défiscalisation des heures supplémentaires. On doit sortir de la chasse aux déficits publics et en aucun cas celle-ci ne doit porter sur l'enseignement supérieur et la recherche, secteur qui doit peser 5% du PIB : c'est l'objectif. Il y a un effort considérable à faire.</p>
<h3>L'une des priorités du PS est de réduire le taux d'échec des premières années universitaires. Que suggérez-vous pour y parvenir ?</h3>
<p>Il faut déjà faire tendre le financement des universités vers le financement des grandes écoles. Les dépenses d'éducation sont très inégales : elles représentent moins de 6000 euros par an pour un étudiant de licence, entre 13 000 et 15 000 euros pour un étudiant de classe préparatoire et jusqu'à 20 000 euros pour un étudiant des grandes écoles. Autre piste, il faut diversifier les méthodes pédagogiques dès les premières années de licence, en faisant bénéficier les étudiants de ce qui fait la force de l'université à travers des TP et le contact avec des enseignants-chercheurs, notamment.</p>
<p>Faire réussir un plus grand nombre de jeunes est une exigence, mais c'est l'ensemble de la chaîne qu'il faut consolider, car on a également besoin d'un plus grand nombre de diplômés de très haut niveau, de thésards.</p>
<h3>La France accueille 700 000 étudiants étrangers, dont nombre souhaitent rester travailler en France après leur cursus. Quel statut pour eux ?</h3>
<p>Le gouvernement sortant n'a pas hésité à mettre en œuvre des politiques d'extrême droite. Je n'ai cessé d'intervenir pour que des étudiants étrangers ne soient pas chassés sur les campus universitaires par la police des frontières. Nous réclamons l'abrogation immédiate de la circulaire Guéant aux relents nauséabonds.</p>
<p>Il faut accueillir les étudiants étrangers dans de bonnes conditions pour qu'ils puissent suivre leurs cours en toute sérénité. Je suis sidéré de voir leurs difficultés pour se loger, par exemple. L'université a une longue tradition d'accueil, des étudiants comme des professeurs étrangers. Nos frontières ne s'arrêtent pas à nos universités.</p>
<p><em><strong>Laurène Champalle</strong></em></p>
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		<title>&quot;L&#039;école française devient de plus en plus injuste&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 07:43:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Delphine Barrais</dc:creator>
				<category><![CDATA[L’invité]]></category>
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		<category><![CDATA[sociologue]]></category>

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		<description><![CDATA[Le sociologue Pierre Merle, professeur en Bretagne, vient de publier un ouvrage sur la ségrégation scolaire. Il y décrit les différents types de ségrégations, y dénonce entre autres l’éducation prioritaire, tout en proposant de nouvelles pistes pour homogénéiser les chances de réussites scolaires.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Vous identifiez dans votre livre (1) quatre types de ségrégations, quelles sont-elles ?</h3>
<p>La première est une ségrégation de genre : les filières professionnelles Bureautique ou Habillement scolarisent plus de 90% de filles alors que les filières Mécaniques ou Electricité plus de 90% de garçons. Résultant des normes sociales, elle pénalise les femmes lorsqu'elles sont une minorité à intégrer l'ENA ou Polytechnique. La deuxième forme de ségrégation est de type ethnique. Les élèves d'origine étrangère sont absents de la grande majorité des établissements et concentrés dans quelques établissements de banlieues. La troisième modalité est dite "académique", c'est-à-dire liée au niveau scolaire. A ce propos, les données sont édifiantes. Enfin, la ségrégation sociale désigne une différenciation forte du recrutement social des établissements. Il existe des établissements mixtes mais aussi des établissements très bourgeois avec plus de 80% d'enfants des catégories aisées, et d'autres très populaires.</p>
<h3>Quelles sont les origines de ces ségrégations ?</h3>
<p>Ces ségrégations ont plusieurs origines. La ségrégation sociale tient des inégalités de revenus et de patrimoine. Les différences de recrutement des quartiers se répercutent sur le recrutement social des établissements. La ségrégation ethnique est aussi liée aux inégalités économiques. Les populations immigrées, majoritairement peu qualifiées, habitent dans les quartiers déshérités. L'importance du diplôme pour l'intégration professionnelle explique certaines inégalités. Cette centralité du diplôme amène les parents, et notamment ceux des catégories aisées, à choisir les établissements considérés comme les meilleurs afin de maximiser les chances de réussite scolaire et professionnelle de leurs enfants.</p>
<h3>Vous pointez du doigt une évolution négative de l'école française, c'est-à-dire ?</h3>
<p>En comparant les données internationales de 2000 à 2009, je montre que d'une part l'école française devient de plus en plus injuste : la réussite scolaire des élèves est de plus en plus en rapport avec leur origine sociale. D'autre part, elle est de moins en moins performante : le niveau moyen des élèves baisse et le nombre d'élèves faibles augmente. Les causes du déclin sont multiples. L'augmentation de la ségrégation sociale et académique, liées à l'abandon progressif du collège unique et à la multiplication des options et sections, est une des explications.<!--encart--></p>
<h3>Vous mettez en cause l'éducation prioritaire, censée gommer les différences. Pour quelles raisons ?</h3>
<p>L'échec de l'éducation prioritaire tient au fait que les établissements concernés ne reçoivent pas plus d'aides que les autres ou pas suffisamment plus. Pour gommer les différences, ces établissements devraient notamment avoir des classes nettement moins chargées. Deux élèves en moins par classe ne permettent pas d'augmenter sensiblement les chances de réussite. Des recherches très solides montrent que cinq élèves en moins par classe permettraient de réduire sensiblement les différences.</p>
<h3>Vous montrez que les systèmes étrangers fonctionnent mieux que le nôtre. Quelles leçons en tirer ?</h3>
<p>L'école finlandaise est un exemple stimulant. Le niveau moyen des élèves est très élevé, le nombre d'élèves faibles très réduit, les inégalités de réussite selon l'origine sociale limitées. C'est un système éducatif qui se caractérise par un fort collège unique, une affectation planifiée des élèves selon une carte scolaire, très peu d'établissements privés (moins de 3%!) et une forte mixité sociale des établissements. Leur pédagogie, qui repose sur la valorisation plutôt que la sanction des échecs et qui refuse le classement, est aussi très différente de celle usuellement pratiquée en France. Ce serait un modèle à suivre. Mais pour l'instant, les politiques éducatives mises en œuvre en France ont été plutôt le contraire de celles qui permettent à l'école finlandaise d'être l'une des meilleures du monde.</p>
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		<title>François Jourde : avec les TICE, &quot;j&#039;improvise beaucoup, je n&#039;ai pas peur des crash-tests&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 13:25:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Quentin Duverger</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Cartes heuristiques, Facebook, Twitter, smartphones... Pour François Jourde, professeur de philosophie, tous les outils numériques sont bons pour faire cours. Il nous explique pourquoi les TICE lui tiennent tant à coeur.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>François Jourde est professeur de philosophie. Après avoir travaillé en lycée près de Lille, il enseigne aujourd'hui à <a title="Site officiel de l'école européenne de Bruxelles 1" href="http://www.eeb1.com/index.php?l=1&amp;rub=accueil" target="_blank">l'école européenne Bruxelles 1</a>, dans les deux dernières années du secondaire. Beaucoup de ses cours reposent sur les nouvelles technologies : il nous explique ce qui le motive.</p>
<p><a href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/Francois-Jourde-professeur-philosophie-ecole-europeenne-Bruxelles-1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-526281" title="Francois Jourde professeur philosophie ecole europeenne Bruxelles 1" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/Francois-Jourde-professeur-philosophie-ecole-europeenne-Bruxelles-1-250x300.jpg" alt="François Jourde professeur de philosophie à l'école européenne Bruxelles 1" width="167" height="200" /></a></p>
<h3>Pour faire cours, <a title="Carte heuristique de François Jourde : 'Comment j'utilise le Web 2.0 avec mes étudiants'" href="http://www.mindmeister.com/fr/153015549/comment-j-utilise-le-web-2-0-avec-mes-tudiants" target="_blank">vous utilisez toutes les ressources numériques à votre disposition</a> : Facebook, Twitter, les montages vidéo, les smartphones, Google Docs... Pourquoi cette volonté d'innover à tout prix ?</h3>
<p>Pour moi, utiliser les médias sociaux et d'autres outils numériques, ça reste surtout un moyen de m'amuser – j'adore mon métier mais j'ai aussi envie de me faire plaisir – et en même temps, ça me permet de mettre les élèves au travail. Par exemple, 2–3 élèves qui ne prenaient pas de notes en cours, avec lesquels j'avais des relations de petit chef, se sont mis au boulot quand j'ai expérimenté la prise de notes avec des smartphones. "Qu'importe le flacon..."</p>
