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	<title>VousNousIls &#187; En pratique</title>
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		<title>Classes surchargées : comment s&#039;en sortir</title>
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		<pubDate>Mon, 30 Jan 2012 11:29:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Centofanti</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les 14.000 suppressions de postes annoncées à la rentrée 2012 dans l’Education nationale, selon la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, laissent augurer plus de classes surchargées. Plusieurs enseignants confient leurs craintes et leurs astuces.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L'augmentation du nombre d'élèves par classe pose des difficultés croissantes aux enseignants. Ce constat, <a title="DES ÉLÈVES TROP NOMBREUX PAR CLASSE  ET UN TAUX D'ENCADREMENT MÉDIOCRE (rapport commission des finances du Sénat - 17 novembre 2011)" href="http://www.senat.fr/rap/l11-107-313/l11-107-3136.html#toc67" target="_blank">dressé par la commission des finances du Sénat</a>, fait écho au taux d'encadrement inférieur en France à la moyenne des Etats de l'OCDE (lire encadré). Dans ce contexte, l'annonce de <a title="La carte des suppressions de postes pour 2012 (fait du jour du 19/12)" href="http://www.vousnousils.fr/2011/12/19/la-carte-des-suppressions-de-postes-pour-2012-518531" target="_blank">14.000 nouvelles suppressions de postes</a> à la rentrée 2012 suscite des craintes. <em>« L'alourdissement des charges se paie nécessairement »</em>, indique Anne-Marie Chartier, maître de conférences à l'Institut national de recherche pédagogique (INRP). <em>« Les travaux de l'économiste Thomas Picketty ont montré <a title="L'impact de la taille des classes sur la réussite scolaire dans les écoles, collèges et lycées français" href="http://www.education.gouv.fr/cid3865/l-impact-de-la-taille-des-classes-sur-la-reussite-scolaire-dans-les-ecoles-colleges-et-lycees-francais.html" target="_blank">qu'un élève de moins par classe</a> améliore les résultats moyens. Les variables locales comptent toutefois pour les conditions d'enseignement : deux élèves de plus ne pèsent pas de la même façon si l'on dispose d'une classe spacieuse et bien aménagée, si on est en maternelle plutôt qu'au collège, s'il s'agit d'élèves dociles plutôt que turbulents, ou d'un groupe bien scolarisé plutôt qu'en difficulté. On comprend donc que les enseignants, particulièrement les débutants, soient inquiets. »</em></p>
<p><!--encart--></p>
<h3>« 32 élèves en maternelle, un enfer »</h3>
<p>Charly, jeune enseignant d'histoire-géographie dans un collège-lycée en Normandie, le confirme : <em>« Au-delà de 28 élèves, cela devient compliqué, sauf dans une classe avec un bon niveau. Cela demande beaucoup plus d'énergie et d'autorité car il est de moins en moins évident de passionner les élèves. »</em><br />
Célia, professeur des écoles en région parisienne, estime que l'idéal au primaire serait des classes de 24 élèves maximum. <em>« En maternelle, une classe surchargée de 28, 30, voire 32 élèves est un enfer ! A cet âge, une grande place doit être laissée au jeu, à la manipulation. Pas facile avec 30 enfants de 3, 4 et 5 ans, avec seulement deux adultes et des salles de taille moyenne. On est obligé de leur demander une plus grande attention, de rester assis longtemps. C'est très compliqué. »</em><br />
L'enseignement d'une langue étrangère, qui doit intervenir depuis 2008 <a title="B.O. hors-série n° 8 du 30 août 2007 - Programmes de langues étrangères pour l'école primaire - Préambule commun (format PDF)" href="http://ww2.ac-poitiers.fr/ia79-pedagogie/IMG/pdf/Preambule_hs_no8_30_aout_07.pdf" target="_blank">à partir du CE1</a>, est rendu aussi plus laborieux dans de telles conditions : <em>« Au mieux, lors d'une séance de langue à 30 élèves, chacun ne prend qu'une fois la parole »</em>, souligne Célia. Autant dire le strict minimum pour l'apprentissage d'une langue vivante.</p>
<h3>« Eviter tout perfectionnisme »</h3>
<p>En cas de classe surchargée, les enseignants doivent donc composer et s'adapter. <em>« Plus une classe est nombreuse, plus les règles de vie doivent être formalisées pour les prises de parole, les déplacements, la tolérance aux “bavardages”... Dans un groupe plus restreint, il est possible d'avoir plus de flexibilité »</em>, explique Anne-Marie Chartier. <em>« Ceci ne signifie pas pour autant que la seule issue soit une pédagogie frontale totalement centrée sur les échanges maître-élèves : les classes coopératives (pédagogie Freinet), qui font un suivi très individualisé de chaque élève, peuvent fonctionner avec des effectifs nombreux, mais cette pédagogie n'est évidemment pas à la portée de débutants. Comme toutes les pédagogies complexes, elle demande de l'expérience, une formation auprès de collègues expérimentés, des stages, etc. »</em><br />