<p>Et puis il s'agit de compétences transversales qui ne sont pas très enseignées. Je suis très content quand je vois les élèves utiliser ce qu'ils ont appris avec moi dans d'autres matières. Pour moi, les <a title="Un natif numérique (ou digital native en anglais) est une personne ayant grandi dans un environnement numérique comme celui des ordinateurs, Internet, les téléphones mobiles et les baladeurs MP3" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Natif_num%C3%A9rique" target="_blank">digital natives</a> de la nouvelle génération sont un peu "ploucs" : il ont un usage "provincial" des outils numériques, dans la mesure où ils se limitent souvent à un ou deux sites qu'ils connaissent bien, comme Facebook. Et ils ont surtout un usage récréatif de leurs smartphones. Je pense que les profs ont une obligation de guider les élèves vers un usage réfléchi et scolaire de ces outils.</p>
<p>Mais quand j'en parle, j'explique que c'est surtout ma manière à moi de fonctionner, mon idiosyncrasie. Les bons profs auront toujours de bons résultats, quelle que soit leur méthode. Ce que j'obtiens avec le numérique, d'autres l'auront avec le jeu par exemple... Le talent pédagogique n'est pas dans l'outil. L'efficacité de la relation pédagogique tient plutôt à une parole, une présence qu'on a ou pas avec les élèves, et dans le fait de faire des choses intéressantes.</p>
<p><!--encart--></p>
<h3>Dans quelle mesure réutilisez-vous vos expérimentations ? Tous vos projets basés sur les TICE fonctionnent-ils ?</h3>
<p>J'essaie beaucoup de choses, je n'ai pas peur des crash-tests. Je me plante encore parfois, mais avec l'expérience je peux pressentir ce qui va marcher. Toutefois, toutes les classes ne réagissent pas de la même façon. Je pense notamment à <a title="" href="http://profjourde.wordpress.com/2012/02/20/storify-twitter-collaboration/" target="_blank">la prise de notes via Twitter</a> : ça prend dans certaines classes et dans d'autres, pas du tout.</p>
<p>Il y a eu de nombreux one shots : les <a title="Fakebook Jean-Paul Sartre" href="https://docs.google.com/present/view?id=afp5xmc49krw_169gd7qz7hq" target="_blank">fakebooks</a> (faux profils Facebook de philosophes), les <a title="Bollywood Spinoza" href="http://profjourde.wordpress.com/2011/04/07/bollywood-spinoza/" target="_blank">films de Bollywood sous-titrés</a> avec des maximes philosophiques... J'aime les activités de déplacement, de changement de registre, elles conviennent bien aux révisions. Quand on joue avec la forme, on voit vite si les élèves ont compris ou pas, s'ils sont capables de prendre de la distance par rapport au texte original sans répéter comme des perroquets. Et le numérique facilite beaucoup ces expériences : pour les films "Bollywood" par exemple, les sous-titres ont été créés en moins de deux heures.</p>
<p>J'improvise beaucoup. Souvent, c'est l'outil qui m'inspire : il y a une nouvelle possibilité technique, alors essayons ! Ce qui prend, je le poursuis, je le fais plus régulièrement. Par exemple, ce que je fais durablement, c'est la prise de notes numérique et coopérative par les élèves. J'ai commencé à le faire il y a 3 ans environ, et j'ai mes marques depuis un an et demi.</p>
<h3>En quoi consiste <a title="Guide de la prise de notes numérique de François Jourde" href="https://sites.google.com/site/coursdephilosophie/prises-de-notes-collaboratives" target="_blank">la prise de notes numérique</a> ?</h3>
<p>A chaque cours, un élève est nommé secrétaire de séance. Ils y passent tous à tour de rôle. Après que j'ai validé leur travail, j'agrège les prises de notes individuelles dans un document public. Les autres élèves prennent bien sûr des notes en parallèle pendant les cours, mais ça les rassure d'avoir un document de révision en fin de semestre ou d'année, pour les examens. Et c'est un document enrichi, qui peut comporter des liens ou des images.</p>
<p>Mais avant d'intégrer chaque compte-rendu de cours dans ce document, je passe 2–3 semaines à échanger en privé avec l'élève, pour corriger et améliorer sa partie. Je fais ça en ligne, dans <a title="Google Docs" href="https://docs.google.com/?hl=fr#home" target="_blank">Google Documents</a>, à l'aide de petits commentaires, comme des post-its. Cela me permet d'avoir des échanges très fins avec eux, sur leur pensée ou leur méthode d'écriture. Ce n'est pas synchrone : je peux faire une remarque et avoir une réponse trois jours plus tard... mais ça permet de nouer une relation individuelle avec l'élève, de travailler à un rythme différent.</p>
<p>J'aime ce mode de fonctionnement. Ce qui me frustre en tant que prof, c'est que les interactions ne sont pas tellement individualisées, car on n'a pas assez de temps. Quand on corrige sur papier, il y a peu d'interactions, et rarement un retour sur le travail après la correction. C'est pourquoi j'ai aussi commandé <a title="'Voyez-vous pourquoi ?' Le coup du tampon..." href="http://profjourde.wordpress.com/2011/01/20/voyez-vous-pourquoi-le-coup-du-tampon%E2%80%A6/" target="_blank">un tampon « Voyez-vous pourquoi ? »</a>, que j'utilise pour accompagner mes remarques sur leurs copies. S'ils le veulent, les élèves peuvent reprendre certains éléments pour avoir jusqu'à 20 % de points en plus. Ils ont pris du temps à faire leurs devoirs, j'ai pris du temps à les corriger, autant que ces efforts ne soient pas perdus.</p>
<h3>Est-ce que cela vous prend beaucoup de temps de vous approprier ces outils et de former les élèves à les utiliser ?</h3>
<p>Ca me prend du temps, oui, mais il y a aussi un côté hobby. Comme tous <a title="Dessin des Profs : des enseignants geeks ?" href="http://www.vousnousils.fr/2011/05/11/facebook-twitter-des-enseignants-geeks-505758" target="_blank">les profs geeks</a>, je passe de toute façon du temps sur l'informatique. Mais j'essaie vraiment de choisir des outils dont l'appropriation est facile pour les élèves. Par exemple, pour les cartes de pensée, je ne vais pas utiliser <a title="test du logiciel de mind mapping Xmind" href="http://lewebpedagogique.com/litterae/test-du-logiciel-de-mind-mapping-xmind-version-302/" target="_blank">Xmind</a>, mais plutôt <a title="Outil de mind mapping en ligne MindMesiter" href="http://www.mindmeister.com/fr" target="_blank">MindMeister</a>, un outil à l'interface simple qui reste multifonctionnel : il est collaboratif, il y a des modules de chats, ça permet des débats d'idées dans des salles multipostes...</p>
<p>Il faut bien sûr passer un peu de temps en classe à expliquer l'outil. J'essaie de le faire au début de l'année, et ça ne représente pas un volume horaire monstrueux.</p>
<h3>Vous arrive-t-il de faire des cours normaux ?</h3>
<p>Si un inspecteur écoute, il faut lui dire que je leur fais aussi faire des disserts toutes les trois semaines ! Comme tous les profs, je fais les exercices académiques – en fait je fais surtout ça, mais j'en parle moins <a title="Le site compagnon de François Jourde" href="http://profjourde.wordpress.com/" target="_blank">sur mon blog</a>, évidemment. Pour jouer avec la forme, de toute façon, il faut les connaissances académiques.</p>
<h3>Vos différentes expérimentations seraient-elles transposables en France ?</h3>
<p>Je travaille pour <a title="Présentation du réseau d'écoles européennes" href="http://www.eursc.eu/index.php?id=2" target="_blank">un réseau d'écoles</a> qui scolarisent les enfants de fonctionnaires européens. C'est un environnement international avec un cursus bilingue, très intéressant. Les élèves sont assez connectés — mais pas beaucoup plus que dans la banlieue de Lille où je travaillais auparavant. Ce qui m'a vraiment fait avancer, c'est l'équipement des salles : au moins un ordinateur avec une connexion Internet, un vidéoprojecteur presque dans chaque salle (l'équipement de base, indispensable), et un bon équipement en tableaux numériques. C'est un établissement autonome où il est possible de tout faire changer rapidement, où l'on pourrait installer une plateforme comme Moodle en deux jours si nécessaire.</p>
<p>Je sais que certains collègues français jettent l'éponge car il leur est dur d'obtenir des accès sur les réseaux, etc... Certains font des choses géniales, mais ça leur coûte beaucoup plus d'énergie. Parfois des inspecteurs ont des épiphanies sur l'intérêt du numérique, mais il y a beaucoup de déperdition. Quand je suis allé <a title="Colloque International de l'Université à l'Ere du Numérique 2012" href="http://ciuen2012.org/" target="_blank">au CIUEN</a> à Lyon en avril, on m'a dit que j'avais de la chance : beaucoup de collègues souffrent d'être dans des ENT, des environnements de travail fermés où il est difficile de publier à l'extérieur. Moi, j'utilise ce que les élèves utilisent, je peux manipuler tous les outils existants pour les détourner à des fins pédagogiques.</p>
<p>J'ai aussi la chance d'enseigner dans les deux dernières années du secondaire : ce ne serait pas aussi évident au collège. Et dans les écoles européennes, le pro­gramme de phi­lo­so­phie est proche du pro­gramme fran­çais, mais il est étalé sur deux ans et l'épreuve du bac n'est qu'une partie de l'évaluation, grâce au poids du contrôle continu. En France c'est une matière anxiogène, qui ne facilite pas l'assimilation : les élèves bachotent et ne s'imprègnent pas.</p>
<p><!--encart--></p>
<h3>Avez-vous des suggestions d'activités qui ne nécessitent pas trop d'équipement ?</h3>
<p>Un truc tout bête qui marche vraiment bien, et qui n'est pas cher, si on dispose d'un projecteur : le clavier sans fil. Je m'en étais procuré un pour moi, puis je me suis vite rendu compte que c'était plus intéressant de passer le clavier aux élèves, pour qu'ils reprennent le cours. Le résultat est projeté et tous voient le document en train de se construire. Ça crée des interactions dans la classe car les élèves se corrigent entre eux. Le clavier tourne — et si je vois un élève qui n'écoute pas, ça lui tombe dessus ! Les élèves aiment bien, ça leur donne le souci de la bonne formulation, et ça me libère complètement du fardeau de l'écriture. Certains élèves vifs et habiles avec le clavier prennent à la volée tout ce que je dis, même les jeux de mots débiles ! D'autres vont plutôt se concentrer sur un bout d'argument, par exemple.</p>
<p>Il y a aussi la <a title="A quoi sert un visualiseur ou caméra documents ?" href="http://www.elmoglobal.com/fr/html/what/01.aspx" target="_blank">caméra de documents</a>. C'est une webcam de bonne qualité montée sur un bras très flexible, qui filme ce qu'il y a sur le bureau. Ca peut se bricoler. Elle permet de projeter directement une copie d'élève au tableau pour la corriger, si l'élève est d'accord (il est très rare qu'ils refusent, ils en sont plutôt demandeurs). Après avoir donné un exercice, je peux montrer quelques copies en direct, et corriger sur la feuille ou souligner des passages sur un tableau numérique... C'est un outil très flexible, qui n'a pas besoin de scénario pédagogique spécifique. J'aime ça. Ce n'est pas comme les zapettes [les <a title="Exemple d'utilisation et vidéo : Les boîtiers de réponses en mathématiques" href="http://www.creatice.ac-versailles.fr/spip.php?article133" target="_blank">boîtiers de réponse</a>, nldr], par exemple, qui nécessitent d'articuler la séquence pédagogique autour d'elles. C'est mieux quand l'outil s'adapte à votre cours, et pas l'inverse.</p>
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		<title>Peur d&#039;enseigner : &quot;j&#039;y ai été confronté comme tout le monde lorsque j&#039;ai débuté&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 04 May 2012 12:14:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Centofanti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Serge Boimare, psychopédagogue retraité, directeur pendant 20 ans du Centre Médico-Psychopédagogique (CMPP) Claude Bernard à Paris, vient de publier « La peur d’enseigner ». Ancien instituteur, aujourd’hui consultant auprès des écoles de Genève, il estime que de nombreux enseignants sont mal à l’aise devant leur classe. La solution ? Serge Boimare plaide pour une meilleure formation et une analyse régulière des pratiques pédagogiques. Entretien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/photo-boimare.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-526432" title="photo serge boimare" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/05/photo-boimare-300x225.jpg" alt="photo serge boimare" width="300" height="225" /></a>La « peur » d'enseigner est-elle un phénomène répandu ?</h3>
<p>Très répandu ! Généralement, elle est déclenchée par la résistance de certains élèves aux propositions pédagogiques des enseignants. Ensuite, cette peur, <a title="Les jeunes Profs ont peur d'aller en classe" href="http://www.vousnousils.fr/2012/05/02/les-jeunes-profs-revent-deja-de-la-retraite-526312" target="_blank">très visible chez les débutants</a>, se transforme chez les enseignants chevronnés en propositions particulières. Certains se mettent en position d'autorité excessive et ils sanctionnent. D'autres adoptent une démagogie relationnelle, en abaissant les contraintes. Dans les deux cas, une coupure se crée avec les élèves, alors qu'environ 15 à 20% d'entre eux ont besoin de renouer avec la pensée, la réflexion.</p>
<h3>Avez-vous été personnellement confronté à cette « peur » lorsque vous étiez instituteur ? Qui sont les enseignants les plus exposés ?</h3>
<p>J'y ai été confronté, comme tout le monde, lorsque j'ai débuté. Ce sont les enseignants les moins bien formés qui se retrouvent en situation délicate. Pour une simple raison : actuellement, il n'y a pas ou trop peu de travail d'équipe.</p>
<h3>Comment se traduit la peur d'enseigner ? Est-ce la boule au ventre avant de prendre la parole ou une angoisse plus profonde ?</h3>
<p>Il peut y avoir les deux. Et comme le métier d'enseignant repose sur la relation, dès que l'on n'est plus au maximum de ses performances, cela devient très compliqué de s'adresser au groupe. Cela provoque de la distance plutôt que de l'adhésion.</p>
<h3>Ce stress peut-il toutefois avoir des effets bénéfiques, comme le trac pour les comédiens ?</h3>
<p>Non, je ne crois pas que ce soit pareil. S'adresser à un groupe d'enfants nécessite de la tranquillité. Il faut être serein. Or un prof anxieux va souvent trop préparer ses fiches et sa leçon. Du coup, son cours sera trop formel et il n'y aura plus cette liberté créative.</p>
<h3>D'où vient cette peur ?</h3>
<p>La peur d'enseigner repose d'abord sur une rencontre délicate avec les élèves. Elle est générée par les élèves contestataires, mais aussi par ceux qui s'ennuient ou s'endorment en classe. Ces situations sont très difficiles à vivre, surtout pour un enseignant isolé.</p>
<h3>Quels sont les effets sur les élèves ?</h3>
<p>Lorsque les profs sont démunis, ils ne vont travailler qu'avec une minorité d'élèves. Les autres vont rester sur la touche. Cela crée des écoles qui dysfonctionnent, de l'échec scolaire et beaucoup d'élèves décrocheurs.</p>
<h3>Comment cela se soigne-t-il ?</h3>
<p>Cela passe par une meilleure formation des enseignants et par une formation spécifique à la dimension relationnelle. Il ne faut pas se contenter d'une formation technique, certes nécessaire mais qui ne suffit pas. Un prof a besoin de compétences relationnelles pour savoir gérer un conflit et conduire un groupe. Or ce n'est pas fait aujourd'hui, ou par saupoudrage. Il ne suffit pas de se parler ponctuellement dans les couloirs ou lors des conseils de classes, entre deux problèmes administratifs. En fait, on considère la dimension relationnelle du métier comme accessoire. On se dit encore trop souvent qu'un peu de charisme, cela suffit pour enseigner. Ce qui est une grossière erreur.</p>
<h3>Quels conseils donnez-vous aux enseignants pour combattre la peur d'enseigner ?</h3>
<p>La réponse pédagogique est essentielle. Le jour où l'on voudra régler la question de l'échec scolaire, il faudra utiliser une pédagogie qui entraîne les élèves à l'expression. C'est à dire en leur apprenant à parler et écrire, en donnant du sens au savoir. Cela passe par de la lecture à haute voix et des débats. Deux garde-fous protègent les profs : la culture, pour intéresser les élèves, et puis il faut que les enseignants aient un lieu réservé à la co-réflexion. Je préconise 1h30 chaque semaine pour échanger entre profs. Quand vous êtes face à une classe qui refuse de travailler, ce qui arrive très souvent au collège, prendre des notes sur la situation se révélera très bénéfique pour pouvoir ensuite en parler. En Suisse, des enseignants sont engagés dans cette réflexion et chacun partage ses propres stratégies. Résultat : ils se sentent soutenus par leurs collègues et ont plaisir à leur montrer ce qui fonctionne.</p>
<p><em><a title="La peur d'enseigner" href="http://www.dunod.com/sciences-sociales-humaines/action-sociale-et-medico-sociale/enfants-et-adolescents/la-peur-denseigner" target="_blank">La peur d'enseigner</a></em>, éditions Dunod, 176p, 14,50€.</p>
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		<title>Jean-Louis Auduc : il faut des campagnes télévisées pour recruter les enseignants</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Apr 2012 07:22:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Lors du congrès annuel de l’UNSA-Education (du 28 au 30 mars derniers), l’ancien directeur adjoint de l’IUFM de Créteil a tiré la sonnette d’alarme : l’enseignement français connaît une grave crise du recrutement. Spécialiste du sujet, Jean-Louis Auduc se dit prêt à mettre ses idées au service d’un futur gouvernement pour renverser la situation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>La crise du recrutement est-elle récente ?</h3>
<p>Oui. Il y a cinq ans, on comptait 120 000 inscrits pour 90 000 candidats au concours. L'année dernière, moins de la moitié des inscrits se sont présentés aux épreuves du Capes. 1439 postes n'ont pas été pourvus tout concours confondus. Cette année, j'ai la quasi certitude que ce nombre va plus que doubler. Ce phénomène est très lié à la mastérisation. On a rendu plus difficile l'accès au concours aux étudiants.</p>
<h3>Comment le réformeriez-vous pour le rendre plus accessible ?</h3>
<p>Je clarifierais le programme en dédiant une année à la préparation du concours et une au stage. Je trouve également que les épreuves sont trop successives. Elles testent d'abord la connaissance, puis les qualités pédagogiques des candidats. Lors des écrits, il faudrait soumettre aux candidats une copie d'élève afin qu'ils la diagnostiquent à partir d'un cours qu'ils ont préparé. Et puis j'avancerais la session d'examens de septembre à mai.</p>
<h3>Pourquoi ?</h3>
<p>Si l'on observe les chiffres lors des inscriptions au concours, en mai-juin, il n'y a pas de crise, l'enseignement attire toujours autant. Sauf qu'en septembre, les candidats croisent les admis de l'année précédente qui reviennent à l'université. Ils les effraient en leur disant « on nous a jetés dans la fosse aux lions, sans préparation ». Le meilleur moyen pour décourager les motivations, c'est le calendrier.</p>
<h3>Y a-t-il d'autres raisons pour expliquer cette démotivation?</h3>