Pour Charly, enseignant dans le secondaire, <em>« il faut du recul, ne pas prendre les choses de façon trop personnelle et éviter le perfectionnisme ! Il est évident que l'on ne prépare pas une séquence pour 34 élèves comme pour 20 élèves. Il faut adapter, prévoir des objectifs raisonnables, utiliser les outils tels que le tableau numérique... »</em></p>
<h3>« Mieux vaut être bon élève ! »</h3>
<p>Au primaire, Célia estime nécessaire d'établir des règles de classe très strictes dès le début de l'année : <em>« Il ne faut rien laisser passer et reprendre chaque enfant qui n'applique pas les règles, au niveau des déplacements dans la classe, comment s'occuper lorsque l'on a fini un travail avant les autres, comment demander la parole... »</em> Autre astuce : <em>« mettre les élèves en difficulté vers l'avant afin de voir plus rapidement s'ils sont "perdus" et leur venir en aide »</em>.<br />
Car, selon l'enseignante, ce sont les élèves le plus en difficulté qui pâtissent les premiers d'effectifs trop importants. <em>« Dans une classe surchargée, il vaut mieux être bon élève ! Un élève en difficultés a plus de risque de couler car l'enseignant, débordé, ne pourra pas toujours lui consacrer assez de temps... »</em><br />
Reste alors l'APE (aide personnalisée aux élèves), qui laisse une chance à ceux qui sont à la peine d'avoir une aide par petit groupe. Problème : l'APE a souvent lieu le midi, en plus des heures normales. Avec le risque d'asphyxier encore un peu plus les élèves les plus exposés à l'échec scolaire.</p>
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		<title>Dr Serog : &quot;la fatigue hivernale n&#039;est pas une vue de l&#039;esprit&quot;</title>
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		<pubDate>Mon, 23 Jan 2012 10:55:48 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Stress, rhumes, déprime… Il est fréquent de se sentir très fatigué en hiver. Comment garder le moral et rester zen devant ses élèves ? Le Dr Patrick Serog, médecin nutritionniste, explique comment se protéger de la fatigue hivernale.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/2012/01/23/dr-serog-la-fatigue-hivernale-n%e2%80%99est-pas-une-vue-de-l%e2%80%99esprit-520363/serog-dsc9885" rel="attachment wp-att-520368"><img class="alignleft size-medium wp-image-520368" title="Docteur Serog" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/01/SEROG-DSC9885-e1327316283464-183x300.jpg" alt="Docteur Serog" width="183" height="300" /></a>La fatigue hivernale est-elle une "idée" ou une réalité ?</h3>
<p>Ce n'est pas une vue de l'esprit, il s'agit de vrais états de fatigue. A cette période de l'année, il y a de nombreux virus dans l'air, surtout lors des périodes de redoux. Et à chaque fois qu'il se sent attaqué, le système immunitaire réagit en fabriquant des anticorps, ce qui nécessite de l'énergie et génère de la fatigue.</p>
<h3>Quelles sont les autres causes et facteurs déclencheurs ?</h3>
<p>L'alimentation joue tout particulièrement. Il faut donc veiller à ce qu'elle soit riche en antioxydants, ce qui passe par la consommation de légumes et de fruits de couleurs différentes. Le sommeil est un autre paramètre important : il faut qu'il soit le plus régulier possible. En ville, les habitants dorment en général moins bien, l'environnement est plus stressant : il y a plus de bruits et de contraintes sociales et professionnelles. Chez certaines personnes, la lumière peut aussi avoir une influence, surtout chez celles qui ont besoin d'une luminosité constante. La survenue de petites dépressions peut être un signe d'un manque de lumière.</p>
<h3>Concrètement, quels sont les moyens les plus efficaces pour lutter contre la fatigue hivernale ?</h3>
<p>Tout est lié : il faut à la fois veiller à son alimentation, ne pas se coucher trop tard et si l'on a du mal à s'endormir, je conseille d'effectuer des exercices de respiration ou d'écouter des musiques qui endorment. En cas d'atmosphère trop sèche dans la chambre, l'utilisation d'un vaporisateur d'eau permet d'éviter d'avoir les muqueuses irritées et cela favorise le sommeil. Bien qu'il fasse souvent froid l'hiver et nuit plus tôt, il faut aussi continuer à pratiquer une activité physique régulière. Le mouvement aide à la défense de l'organisme.</p>