<p>Il y a une conjonction de facteurs. Le métier est beaucoup plus difficile qu'auparavant. Sans oublier la hausse du niveau d'exigence du concours à Bac + 5, sans que les salaires ne suivent. Quitte à travailler deux ans de plus, les étudiants s'orientent vers un métier mieux valorisé. Enfin, aujourd'hui, il y a une non identification des préparations aux concours : les étudiants qui ne viennent pas de l'université ne savent pas quel cursus suivre pour préparer les épreuves. On a donc tous les ingrédients pour créer la plus grave crise de recrutement de notre époque.</p>
<h3>Que préconisez-vous pour susciter de nouvelles vocations ?</h3>
<p>Je propose un prérecrutement, notamment dans les académies déficitaires ainsi qu'une large campagne nationale pour dire aux gens : « l'enseignement est un métier qui recrute. » J'élargirais le vivier de recrutement en l'ouvrant aux BTS ou aux IUT. Il faut aller chercher les candidats à Bac+2 en leur disant : « L'Etat va vous prendre en charge pendant trois ans parce qu'on a besoin de vous ». Cela interpellerait les lycéens qui se diront : « au bout de deux ans d'études je peux me faire embaucher ». J'insisterais aussi sur<a title="Pour en connaître toutes les modalités" href="http://snalc.org/publications/guides/plp11.pdf" target="_blank"> le cycle préparatoire </a>au concours d'accès au corps des professeurs de lycée professionnel.</p>
<h3>Et quelles sont vos idées pour réformer la formation ?</h3>
<p>Mais il n'y a plus de formation ! Je rêve d'une structure à Bac+5, sur le modèle des écoles professionnelles françaises comme l'Ecole vétérinaire. Car enseigner est une profession avec ses spécificités. Le concours donnerait accès au master préparant au travail d'enseignant et non l'inverse. Les étudiants verraient clairement le métier auquel ils se destinent. Je ne veux pas recréer les IUFM, mais je suis favorable à des Ecoles de professeurs liées aux universités.</p>
<h3>Qu'en est-il d'une formation continue ?</h3>
<p>La formation initiale est un démarrage qui doit inciter à revenir. Je suis pour une obligation de formation, avec des objectifs précis. A commencer par des rendez-vous sur le modèle des <a title="Voir le site des Entretiens de Bichat" href="http://www.lesentretiensdebichat.com/" target="_blank">entretiens de Bichat</a>. Tous les cinq ans, il y aurait une semaine d'actualisation sur les évolutions du métier, avec présence obligatoire. Il faudrait également instaurer des mises à niveau obligatoires pour les enseignants qui changent de niveau ou de territoire. Comment voulez-vous travailler avec des élèves dont vous ne connaissez pas les repères ? Cela a créé des catastrophes par le passé.</p>
<h3>Trouvez-vous que l'enseignement occupe une place suffisamment importante dans la campagne présidentielle ?</h3>
<p>L'enjeu de l'éducation nationale reste très flou. Les candidats donnent l'impression de découvrir l'ampleur de la crise du recrutement. Nicolas Sarkozy se contente de proposer aux enseignants de travailler plus pour gagner plus. Il prend acte de la situation, certes, mais ses propositions risquent de l'aggraver. François Hollande est en train d'en prendre conscience, mais je voudrais que des mesures soient prises dès les mois de mai-juin, avec des campagnes télévisées de recrutement. Il faut envoyer un signal fort pour montrer qu'il s'en préoccupe.</p>
<p><em><strong>Béatrice Bochet</strong></em></p>
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		<title>The Voice : pour Jhony Maalouf, &quot;la science et la musique se complètent&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 20 Apr 2012 07:30:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Centofanti</dc:creator>
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		<category><![CDATA[biologie]]></category>
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		<description><![CDATA[Chercheur au CNRS de Lyon, Jhony Maalouf, 29 ans, fait partie des favoris de l’émission « The Voice : la plus belle voix », diffusée en prime time le samedi soir sur TF1. Candidat chouchou du public, pour sa voix et son statut de chercheur-chanteur atypique, Jhony Maalouf veut garder la tête froide mais n’exclut pas de tenter un jour une carrière de chanteur. Entretien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_525581" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a title="Cliquez pour voir l'image en taille réelle (nouvelle fenêtre)" href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/04/Jhony-Maalouf-de-The-Voice.jpg" target="_blank"><img class="size-medium wp-image-525581" title="Jhony Maalouf de The Voice" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/04/Jhony-Maalouf-de-The-Voice-300x200.jpg" alt="Jhony Maalouf candidat émission The Voice" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">Photo ©Phillippe Leroux / TF1</p></div>
<h3>Qu'est-ce qui vous a poussé à vous présenter à l'émission The Voice ?</h3>
<p>En fait, ce n'est pas vraiment une démarche personnelle. J'ai été contacté directement par l'équipe de casting de l'émission. C'était une demi surprise, car il y avait un lien : je pratique la musique depuis plusieurs années en parallèle de mon travail.</p>
<h3>Quand avez-vous commencé à chanter en public ?</h3>
<p>J'ai commencé très tôt, à l'église, au Liban. Je devais avoir huit ans la première fois et je chantais au sein d'une chorale. Ce n'est qu'à partir de 2004 que j'ai entamé une véritable démarche artistique, en France. J'ai d'abord chanté au sein d'un premier groupe, « Incase », et depuis 2005 avec <a title="Les musiques de Broadwave sur MySpace" href="http://www.myspace.com/broadwave" target="_blank">« Broadwave »</a> composé d'un groupe de potes.</p>
<h3>Comment passe-t-on des tubes à essai aux tubes musicaux ?</h3>
<p>J'aimerais bien faire des tubes musicaux ! Mais pour le moment, je n'en suis pas encore là. Blague à part, le lien s'est fait assez naturellement. Je suis chercheur contractuel, « postdoc » dans le jargon, au CNRS. C'est mon premier métier après mon doctorat en biochimie, obtenu il y a quatre ans. Et depuis le début de ma thèse, je fais de la musique un à deux jours par semaine. Après une journée de travail, je ressens le besoin d'enchaîner tout de suite avec mon groupe et on joue souvent jusqu'à minuit.</p>
<h3>Comment parvenez-vous à concilier vos deux passions ?</h3>
<p>Il n'y a rien d'antinomique, contrairement à ce qu'imaginent souvent les gens. D'ailleurs, dans l'unité où je travaille, il y a de nombreux artistes ! La science est une activité très réfléchie : on se demande pourquoi ça a fonctionné et, à l'inverse, pourquoi ça n'a pas marché. Avec la musique, on arrête de réfléchir mais comme dans la recherche il faut trouver sans cesse de nouvelles idées. Finalement, les deux mondes se complètent bien.</p>
<h3>Comment vivez-vous le fait de quitter l'univers confiné d'un laboratoire pour les lumières d'un plateau TV scruté par plusieurs millions de téléspectateurs ?</h3>
<p>Pour l'instant, je ne me rends pas compte de l'impact de l'émission. La semaine dernière, j'ai travaillé toute la semaine au labo, avec un emploi du temps aménagé pour pouvoir suivre les répétitions. J'essaye de continuer comme je peux les deux activités. C'est très enrichissant de rencontrer des artistes et cela se passe dans des conditions grandioses.</p>
<h3>Quel regard portent vos collègues de travail et votre supérieur hiérarchique sur votre ascension médiatique ?</h3>
<p>Nous sommes tout le temps en contact. Tous les membres du laboratoire sont derrière moi et mon chef m'encourage non stop. C'est plaisant mais j'ai besoin de recul car ce sont mes collègues qui me font prendre conscience de mon parcours. Quand je reviens au labo, j'enfile ma blouse et je conserve mes habitudes. Je reprends le domaine sur lequel je bosse depuis trois ans : la biologie cellulaire.</p>
<h3>Envisagez-vous d'arrêter un jour la recherche pour vous consacrer à la musique ?</h3>
<p>Je pense vraiment que si j'ai la chance de pouvoir faire de la musique à plein temps, j'essaierai. Ceci dit, même si je ne suis pas encore titulaire au CNRS, j'aime beaucoup mon métier et je ne veux pas tout abandonner du jour au lendemain. Néanmoins, la musique c'est formidable car on touche directement les gens. Et si l'occasion m'est donnée d'aller plus loin, je ne banaliserai pas cette opportunité.</p>
<h3>Comment abordez-vous le troisième « live » samedi 21 avril ?</h3>
<p>Deux des six « live » ont déjà eu lieu. Mais comme chaque « prime », il s'agit de l'étape ultime. C'est une immense responsabilité de se produire en direct devant tant de monde. Il faut donc vraiment faire les choses bien, en répétant sérieusement pour être capable d'assurer le show.</p>
<h3>Et si vous aviez carte blanche, avec quel artiste aimeriez-vous chanter en duo ?</h3>
<p>Si j'avais l'embarras du choix, je dirais Tori Amos. Avec elle au piano et moi au chant, ce serait vraiment le top !</p>
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		<title>Nicolas Mascret : &quot;Un bon prof fait progresser ses élèves&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 13 Apr 2012 07:54:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Centofanti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Soucieux de parler positivement de l’école, Nicolas Mascret, maître de conférences à l’IUFM d’Aix-Marseille, vient de publier « N’oublions pas les bons profs ». Un livre hommage à ces enseignants qui laissent un souvenir impérissable à leurs élèves. Entretien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/04/Nicolas-Mascret.jpeg" title="voir la photo en taille originale non recadrée"><img src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/04/Nicolas-Mascret-auteur-Noublions-pas-les-bons-profs-300x253.jpg" alt="Nicolas Mascret auteur de N&#039;oublions pas les bons profs" title="Nicolas Mascret auteur N&#039;oublions pas les bons profs" width="300" height="253" class="alignleft size-medium wp-image-525359" /></a>Un livre consacré aux « bons profs »<SUP>(1)</sup>, écrit par un prof, n'est-ce pas un peu corporatiste ?</h3>
<p>Ca pourrait l'être au premier abord mais ça ne l'est pas. J'ai essayé d'adopter une démarche de journaliste en interrogeant des enseignants, des élèves, mais aussi de nombreuses personnes croisées dans la rue, d'âges et de milieux socioprofessionnels différents afin d'obtenir un panel représentatif de la société. Mais je n'ai pas voulu trahir la réalité : je ne nie pas que l'école va mal et que la situation dans les établissements est souvent très difficile. Pour autant, il y a aussi des choses qui fonctionnent. Je reconnais plutôt un réflexe affectif que corporatiste, lié au fait que l'immense majorité des livres consacrés à l'école ne perçoit que son côté négatif.</p>
<h3>Pourquoi ce choix d'avoir aussi questionné des « stars » telles que Jean-Jacques Goldman, <a href="http://www.vousnousils.fr/2011/09/05/anne-roumanoff-j%E2%80%99adorais-contredire-les-profs-512281" target="_blank" title="Souvenirs d'école d'Anne Roumanoff : 'j'adorais contredire les profs !'">Anne Roumanoff</a> ou encore PPDA ? Qui vous a le plus touché ?</h3>
<p>J'ai contacté des personnalités pour deux raisons. D'une part, pour montrer que les profs touchent tout le monde. D'autre part, car j'estimais intéressant d'avoir leur regard sur l'école en fonction de leur spécialité. Je questionne notamment <a href="http://www.vousnousils.fr/2011/09/29/jack-lang-reconstruire-l%E2%80%99ecole-a-l%E2%80%99identique-serait-une-erreur-513824" target="_blank" title="Interview de Jack Lang, septembre 2011 : 'Reconduire l'école à l'identique serait une erreur !'">Jack Lang</a> sur son rapport avec les enseignants quand il était ministre, Axel Kahn sur l'empathie, PPDA sur la littérature... Chacun m'a marqué à sa manière : à l'évocation des souvenirs de bons profs, j'ai senti une réelle émotion dans la voix de tous. Mais si je devais n'en retenir qu'un, ce serait le pédopsychiatre Marcel Rufo qui insiste sur l'importance de l'enseignant dans la construction de l'enfant et de l'adolescent. Selon lui, le prof apporte à ses élèves « une trace de vie, une trace pour la vie ».</p>
<h3>Vous dites ne pas avoir voulu dresser le portrait robot de l'enseignant idéal. Néanmoins, à quoi reconnaît-on un bon prof ? Quelles sont ses qualités de base ?</h3>
<p>Ce qui est revenu très souvent dans les témoignages c'est le côté passionné et content d'être là. Ce qui ne veut pas dire qu'il faut être extraverti, mais simplement croire en son métier et dans la discipline enseignée. La principale difficulté c'est que chacun peut se construire un portrait robot différent du bon prof. Le côté sévère par exemple, parfois souligné comme une caractéristique du bon enseignant, ne ressort pas systématiquement. Pour certains élèves, c'est même le contraire. Il y a donc une forte part de subjectivité liée à la dimension affective qui existe. Résultat : on « accroche » avec certains profs et moins avec d'autres.</p>
<h3>N'y a-t-il pas un lien entre la matière enseignée et l'affection que l'on porte à l'enseignant ?</h3>
<p>Il peut y avoir un lien mais je pense que le bon enseignant est celui qui parvient à faire aimer sa matière. Par ailleurs, la quasi totalité des personnes interrogées ont mis en avant l'importance des apprentissages. Un bon prof fait progresser ses élèves dans sa matière. Il n'a pas besoin d'être un gourou ni un mentor, juste un accélérateur de croissance et un vecteur d'apprentissage.</p>
<p>Est-ce que le bon prof, c'est celui du film <em><a href="http://www.vousnousils.fr/2011/12/01/les-personnages-de-professeurs-dans-les-films-516171" target="_blank" title="'Le Cercle des poètes disparus' et d'autres films mettant en scène des enseignants">Le cercle des poètes disparus</a></em> qui donne plus une philosophie de la vie qu'un enseignement cadré ou, au contraire, celui qui ne se prend pas pour un génie mais qui s'arrange pour que ses élèves terminent l'année en ayant acquis les bases prévues au programme ?</p>
<p>Plutôt le deuxième profil ! <em>Le cercle des poètes disparus</em> a marqué plusieurs générations mais je crois qu'il n'y a pas besoin de monter sur les tables pour marquer les esprits. D'ailleurs dans le film, les réactions des élèves sont à juste titre très contrastées. En réalité, des exploits d'enseignants ont lieu tous les jours mais ils ne sont pas forcément spectaculaires. C'est sûrement pour cette raison que les médias parlent moins des réussites de l'école que des échecs.</p>
<h3>Les bons profs sont-ils rares ?</h3>
<p>Je ne pense pas. Plus précisément, ceux qui marquent une vie sont rares mais les bons profs ne le sont pas. Sans parler du plan salarial, le problème est qu'ils ne sont pas forcément reconnus et suffisamment mis en avant.</p>
<h3>Peut-on apprendre à devenir un bon enseignant ? Est-ce que cela passe par la formation ?</h3>
<p>Bien sûr, sinon je ne ferais pas ce métier ! Bien enseigner s'apprend mais il n'y a pas de recette miracle du bon prof, sinon ça se saurait. L'idée c'est plutôt de déceler les qualités du futur enseignant, afin qu'il puisse s'appuyer dessus et inventer sa façon à lui d'être un bon prof.</p>
<h3>Le 4 avril, l'Education nationale a rendu public <a href="http://www.vousnousils.fr/2012/04/05/indicateurs-de-resultats-des-lycees-la-progression-des-eleves-mieux-prise-en-compte-524925" target="_blank" title="Indicateurs de résultats des lycées : la progression des élèves mieux prise en compte">les « indicateurs de résultats des lycées »</a> qui pourraient être étendus au primaire et au collège. Les « meilleurs » établissements ont-ils davantage de bons profs ou de bons élèves que les autres ?</h3>
<p>Ils ont davantage de bons élèves ! Il y a de très bons profs partout. Mais il est plus facile de se considérer bon enseignant quand on a face à soi de bons élèves. Pour avoir travaillé pendant sept ans dans des établissements difficiles, je sais pourtant que de nombreux collègues font un travail fantastique malgré des conditions d'exercice chaotiques.</p>
<h3>Quel est l'enseignant qui vous laisse le meilleur souvenir ?</h3>
<p>Un prof que j'ai eu en classe de première. Il m'a marqué car il était passionné par le français. En tant qu'élèves, bons ou moins bons, nous sentions que nous comptions à ses yeux. Il se mettait à notre place pour mieux nous comprendre et nous permettre d'être efficaces. Surtout, il nous faisait confiance. Il m'a aidé à plusieurs niveaux, même si je n'étais pas un mauvais élève. Il m'a fait prendre confiance en moi et j'ai vécu une bonne année scolaire. Quinze ans plus tard, je l'ai contacté par le biais d'une connaissance commune. Au départ, je l'ai vouvoyé car pour moi il restait mon prof puis il m'a demandé de le tutoyer en me disant que maintenant nous étions collègues. Il se souvenait très bien de moi. Cela m'a fait très plaisir sans pour autant m'étonner. Cette qualité, de considérer ses élèves comme des individus à part entière et des personnes capables de progresser, est sans doute une autre caractéristique du bon prof.</p>
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		<title>Daniel Pennac : &quot;le questionnement me paralysait&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Apr 2012 09:15:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[VousNousIls poursuit sa série « souvenirs d’école » avec un maître ès cancrerie. L’ancien prof, et romancier à succès, n’a rien oublié de cette période racontée dans Chagrin d’Ecole. Quand Daniel Pennac évoque pour nous quelques anecdotes, toujours sensibles, il retrouve le visage malicieux de l’enfance.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.vousnousils.fr/2012/04/06/daniel-pennac-le-questionnement-me-paralysait-524948/daniel-pennac" rel="attachment wp-att-524956"><img class="alignleft size-medium wp-image-524956" title="Daniel Pennac" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/04/Daniel-Pennac-270x300.jpg" alt="" width="270" height="300" /></a>On a du mal aujourd'hui à voir en lui <a title="Voir le site de Gallimard sur Chagrin d'école" href="http://www.gallimard.fr/pennac-chagrindecole/" target="_blank">le dernier de la classe</a>(1), souffrant de dysorthographie, abonné aux commentaires acides des profs. Mais Daniel Pennac est, comme il le dit lui-même, « un cas d'espèce ». Né en 1944 à Casablanca, fils de militaire, Daniel Pennacchioni est en pension à partir du secondaire et se fait renvoyer de différents internats en Haute-Savoie. Il surnage tant bien que mal dans des cours privés, dont Michelet à Nice. Rien n'explique qu'il soit si nul dans toutes les matières ni que toute sa scolarité s'enlise avec une telle constance dans l'échec. Notes catastrophiques, heures passées à rabâcher des notions incompréhensibles, classes de première et de terminale redoublées... son ardoise a subi maintes ratures. « Le questionnement me paralysait, alors je répondais n'importe quoi. Le sens ne passait pas. J'étais littéralement bouché. C'est un enchaînement ensuite, une peur qui suscite très vite une honte insupportable. » Sur son bulletin, un commentaire l'épingle comme un « élève gai mais un triste élève ». De l'extérieur, le cancre paraît pourtant s'amuser. « J'étais bagarreur par nécessité stratégique. En réalité, la honte devient le ferment de la recherche d'une personnalité de substitution... ». Au dortoir, il s'illustre comme le champion du monde de polochon. Il n'a pas son pareil dans l'exercice du ballon prisonnier. Pour se venger des injustices, il « fait des coups en douce ». Et Daniel Pennac de rire en se remémorant le hareng saur attaché au pot d'échappement d'un prof d'anglais, ou les poules enfermées deux jours dans la chambre d'un surveillant qui l'avait privé de week-end en famille...</p>