<h3>Les vitamines et probiotiques, volontiers vantés par la publicité, peuvent-ils aider ?</h3>
<p>Ce sont deux choses différentes. Certaines études montrent que l'utilisation de probiotiques (ndlr : des micro-organismes vivants), spécialement dans le lait des nourrissons, a pour effet de réduire les risques d'infection. En revanche, chez les adultes, on ne sait pas très bien. En ce qui concerne les vitamines, aucune certitude non plus sur leurs effets. Il peut y avoir des déficiences mais il n'y a pas de grande carence dans la population, même chez les gens qui ont une alimentation très segmentée.</p>
<h3>Le stress joue-t-il un rôle? Que conseillez-vous aux enseignants qui y sont exposés ?</h3>
<p>Les enseignants doivent anticiper le point de rupture. Il faut essayer de ne pas y arriver car une fois la limite franchie, la reconstruction est plus longue, plus difficile et plus chère. L'important est de réaliser un travail d'introspection pour se demander quel mécanisme a fait que la situation s'est détériorée. Le plus souvent, l'attitude des élèves ou d'un proviseur n'est pas le vrai point de départ. Le fait d'identifier des problèmes personnels et d'en parler, une maladie chronique ou un souci avec son conjoint par exemple, permet en général de retrouver son équilibre.</p>
<h3>Quand faut-il se préoccuper d'un état de fatigue et consulter ?</h3>
<p>A partir du moment où l'on se sent très fatigué en se levant le matin. Ou lorsque l'on pique du nez au travail dans la journée et que sa capacité de concentration diminue. Dans ce cas, même boire du café ne suffit pas car le coup de fouet est très éphémère. Il faut consulter car il peut très bien ne s'agir que d'une carence en fer.</p>
<p><em><strong>Charles Centofanti</strong></em></p>
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		<title>Initiative pédagogique : les cours de soutien en classe virtuelle</title>
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		<pubDate>Thu, 19 Jan 2012 08:57:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Elsa Doladille</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Eric Guiraut, professeur d'économie-gestion en STG, a organisé des séances de révision dans le monde virtuel Assemblive, un environnement 3D en ligne similaire à Second Life. Il revient pour Vousnousils sur cette expérimentation.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_520095" class="wp-caption alignleft" style="width: 632px"><a href="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/01/classevirtuelledconomiedroitlycedu15avril-100415101527-phpapp02-slide-6-768.jpg"><img class="size-full wp-image-520095" title="Cours de soutien en classe virtuelle" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/01/classevirtuelledconomiedroitlycedu15avril-100415101527-phpapp02-slide-6-768.jpg" alt="Cours de soutien en classe virtuelle" width="622" height="279" /></a><p class="wp-caption-text">Eric Guiraut / guiraut.wordpress.com</p></div>
<h3>Pouvez-vous présenter brièvement votre projet ainsi que les classes concernées par celui-ci ?</h3>
<p>Il s'agit de la mise en œuvre de séances (individuelles ou collectives) de révision pour le baccalauréat STG au sein d'une classe virtuelle, dans la continuité de l'utilisation d'un <a title="Eric Guiraut" href="http://guiraut.wordpress.com/" target="_blank">blog pédagogique</a> durant l'année.</p>
<p>Le choix de l'environnement s'est porté sur l'application Assemblive car celle-ci est simple d'utilisation pour le professeur (créateur et gestionnaire de la classe) et les élèves.</p>
<p>Avant d'effectuer des séances de révision, des séances de prise en main “technique” ont été organisées. Cela avait pour but d'apprendre à gérer les déplacements mais surtout la communication au sein de la classe virtuelle : communication écrite à l'aide du "tchat", et surtout orale (gestion de la prise de parole, réglage des micros et haut-parleurs...)<br />
<!--encart--></p>
<h3>Comment vous est venue l'idée d'intégrer les mondes virtuels à vos pratiques pédagogiques ?</h3>
<p>L'idée vient du fait que les élèves peuvent être assez éloignés du lycée, ce qui rend la mise en œuvre de séances de révision très difficile. Une séance de révision d'une heure peut en mener certains à utiliser une demi-journée de leur temps de révision. La mise en œuvre de plusieurs séances apparaît alors complètement impossible. Ceci est d'autant plus vrai pour les révisions au second groupe d'épreuves, qui sont très courtes (1 ou 2 jours).</p>
<p>De plus, une séance de révision “en classe” oblige l'élève à assister à la totalité de la séance prévue même si tous les éléments abordés ne lui semblent pas utiles.</p>
<h3>Les élèves ont-ils adhéré au concept ? Pour quelles raisons ?</h3>
<p>Si, à priori, un certain nombre d'élèves semblaient intéressés pour utiliser cet outil, peu voire très peu sont réellement venus participer aux séances de révision.</p>
<p>Les résultats peuvent donc être considérés comme décevants, les élèves n'ayant pas adhéré à ce type de travail distant.</p>
<p>Il est utile de chercher s'il y a eu des freins, que l'on pourrait qualifier de techniques, à l'utilisation de la classe virtuelle, puis s'interroger sur des freins pédagogiques.</p>
<p>Les difficultés techniques semblent assez importantes. Les élèves de STG relèvent le plus souvent de catégories sociales peu favorisées, et même s'ils disposent quasiment tous d'un ordinateur et d'une connexion wifi, ils sont peu à disposer d'un matériel et d'une connexion internet suffisants.</p>
<p>Deux questions d'ordre pédagogique peuvent également être posées dans le cadre de l'analyse des résultats :</p>
<p><em>Les élèves ont-ils la sensation d'être comme en cours ?</em></p>
<p>Il apparaît que, pour ceux qui sont venus aux différentes séances, ce soit plutôt le contraire : une participante indique dans un commentaire que, justement, elle ne se sent pas comme en classe, pouvant quitter librement la salle virtuelle si le sujet abordé ne l'intéressait pas.</p>
<p>Malheureusement, il n'a pas été possible d'identifier si cette hypothèse explique le fait que très peu d'élèves soient venus dans la classe virtuelle, les élèves évoquant plutôt ne pas y avoir pensé.</p>
<p><em>Les élèves ont-ils des difficultés à travailler hors de la classe ?</em></p>
<p>Les élèves de la série STG sont des élèves qui ont des difficultés dans le travail hors de la classe, en particulier lorsqu'il n'est pas noté : manque de motivation, mauvaises conditions de travail, difficultés à comprendre seul le travail demandé...</p>
<h3>Avez-vous reçu des critiques de la part de vos collègues ? des parents d'élèves ?</h3>
<p>Je n'ai eu aucune critique sur cet essai de travail à distance avec les mondes virtuels... au contraire, on essaie avec une collègue de communication de monter des séquences avec les élèves autour de ce nouvel outil mais nous sommes pour l'instant bloqués par les difficultés techniques quant à l'utilisation en classe.</p>
<h3>Pensez-vous reprendre plus tard cette expérimentation ? Comment ?</h3>
<p>Je n'abandonne pas l'idée de travailler avec les mondes virtuels avec les élèves, mais j'attends qu'ils soient utilisables en classe afin de leur en montrer le fonctionnement et l'intérêt pour des séances de travail à distance. Pour faire comprendre aux élèves l'intérêt de travailler avec le web 2.0, j'utilise d'autres outils.</p>
<h3>Quels sont ces autres outils ?</h3>
<p>Comme je l'ai signalé auparavant, j'utilise un blog comme support de travail avec les élèves. Il me permet principalement de travailler en classe autour de sources présentes sur Internet, de mettre à disposition des données complémentaires aux cours et surtout de leur faire rédiger des articles sur des thèmes d'actualité dans les domaines de l'économie, du droit et du management des entreprises.</p>
<p>De plus, j'ai cette année développé un travail avec l'application Google documents qui me permet de mieux faire travailler les élèves en groupe, de suivre à distance leurs travaux et de pouvoir commenter et corriger leur travail sans attendre qu'il soit fini. Il s'agit ici de réaliser un suivi du travail des élèves plus facile qu'avec un devoir "sur papier". Les élèves adhèrent assez à cette nouvelle façon de travailler, ce qui me rend optimiste sur une possibilité, à l'avenir, de relancer le travail dans les mondes virtuels.</p>
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		<title>&quot;La médiation par les pairs : des élèves capables de dépasser leurs conflits&quot;</title>
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		<pubDate>Mon, 16 Jan 2012 10:33:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Depuis sa création en 1993, Génération Médiateurs intervient dans les établissements pour permettre aux élèves de désamorcer les conflits. La médiation par les pairs s’affiche comme un remède à la violence scolaire mais reste peu utilisée en France. Pour Nicole Hoerner, enseignante retraitée et formatrice au sein de l’association, les suppressions de poste dans l’Education nationale constituent l’un des principaux freins.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/2012/01/16/la-mediation-par-les-pairs-des-eleves-capables-de-depasser-leurs-conflits-519915/nicole-hoerner" rel="attachment wp-att-519916"><img class="alignleft size-medium wp-image-519916" title="Nicole Hoerner" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/01/Nicole-Hoerner-300x225.jpg" alt="Nicole Hoerner" width="300" height="225" /></a>A quoi sert <a href="http://www.gemediat.org/" target="_blank">Génération Médiateurs </a>?</h3>