<h3>« Tous les mauvais élèves sont des menteurs invétérés »</h3>
<p>Au moins fait-il preuve d'imagination pour se dépêtrer des problèmes. « Tous les mauvais élèves sont des menteurs invétérés. Et devant la profusion de mes inventions, Monsieur Prioult, un vieux prof à lavallière, m'a demandé de mettre à profit ce que je savais si bien faire en écrivant un roman à raison d'un chapitre par semaine ». Le jeune Pennac est en seconde et brode une sorte de transposition du <em>Marchand de Venise</em> tant aimé. En tout, quatre profs vont le tirer d'affaire. « Quatre sur neuf ans, à raison de six profs par an »... On fait le calcul.<!--encart--></p>
<p>Le second, prof de maths, Monsieur Bal pratique « un enseignement maïeutique ». Au début de l'année, il fait plancher ses élèves sur le chiffre 12 en indiquant que ce sera la note exacte qu'ils peuvent espérer avoir au bac. « Il faisait de nous des mathématiciens affamés de maths. » Le nul en maths aura bien 12 au bac. Le troisième, une prof d'Histoire au lycée Massena à Nice a une personnalité dynamique, « une charge énergétique ». « J'étais si reconnaissant que je lui ai écrit une longue lettre de remerciement à la fin de l'année. Quand elle m'a revu en septembre, elle m'a dit en souriant : l'intention était charmante, mais l'orthographe déplorable ». « Je me rappelle que le quatrième, prof de philo, me passionnait parce qu'il était de la tribu des sceptiques. Il nous a donné une dissert avec pour sujet "Le subconscient dans la vie quotidienne". Je lui ai rendu 54 pages et j'ai eu 19 avec pour appréciation « travail exhaustif », pas d'autre remarque, sauf en page 3 ou 4, un petit mot : « je vous fais confiance pour la suite ».</p>
<h3>« Le cancre renvoie au crabe qui marche de travers »</h3>
<p>Malgré ces quelques figures, Daniel Pennac n'a pas oublié la souffrance du cancre. « Le cancre à l'origine, c'est le crabe, c'est la même racine que le cancer, celui qui marche de travers par rapport à ceux qui suivent la droite ligne du cursus victorieux. Avec l'idée d'aggravation constante du mal. » Toute l'année, il ramène un 3/20 éternel avec la même mention « en progrès » dans son bulletin de notes. Dans une lettre à sa mère, il se dit écœuré, n'aimant pas les études car « pas assez intelligent et travailleur ». Il ajoute qu'il « attrape mal au crâne à rester enfermé » et ne comprend rien à ce qu'on lui dit. Son seul rêve aurait été qu'on le retire de l'école. Heureusement pour lui – et pour nous aujourd'hui — ses parents ont tout fait pour qu'il continue. Il passera licence et maitrise de lettres à la faculté de Nice, en « moins de temps » que pour passer son bac, décroché à 20 ans révolus. Puis, il obtient son premier poste dans un collège de Soissons. « Une fois prof moi-même, j'ai fait attention aux enfants qui avaient peur de passer pour des crétins. » Car Daniel Pennac sait trop bien ce qu'ils ressentent.</p>
<p><em><strong>Catherine Sauvat</strong></em></p>
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		<title>François Hollande : &quot;l&#039;école n&#039;est pas un coût mais un investissement !&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Mar 2012 08:42:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Centofanti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le cadre de la campagne présidentielle, VousNousIls.fr a sollicité les principaux candidats sur leur projet pour l’éducation. Cette semaine, c’est au tour de François Hollande, candidat du Parti Socialiste, de répondre à nos questions.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_524577" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://www.vousnousils.fr/2012/03/30/francois-hollande-lecole-nest-pas-un-cout-mais-un-investissement-524574/francois-hollande" rel="attachment wp-att-524577"><img class="size-full wp-image-524577 " title="François Hollande" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/03/François-Hollande.jpg" alt="François Hollande" width="300" height="200" /></a><p class="wp-caption-text">François Hollande ©Parti Socialiste</p></div>
<h3>Si vous accédez à l'Elysée le 6 mai 2012, quelles mesures prendrez-vous en priorité pour l'école ?</h3>
<p>La droite laisse une dette éducative particulièrement lourde et plusieurs chantiers devront être menés de front. Je ferai d'abord adopter un certain nombre de mesures d'urgence, dès mon élection, pour limiter autant que possible les fermetures de classe et d'écoles, et faire en sorte que la rentrée prochaine se passe dans les meilleures conditions. J'engagerai ensuite, dès l'été, une vaste concertation avec les enseignants, les parents, mais aussi le milieu associatif et les collectivités locales pour refonder entièrement notre école. L'heure n'est plus à une énième réforme sectorielle. Je veux proposer un projet éducatif global et cohérent, avec un seul objectif : la réussite à l'école pour tous et partout. La lutte contre l'échec scolaire sera donc ma grande priorité. Il faut traiter les difficultés à la racine, dès qu'elles apparaissent : les efforts seront concentrés sur l'école maternelle et primaire et sur les zones en difficulté.</p>
<h3>Vous avez dit récemment qu'il faudra « tout reprendre » en matière de politique éducative. Reconnaissez-vous néanmoins quelques réussites au gouvernement actuel ?</h3>
<p>Le bilan du gouvernement actuel en matière d'éducation est sans appel. Même la réforme du lycée, qui dans sa conception n'était pas inintéressante, a vu ses aspects positifs réduits à néant par la pénurie de moyens et les suppressions de postes. Nicolas Sarkozy a affaibli l'école moralement, humainement et matériellement car il a voulu y appliquer le modèle du marché. Les valeurs de l'école républicaine ont été attaquées en leur cœur. La laïcité a été mise à mal et le rôle des professeurs méprisé. Les différentes réformes — non remplacement d'un fonctionnaire sur deux, suppression de la formation des enseignants, <a title="notre article : Les enjeux de la carte scolaire" href="http://www.vousnousils.fr/2011/09/09/les-enjeux-de-la-carte-scolaire-512523" target="_blank">assouplissement de la carte scolaire</a>, <a title="notre article : « Rased : les postes amputés vont peser très lourd »" href="http://www.vousnousils.fr/2012/02/27/rased-les-postes-amputes-vont-peser-tres-lourd-522519" target="_blank">démantèlement des réseaux d'aide aux élèves en difficulté</a>... — se sont traduites par un effondrement des résultats des élèves français. Nous le voyons dans toutes les études indépendantes. Et comme toujours, ce sont les plus fragiles qui en ont été les premières victimes.</p>
<h3>Votre proposition de recréer 60 000 postes en cinq ans est très critiquée par vos adversaires. Est-il raisonnable, vu le contexte actuel, d'avancer une telle proposition ? Ne peut-on pas faire mieux avec les moyens existants ?</h3>
<p>Contrairement au gouvernement actuel, je ne considère pas l'école comme un coût, mais comme un investissement ! L'école d'aujourd'hui, c'est l'emploi et la croissance de demain, c'est aussi la condition de notre vivre ensemble. Cela mérite qu'on y consacre les moyens nécessaires. Il est bien sûr possible de mieux utiliser les moyens existants mais cela ne suffit pas. Pour améliorer les pédagogies, pour revoir les rythmes scolaires, pour lutter contre l'échec scolaire et permettre à chaque élève de réussir, des moyens supplémentaires sont nécessaires. D'autant que nous partons de très bas : la France a <a title="notre article : Classes surchargées, comment s'en sortir ?" href="http://www.vousnousils.fr/2012/01/30/classes-surchargees-comment-s%E2%80%99en-sortir-520821" target="_blank">le taux d'encadrement des élèves le plus faible</a> des 34 pays de l'OCDE.</p>
<h3>Que préconisez-vous en termes de rythmes scolaires à l'école ? Y a-t-il un problème ?</h3>
<p>La réforme des rythmes scolaires est essentielle. Les rythmes actuels ne respectent pas les rythmes biologiques et psychologiques de l'enfant. Ils sont source de fatigue, de stress, et donc d'échec. La généralisation de la semaine de quatre jours a aggravé tout cela. En primaire, nos enfants ne vont plus à l'école que 144 jours par an, contre environ 180 en Allemagne ou 190 au Royaume-Uni. A l'inverse, les journées de classe sont beaucoup plus longues et chargées que chez nos voisins. Je souhaite alléger ces journées et mieux répartir le temps scolaire. Cela passera inévitablement par le retour à la semaine de quatre jours et demi et par un allongement de l'année. Nous en parlerons bien entendu avec l'ensemble de la communauté éducative.</p>
<h3>La carte scolaire a été assouplie en 2007 à la demande de Nicolas Sarkozy. Reviendrez-vous en arrière ?</h3>