<p>Nous formons les élèves à la médiation par les pairs. Nous pensons que les enfants et adolescents peuvent régler entre eux la plupart des conflits. Dans chaque établissement il existe un règlement intérieur, chacun doit s'y conformer et, le cas échéant, être sanctionné. Cependant, face à de nombreux problèmes du quotidien, les adultes ont tendance à dire "ce n'est rien, débrouille toi". Notre rôle est de fournir aux élèves des compétences psychosociales, en leur apprenant à mieux se comprendre, s'estimer et se respecter.</p>
<h3>Comment intervenez-vous concrètement ?</h3>
<p>Nous formons les adultes (enseignants, CPE, personnel administratif et de service, infirmiers scolaires...) au cours d'un stage de 21 heures. Il s'agit de leur transmettre des exercices qu'ils pourront ensuite faire vivre à tous les élèves inscrits dans des ateliers de "Gestion positive des conflits" dans un premier temps, puis aux élèves volontaires pour devenir médiateurs. Nos outils évoluent : en ce moment, le harcèlement moral et les rumeurs sur internet sont au centre de notre réflexion. Cela ne peut fonctionner que s'il s'agit d'un projet d'établissement, avec plusieurs enseignants motivés.</p>
<h3>Dans combien d'établissements êtes-vous présent et avec quels résultats ?</h3>
<p>Des milliers de jeunes ont été formés. Depuis la rentrée scolaire, nous sommes intervenus dans une trentaine d'établissements, privés et publics, surtout au primaire et au collège. Mais dans la pratique, bien que la gestion des conflits figure dans la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'École de 2005, nous nous heurtons aux suppressions de postes et au manque de moyens : les chefs d'établissement s'arrachent les cheveux lorsqu'ils cherchent des créneaux pour mettre en place les ateliers. Notre action permet pourtant d'améliorer l'ambiance au sein des classes.</p>
<p>Par ailleurs, les collégiens hésitent souvent à avoir recours à la médiation car ce n'est pas dans la culture de la société ni de l'adolescent. Je constate toutefois que les anciens "médiés" veulent devenir médiateurs et les anciens médiateurs nous disent avoir gagné en confiance et en maturité.</p>
<h3>N'existe-t-il pas un risque pour les médiateurs d'être considérés comme les "balances" et d'empiéter sur le rôle des délégués de classe ?</h3>
<p>Dans les ateliers, étape préliminaire à la mise en place de médiateurs, nous travaillons sur cette idée reçue ! Le but de la médiation entre élèves est d'éviter qu'un conflit ne dégénère ou que des élèves sanctionnés ne restent sur un sentiment de revanche.</p>
<p>En général, deux élèves médiateurs invitent les élèves en conflit — par exemple, le "harceleur" et le "harcelé"- dans une salle au moment de la récréation, où ils garantissent en plus du respect de chacun, la confidentialité de l'échange. Ils vont alors faciliter la parole et rechercher, avec leurs mots, une solution gagnant-gagnant. Ce type de médiation règle les conflits sur lesquels les adultes n'ont pas de prise. A l'école, les jalousies, les insultes et les rumeurs sont nombreuses sur les blogs et les téléphones portables. Et face à une situation de mal-être, les parents, le CPE ou le professeur peuvent se sentir démunis. Comme le souligne <a href="http://www.vousnousils.fr/2011/03/18/eric-debarbieux-%c2%ab%c2%a0pour-une-prevention-precoce-du-harcelement-il-faut-d%e2%80%99abord-reconnaitre-ce-phenomene-%c2%bb-502799">Eric Debarbieux </a>(spécialiste de la violence scolaire) dans son rapport sur le harcèlement à l'école, la médiation par les pairs peut être une des solutions. La grande différence avec les délégués de classe, c'est que les médiateurs ne servent pas de relais entre les élèves, les enseignants et l'administration ! Il y a toujours un référent adulte et, dans l'idéal, une équipe par établissement qui accompagne et soutient les élèves médiateurs dans leur pratique. En France, l'initiative commence à faire son chemin, alors qu'elle est habituelle au Canada et dans les pays anglo-saxons.</p>
<p><em><strong>Charles Centofanti</strong></em></p>
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		<title>&quot;Tout va trop vite pour une majorité des élèves&quot;</title>
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		<pubDate>Mon, 09 Jan 2012 09:59:49 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[De plus en plus d’écoliers en difficulté, noyés par des programmes scolaires toujours plus denses, des évaluations imposées toujours plus tôt… Dans son documentaire "L’Ecole à bout de souffle", diffusé mardi 10 janvier à 20h35 sur France 5, la journaliste Marina Julienne met en évidence les lacunes du système éducatif français et, à l’inverse, les atouts de l’école finlandaise. Entretien.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/2012/01/09/tout-va-trop-vite-pour-une-majorite-des-eleves-519498/marina2695" rel="attachment wp-att-519500"><img class="alignleft size-medium wp-image-519500" title="Marina Julienne" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2012/01/marina2695-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>Pourquoi avoir réalisé <a href="http://www.france5.fr/et-vous/France-5-et-vous/Les-programmes/LE-MAG-N-2-2012/articles/p-14908-L-Ecole-a-bout-de-souffle.htm" target="_blank">un documentaire sur l'école primaire </a>?</h3>
<p>Mes trois enfants sont allés dans la même école et, en l'espace de 10 ans, j'ai perçu un changement, surtout en maternelle. Les élèves y sont évalués de plus en plus tôt, ils ont moins de temps pour jouer et s'éveiller. J'ai cherché à comprendre comment nous en sommes arrivés là . Le tournage a débuté en mars 2011 et a duré six mois. Une première différence m'a frappé entre la France et la Finlande : en France, les inspections académiques se sont montrées très réticentes pour m'autoriser à filmer. J'ai été interdite de tournage à Epinay-sur-Seine, au moment où il y a eu des problèmes de non remplacement d'enseignants. En Finlande, trois écoles m'ont immédiatement ouvert leurs portes. J'ai senti une fierté et une joie, contrastant avec un mal-être en France.</p>
<h3>Pourquoi dites vous que l'école française est "à bout de souffle" ?</h3>
<p>La pression scolaire est de plus en plus forte. J'ai constaté une surenchère avec, d'une part, un système scolaire toujours plus exigeant et, d'autre part, des parents toujours plus stressés. En imposant des évaluations dès la grande section de maternelle, on se comporte en primaire comme on le faisait il y a une quinzaine d'années avec le collège. La pression s'autoalimente, une compétition entre les écoles commence à voir le jour. Une enseignante dit avoir le sentiment de devoir "enfourner" de plus en plus de connaissances avec de moins en moins de temps. En moyenne section, l'aide individualisée a lieu pendant l'heure du déjeuner. Résultat : beaucoup d'enfants baillent et montrent des signes de fatigue. Tout va trop vite pour une majorité des élèves. Ils sont normaux mais se retrouvent confrontés à des exigences trop élevées.<!--encart--></p>
<h3>Plusieurs spécialistes, comme le pédagogue Philippe Meirieu, interviennent dans le documentaire. Quelles sont leurs propositions pour limiter l'échec scolaire ?</h3>
<p>Les spécialistes s'accordent à dire qu'il faut remettre le système à plat. Ils estiment que de simples mesures, comme l'apprentissage de l'anglais en primaire, ne vont pas changer l'école. Il faudrait surtout se poser la question de savoir quel type d'individus nous voulons former, ce qui suppose une réflexion collective et politique.</p>
<h3>Vous prenez aussi le parti de poser votre caméra en Finlande... Quelles sont les différences entre les systèmes scolaires français et scandinave ?</h3>
<p>Les enseignants interviennent toute la journée, y compris le midi où ils déjeunent avec les élèves. Ils fonctionnent en équipes éducatives et travaillent vraiment ensemble. Des activités s'organisent sur plusieurs classes et il y a toujours l'équivalent de notre "RASED" (Réseau d'aides Spécialisées aux élèves en difficulté). La prise en charge se fait sans attendre que les enfants soient en difficulté, sur le temps scolaire, contrairement à l'aide individualisée en France. La question des moyens est centrale puisqu'il y a plus d'enseignants pour moins d'élèves en Finlande (lire encadré). Et sur le plan pédagogique, l'approche n'a rien à voir : on considère en Finlande que l'enfant doit pouvoir bouger en classe. En France, on reste très scolaire.</p>
<h3>Pourquoi ne s'inspire-t-on pas davantage de ce modèle ?</h3>