<p>Oui, car <a title="Carte scolaire : l'assouplissement de Sarkozy a creusé les inégalités entre établissements (brève du 30 mars 2012)" href="http://www.vousnousils.fr/2012/03/30/carte-scolaire-lassouplissement-de-sarkozy-a-creuse-les-inegalites-entre-etablissements-524575" target="_blank">les conséquences de cet assouplissement ont été néfastes</a> pour notre système éducatif : mise en concurrence des établissements pour attirer les meilleurs élèves, accroissement des inégalités et, en définitive, recul de la mixité sociale et scolaire. Or celle-ci est autant la garantie de la construction du vivre ensemble qu'un moyen d'augmenter le niveau général de nos élèves. Je reconnais toutefois que la carte scolaire telle qu'elle existait avant n'atteignait pas tous ses objectifs. Elle était même parfois contre-productive. Je proposerai donc la mise en place d'une sectorisation plus juste, fondée sur le critère de mixité scolaire, dans le cadre de secteurs aux périmètres élargis et établis en concertation avec les collectivités, en associant parents et établissements. Cette nouvelle sectorisation sera accompagnée par une politique volontariste d'éducation prioritaire car offrir une école de qualité à tous nos enfants, où qu'ils habitent, est la meilleure et la plus juste des manières de lutter contre l'évitement.</p>
<h3>Concrètement, comment comptez-vous lutter contre l'échec scolaire ?</h3>
<p>Nous nous attaquerons aux difficultés et aux inégalités là où elles naissent : à la maternelle et au début du primaire, et dans les quartiers populaires. Beaucoup des mesures que j'ai annoncées s'inscrivent dans cette idée : développement de la scolarisation des enfants de deux ans, mise en œuvre du principe « plus de maîtres que de classes » en cycle 2 (Grande Section, CP, CE1), rétablissement des RASED supprimés par le gouvernement, renforcement de l'éducation prioritaire, mise en place de dispositifs favorisant la stabilité des équipes pédagogiques dans les établissements sensibles, diversification des méthodes et des outils pédagogiques. La reconstruction d'une formation de qualité pour les enseignants et la révision des rythmes scolaires participeront aussi de cet objectif.</p>
<p>A ces mesures préventives viendront s'ajouter des mécanismes de « raccrochage » permettant aux jeunes sortis précocement du système éducatif de réintégrer un cursus structurant et formateur. Un service public de l'orientation profondément rénové aura ainsi l'obligation de proposer à chacun de ces jeunes une réponse adaptée à sa situation individuelle, qu'il s'agisse d'une formation, d'un apprentissage ou d'un service civique. Aucun d'eux ne devra être laissé sans solution.</p>
<h3>Et que proposez-vous pour améliorer la formation des enseignants ?</h3>
<p>Aujourd'hui, il ne s'agit plus de l'améliorer, mais de la reconstruire. Avec <a title="notre dossier : tout l'actualité de la masterisation de la formation des enseignants" href="http://www.vousnousils.fr/dossier/masterisation" target="_blank">la réforme de la masterisation</a>, 70% des nouveaux enseignants se retrouvent devant une classe sans aucun bagage pédagogique et sans jamais avoir rencontré un seul élève ! Or enseigner est l'un des métiers les plus beaux mais aussi les plus durs qui soient. Il ne s'improvise pas, il doit s'apprendre.</p>
<p>Je reconstruirai donc une formation des enseignants digne de ce nom en rétablissant l'année de stage et en créant, au sein des universités, des Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation. Ces Ecoles seront chargées de la formation professionnelle des enseignants, ainsi que de la relance et de la diffusion de la recherche pédagogique. Tous les professeurs, qu'ils se destinent à enseigner en maternelle ou à l'université, y partageront un moment de formation commun. Je souhaite également qu'il y ait un meilleur équilibre entre connaissances disciplinaires, didactique et pratique professionnelle. Les professeurs doivent être en mesure d'assurer l'ensemble des tâches qui font partie du métier d'enseignant : transmettre le savoir, mais aussi gérer une classe parfois difficile, accompagner individuellement les élèves, accueillir les enfants en situation de handicap, parler aux familles, travailler en équipe, utiliser le numérique. Je mettrai aussi l'accent sur la formation continue que l'on oublie trop souvent.</p>
<p>Nous ferons enfin en sorte de financer des études longues, avec <a title="François Hollande pour un pré-recrutement des enseignants à bac+3 (Fait du jour du 16/12/11)" href="http://www.vousnousils.fr/2011/12/16/francois-hollande-pour-un-pre-recrutement-des-enseignants-a-bac3-518420" target="_blank">une filière de pré-recrutements</a> de façon à orienter les vocations et à aider les jeunes à financer leurs études.</p>
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		<title>Nicolas Sarkozy : en éducation, &quot;la question centrale n&#039;est pas celle des moyens !&quot;</title>
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		<pubDate>Mon, 26 Mar 2012 13:59:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Centofanti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans le cadre de la campagne présidentielle, VousNousIls.fr a sollicité les principaux candidats sur leur projet pour l’éducation. Nicolas Sarkozy, président-candidat de l’UMP, répond à nos questions cette semaine.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<dl id="attachment_524298" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px;">
<dt class="wp-caption-dt"><a href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/03/Sarkozy.jpg"><img class="size-medium wp-image-524298" title="Nicolas Sarkozy" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/03/Sarkozy-300x200.jpg" alt="Nicolas Sarkozy" width="300" height="200" /></a></dt>
<dd class="wp-caption-dd">©DR</dd>
</dl>
<h3>De quelle(s) mesure(s) êtes-vous le plus satisfait en ce qui concerne la politique éducative menée depuis cinq ans ?</h3>
<p>La réforme de l'école primaire est sans doute notre acquis le plus incontestable. Déjà, le niveau des élèves s'améliore : en quelques années, le nombre d'élèves de CE1 en difficulté en français a baissé de 20%. C'est l'effet positif du retour aux fondamentaux dans les programmes de l'école primaire et de l'instauration de 2 heures d'<a title="Aide personnalisée en primaire, moyen de lutter contre la difficulté scolaire" href="http://www.vousnousils.fr/2009/03/27/aide-personnalisee-en-primaire-un-moyen-de-lutte-contre-la-difficulte-scolaire-233716" target="_blank">aide individualisée pour les élèves en difficulté</a>. Nous avons aussi décidé de nombreuses autres réformes qui ont été de vrais succès et dont je regrette que l'on ne parle pas davantage. Je pense notamment à la <a title="Un nouveau visage pour la voie professionnelle ?" href="http://www.vousnousils.fr/2011/10/21/un-nouveau-visage-pour-la-voie-professionnelle%c2%a0-515158" target="_blank">rénovation de la voie professionnelle</a> qui a permis de dépasser les 70% d'une génération diplômée du baccalauréat, ou à l'accompagnement éducatif tous les soirs après la classe pour les « orphelins de 16 heures », que je m'étais personnellement engagé à mettre en place, au cours de la <a title="Interview Nicolas Sarkozy présidentielle 2007" href="http://www.vousnousils.fr/2007/03/27/nicolas-sarkozy-legalite-des-chances-passe-par-un-traitement-differencie-des-eleves-238428" target="_blank">campagne présidentielle de 2007</a>.</p>
<h3>A l'inverse, reconnaissez-vous des échecs et comment les expliquez-vous ?</h3>
<p>Nous avons rendu le samedi matin aux familles : c'était une bonne décision, cela correspondait à une forte demande sociale. Mais nous aurions sûrement dû être plus attentifs à la façon dont les écoles s'organisaient : la plupart ont opté pour <a title="La semaine de 4 jours critiquée par les spécialistes" href="http://www.vousnousils.fr/2008/09/04/la-semaine-de-4-jours-critiquee-par-des-specialistes-des-rythmes-scolaires-234846" target="_blank">la semaine des 4 jours, qui n'est pas optimale pour les enfants</a>. Je crois qu'il aurait fallu que l'Etat encourage davantage la semaine de 4,5 jours et donc les cours le mercredi matin. Je m'engage à le faire, si les Français m'accordent à nouveau leur confiance.</p>
<h3><a title="Les enjeux de la carte scolaire" href="http://www.vousnousils.fr/2011/09/09/les-enjeux-de-la-carte-scolaire-512523" target="_blank">Assouplir la carte scolaire</a> faisait partie de vos priorités du mandat, afin de favoriser la mixité sociale. Plusieurs rapports ont montré que l'inverse s'est produit, spécialement en ZEP. Regrettez-vous cette réforme ?</h3>
<p>Je n'ai pas lu les mêmes rapports. Cette réforme a favorisé la mixité sociale dans les établissements les plus demandés, en accordant une priorité absolue pour les places vacantes aux élèves issus de milieux défavorisés et aux élèves handicapés, quand ils en faisaient la demande. La grande majorité des familles privilégient toutefois, lorsque l'établissement est de qualité, le critère de la proximité entre leur logement et l'école de leurs enfants, libérant de ce fait peu de places pour ceux qui souhaitaient changer de secteur. Cela nous oblige à être d'autant plus exigeant sur la qualité des enseignements dispensés dans les établissements accueillant des enfants plus défavorisés.</p>
<h3>Si vous êtes réélu, quelles mesures prioritaires prendrez-vous pour l'école ? Où se situe l'école dans l'échelle de vos priorités ?</h3>
<p>Mon premier mandat a été consacré à <a title="Wauquiez : plus personne ne critique l'autonomie des universités" href="http://www.vousnousils.fr/2012/01/06/laurent-wauquiez-plus-personne-ne-conteste-le-principe-de-l%e2%80%99autonomie-des-universites-519328" target="_blank">l'autonomie des universités</a>. Je veux maintenant faire de l'enseignement scolaire ma priorité. Mon projet pour l'école se décline autour de quelques mesures fortes. Je veux d'abord que les enseignants soient plus présents dans les établissements, au-delà des heures de cours, pour soutenir et accompagner les élèves. En contrepartie, ils disposeront de bureaux pour recevoir les élèves et leurs parents et seront mieux rémunérés. A l'école primaire, je poursuivrai le recentrage sur les fondamentaux et je développerai fortement la formation continue, pour faire de tous les professeurs des écoles des experts des savoirs fondamentaux.</p>
<p>Je propose d'en finir avec le collège actuel, qui exclut les élèves qui ne s'en sortent pas, et échoue à les « raccrocher » à des parcours de réussite. La transition entre le primaire et le collège est difficile pour de nombreux élèves. Pour cette raison, je propose que les élèves de 6ème et de 5ème soient mieux pris en charge, par des professeurs plus présents et moins nombreux. A partir de la 4ème, je refuse que l'école laisse tomber les élèves qui ont davantage d'intérêt et de talent pour les apprentissages plus techniques et concrets que pour les disciplines académiques. Il faut mettre fin à ce gâchis en permettant – dans le respect du socle commun – une orientation progressive et réversible vers la voie professionnelle, qui ne doit plus être une voie de relégation.</p>
<p>Il faudra également que l'éducation prépare mieux à l'« après-école ». L'objectif de l'enseignement scolaire ne doit pas seulement être de transmettre des savoirs et des connaissances. Il faut aussi être pragmatique : l'école doit également former des citoyens et préparer les élèves à la vie professionnelle. <a title="Bac pro : une 3e année exclusievement en entreprise" href="http://www.vousnousils.fr/2012/02/23/nicolas-sarkozy-en-bac-pro-une-troisieme-annee-exclusivement-en-entreprise-522335" target="_blank">La généralisation de l'alternance</a> en dernière année de lycée professionnel et de CAP est à ce titre emblématique de cette nouvelle orientation : les élèves, qui seront en entreprise la moitié de leur temps, s'inséreront plus facilement dans le monde professionnel.</p>
<h3>Croyez-vous que l'on puisse faire des économies sur l'école en <a title="Carte des suppressions de postes 2012" href="http://www.vousnousils.fr/2011/12/19/la-carte-des-suppressions-de-postes-pour-2012-518531" target="_blank">diminuant le nombre d'enseignants</a>, alors même que la France est l'un des pays qui affiche le plus faible taux d'encadrement des élèves parmi les pays de l'OCDE ?</h3>
<p>C'est faux. Il y a aujourd'hui environ 12 millions d'élèves pour près d'un million d'enseignants et de personnels de l'éducation nationale, soit un adulte pour douze élèves. Dans le primaire, nous comptons bien plus de maîtres que de classes : 375 000 professeurs des écoles pour 282 000 classes. Le problème de l'Education nationale française n'est pas un problème d'encadrement. Eu égard au taux d'encadrement de l'Education nationale, le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite était une bonne mesure dans le contexte de redressement des finances publiques. Cela ne m'empêche pas de considérer qu'au primaire, nous sommes arrivés au bout de l'exercice. Si je suis réélu, il n'y aura donc plus de suppressions de postes dans le premier degré.</p>
<p>Il faut inlassablement le répéter, la question centrale n'est pas celle des moyens, mais de leur bonne utilisation et de leur juste répartition. La dépense intérieure d'éducation représente 6% du produit intérieur brut, c'est plus que la moyenne de l'OCDE. Depuis 30 ans, la dépense par élève a augmenté de près de 80%. Pourtant, le niveau des élèves ne s'est pas amélioré. J'ajoute qu'une récente note de l'OCDE (datée de février 2012) démontre que la taille des classes n'est pas un facteur de réussite des élèves. Les systèmes éducatifs les plus performants sont ceux qui savent recruter les meilleurs enseignants, essentiellement en augmentant leur rémunération : c'est exactement ce que nous proposons !</p>
<h3>Comment espérer lutter contre l'échec scolaire alors que <a title="RASED : les postes supprimés vont peser lourd" href="http://www.vousnousils.fr/2012/02/27/rased-les-postes-amputes-vont-peser-tres-lourd-522519" target="_blank">2500 postes de RASED</a> (réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté) ont disparu depuis 2007 ?</h3>
<p>La difficulté scolaire a d'abord vocation à être prise en charge par le maître lui-même : dans le cadre de la réforme de l'école primaire, nous avons créé l'aide personnalisée, 2 heures par semaine, qui permet aux enseignants de traiter eux-mêmes, en prolongement de la classe, les difficultés d'apprentissage des élèves. C'est l'équivalent de 26 000 postes. Nous avons également créé un ensemble de réponses nouvelles à la difficulté scolaire. Nous avons mis en place l'accompagnement éducatif pour les « orphelins de 16 h » : des études dirigées qui permettent aux élèves de revenir sur leurs difficultés après la classe. Près de 200 000 écoliers en bénéficient. Des stages de remise à niveau en français et mathématiques pour les élèves de CM1 et CM2 sont également offerts pendant les vacances scolaires. Ils sont suivis par plus de 16% des élèves de CM1 et CM2.</p>
<p>Les RASED sont très utiles, mais n'ont plus besoin d'être aussi nombreux. Leur action a été recentrée sur la très grande difficulté scolaire, comportementale et psychologique, dont souffre une faible proportion d'élèves : il s'agit de distinguer ce qui relève des difficultés d'apprentissage qui peuvent et doivent être surmontées dans la classe, de la grande difficulté scolaire qui nécessite l'intervention complémentaire de personnels spécialisés. En parallèle, le gouvernement a souhaité renforcer le rôle des psychologues scolaires qui désormais devront avoir exercé en tant que professeur des écoles au préalable.</p>
<h3>Vous avez proposé de revaloriser de 500 euros net mensuels les enseignants du second degré : s'agit-il de faire 8 heures de cours supplémentaires ou des heures d'activités annexes ? Dans le second cas, comment ce nouveau service serait financé ?</h3>
<p>Il n'est pas question de <a title="Sarkozy propose aux enseignants de travailler plus pour une meilleure rémunération" href="http://www.vousnousils.fr/2012/01/06/voeux-de-nicolas-sarkozy-a-leducation-plus-de-presence-pour-une-meilleure-remuneration-519332" target="_blank">proposer aux enseignants 8 heures de cours en plus</a>. Repartons de l'intérêt des enfants : ces derniers, notamment au collège, ont besoin d'être encadrés par des adultes qui les connaissent, qui sont disponibles pour eux. C'est le sens de ma proposition sur les 26 heures de présence. Chaque établissement sera libre de répartir, selon les besoins du collège et l'intérêt des élèves, le temps de présence supplémentaire des enseignants : accompagnement des élèves, rencontres avec les parents etc. En moyenne, les professeurs feront 21 heures de cours et 5 heures occupées à d'autres activités. En contrepartie, les salaires seront augmentés de 500 euros net par mois.</p>
<h3>Que répondez-vous aux syndicats qui, à propos de cette annonce, parlent de « duperie » ?</h3>
<p>Je suis le seul à proposer enfin une véritable revalorisation du métier d'enseignant, qui se fonde sur une redéfinition des missions, dont tout le monde reconnaît, depuis des années, qu'elle est indispensable. Ce que je propose se fera sur la base du volontariat. Les enseignants qui ne sont pas intéressés seront libres de refuser. On verra bien si tout le monde considère que c'est une duperie, par les temps qui courent, d'augmenter de 500 euros nets une profession.</p>
<h3>Quels sont vos projets pour l'avenir des universités qui, devenues autonomes, sont <a title="Universités en difficultés financières" href="http://www.vousnousils.fr/2011/11/03/universites-l%e2%80%99etat-doit-respecter-ses-engagements-515944" target="_blank">bien souvent confrontées à de sérieux problèmes financiers</a> ?</h3>
<p>L'enseignement supérieur français a connu depuis 2007 les investissements les plus massifs de son histoire. Il a vu ses moyens augmenter de 9 milliards d'euros sur la période. Le budget des universités a augmenté en moyenne de 25%, de 50% pour certaines d'entre elles. Les investissements d'avenir consacrent 22 milliards à la recherche. Et avec l'opération Campus, ce sont 5 milliards d'euros que nous avons investis pour moderniser nos campus. A titre de comparaison, dans des pays comme l'Espagne, les budgets des universités ont diminué de 15 %. En 2010, globalement, l'exécution des budgets des universités a permis de dégager un excédent de 99 millions d'euros. Cette année, les chiffres – qui ne sont encore stabilisés – devraient être encore meilleurs. En réalité, sur les 150 établissements d'enseignement supérieur de notre pays, seuls sept ont présenté successivement des budgets en déficit. C'est l'arbre qui cache la forêt d'une réussite incontestable !</p>
<h3>Luc Ferry, ancien ministre de l'Education, et surtout <a title="L'ex conseiller éducation de Sarkozy votera Hollande" href="http://www.vousnousils.fr/2012/02/21/presidentielle-lex-conseiller-education-de-sarkozy-votera-hollande-522212" target="_blank">Dominique Antoine, ancien conseiller éducation à l'Elysée</a> de 2007 à 2009, critiquent ouvertement votre bilan. Que pensez-vous de ces critiques ?</h3>
<p>Je me concentre sur ce qui intéresse vraiment les Français : l'avenir.</p>
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