<p>Il serait illusoire de transposer le système finlandais en France car la société n'est pas la même. Mais on peut s'en inspirer ! En Finlande, en primaire, on compte 25 ou 26 élèves par classe. Ils sont en demi-groupe la majorité du temps, notamment pour l'apprentissage de l'anglais, avec un vrai prof bilingue. Pendant ce temps, l'autre demi-groupe fait des maths et le "RASED" intervient en soutien. L'autre différence repose sur les rythmes scolaires : l'année type d'un petit Français de 7–11 ans représente 847 heures de cours, sur 144 jours de classe. Alors que l'année type d'un petit Finlandais comprend 608 heures de cours pour les 7–8 ans et 683 heures de cours pour les 9–11 ans, répartis sur 188 jours de classe. En clair, les Français ont 200 heures de plus par an à l'école. On continue d'aller à l'inverse du modèle finlandais. Eux ont moins de cours, tandis que nous, on en rajoute. Ils ne notent qu'à partir de l'âge de 12 ans, alors que nous instaurons la notation toujours plus précocement. A l'évidence, des questions se posent.</p>
<p><em><strong>Charles Centofanti</strong></em></p>
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		<title>Si j&#039;étais président : &quot;J&#039;allongerais les semestres de cours à l&#039;université&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Dec 2011 08:23:02 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[A l’approche des élections présidentielles, Vousnousils poursuit ses entretiens avec les acteurs de l’enseignement pour connaître les mesures qu’ils prendraient s’ils étaient élus président de la République. Fiona McIntosh-Varjabédian, 43 ans, professeur de littérature comparée à l’Université Lille 3, nous présente son programme.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3><a href="http://www.vousnousils.fr/2011/12/23/si-j%e2%80%99etais-president-j%e2%80%99allongerais-les-semestres-de-cours-a-l%e2%80%99universite-518596/pict3560_fiona" rel="attachment wp-att-518597"><img class="alignleft size-medium wp-image-518597" title=" Fiona McIntosh-Varjabédian" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2011/12/pict3560_FIONA-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>En tant que présidente de la République, quelle serait votre première mesure concernant l'Enseignement supérieur ? Pourquoi ?</h3>
<p>Je supprimerais les labels <a href="http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid55555/100-laureats-pour-le-1er-appel-a-projets-laboratoires-d-excellence.html" target="_blank">Labex</a> et <a href="http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid56778/trois-premieres-initiatives-d-excellence-selectionnees.html" target="_blank">Idex</a>, car c'est un moyen de faire financer par de l'argent public des sociétés de communication à un prix absolument exorbitant. Les dossiers demandent énormément de temps aux enseignants-chercheurs. Et lorsqu'ils sont en train de monter les dossiers, ils ne sont pas en train de faire de la recherche.</p>
<p>Si vous ajoutez le temps que les enseignants-chercheurs doivent consacrer à monter ces dossiers et l'argent que l'on donne à ces compagnies privées, on s'aperçoit qu'il y a un véritable gaspillage. Et qu'en fin de compte, il serait peut-être beaucoup plus rationnel que toutes les équipes de chercheurs soient dotées de manière comparable. De plus, lorsque l'on analyse la répartition régionale des labels Labex et Idex, on se rend bien compte que les données politiques ne sont pas absentes des raisonnements de nos dirigeants.</p>
<p>Je trouve qu'au fond c'est une perte de temps et d'argent, et je ne suis pas persuadée que cela soit extrêmement efficace. C'est une manière de dissimuler que l'on ne donne pas assez de moyens à tous les enseignants-chercheurs.</p>
<h3>Quel serait votre plan d'action pour réformer l'enseignement supérieur ?</h3>
<p>Je pense que les réformes doivent se faire en amont. Actuellement, les grosses difficultés du supérieur sont liées à la période avant le bac. Nous retrouvons à l'université des élèves dont le niveau est extrêmement hétérogène. Certains élèves ont un niveau tout à fait convenable et d'autres possèdent un niveau de rédaction et de réflexion que l'on aurait associé, il y a quelques années, à celui d'élèves de cinquième. Pour ces derniers, l'orthographe, la syntaxe et la compréhension fine des textes ne sont pas établies. </p>
<p>En ce qui concerne la réforme de l'université, j'allongerais les semestres. Là aussi, pour faire des économies, les semestres ont été considérablement raccourcis. Les élèves n'ont plus le temps de se construire et de progresser. Deux fois onze semaines de cours, ce n'est pas suffisant. Cela n'aide ni la recherche, parce qu'il faut multiplier les cours et donc les préparations, ni les étudiants. La réforme Bayrou, imposant la semestrialisation, est une catastrophe car le lien pédagogique entre le professeur et l'élève ne peut s'installer, faute de temps. Lorsque vous commencez à bien connaître votre élève, à cerner ses difficultés, vous devez le confier à un autre professeur.</p>
<p>Enfin, j'allègerais les tâches bureaucratiques des enseignants-chercheurs. Celles-ci ont augmenté ces dernières années, sans aucune compensation. Un exemple : actuellement pour organiser un colloque, il faut remplir des dossiers très lourds et être capable de fournir, plus de dix-huit mois à l'avance au lieu de six par le passé, la liste de tous les intervenants et de toutes les interventions dans le moindre détail, ce qui n'est pas très réaliste. </p>
<h3>Quelles qualités devra posséder votre ministre de l'Enseignement supérieur ?</h3>
<p>Ne pas être un idéologue, et connaître le fonctionnement de l'enseignement supérieur. Quand vous avez des gens qui sont idéologues et qui partent avec tout un tas d'a priori, cela ne fonctionne pas. Beaucoup de réformes ont été menées par idéologie managériale ou libérale, et en général, celles-ci ne résistent pas au réel.  </p>
<h3>Qu'attendez-vous d'un président de la République ?</h3>
<p>Qu'il fasse partie des hommes de bonne volonté, avec une grande honnêteté intellectuelle ! Nous vivons actuellement une période cruciale, dans laquelle il faudrait imaginer de nouveaux systèmes, avoir de nouvelles idées, de nouvelles approches. Lorsque que je vois nos politiques mettre en place des réformes en appliquant des recettes toutes faites, et en vous disant que vous ne pouvez pas faire autrement, qu'il n'existe pas d'autres systèmes, j'ai envie de leur répondre : « <em>vous manquez d'imagination</em> ».</p>
<h3>Quatre ans après sa promulgation, faut-il selon vous abroger la <a href="http://www.nouvelleuniversite.gouv.fr/-le-projet-de-loi-relatif-aux-libertes-des-universites-.html" target="_blank">loi relative aux libertés et responsabilités des universités </a>? Pourquoi ?</h3>
<p>Oui, car cette mesure a été prise pour faire des économies. La loi LRU a pour conséquence d'accentuer la fragilité des universités. Actuellement, de nombreuses universités sont en cessation de paiement ou au bord de la cessation de paiement. Cette loi risque également d'engendrer un facteur d'inégalités sociales très important dans les années à venir. Dans l'ancien système, vous aviez l'assurance de bénéficier des meilleurs enseignements, que vous étudiiez à l'université de Pau ou de Paris. Cela ne sera plus le cas dans le futur.</p>
<p>Les universités les mieux dotées pourront se permettre d'avoir des enseignants-chercheurs qui auront du temps pour faire de la recherche. Les autres seront obligées de contraindre les professeurs à donner plus d'heures d'enseignement sans contrepartie, ce que permet le nouveau système de notation. Ils ne pourront donc plus remplir leurs autres missions, et ces universités se transformeront en établissements secondaires bis.</p>
<p><em><strong><br />
Stéphanie Marpinard</strong></em></p>
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		<title>Initiatives d&#039;excellence : stress et baisse des publications au menu des enseignants-chercheurs</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 09:08:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Idex, labex, equipex, idefi... Il y a de quoi s'y perdre dans le jargon du grand emprunt. En interne aussi, les enseignants-chercheurs ont parfois un peu la tête qui tourne. Un maître de conférences impliqué dans l'idex de Saclay revient sur la préparation du projet. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ils étaient 17 sur la ligne de départ, 3 ont atteint leurs objectifs, et 9 sont encore en course. Qui seront les « <em>5 à 10</em> » projets d'Initiatives d'Excellence (<a href="http://www.agence-nationale-recherche.fr/investissementsdavenir/AAP-IDEX-2011.html" target="_blank">IDEX</a>) qui atteindront finalement la ligne d'arrivée ? Cette compétition de haut vol se déroule en deux temps. Trois projets ont été sélectionnés pour le moment : Strasbourg, Bordeaux et PSL Étoile (Paris Sciences et Lettres comprenant notamment Dauphine et l'ENS Ulm). Neuf restent désormais en lice : Grenoble, Lyon, Toulouse, Aix-Marseille, Lorraine, sans compter les projets franciliens de Sorbonne Universités, Hésam, Paris-Cité et Saclay. Si tout se déroule comme initialement prévu, une enveloppe de 7,7 milliards d'euros sera répartie entre les pôles « <em>d'envergure mondiale</em> » sélectionnés.</p>
<h3>Un mode d'urgence s'installe dans les universités </h3>
<p>Les chiffres ont de quoi donner le tournis. Et les enjeux de structuration sont si importants que le stress dans les universités ne retombe pas. Arnaud Le Ny, maître de conférences en mathématiques à Paris-Sud se souvient : « <em>Il y a un an, lorsque les premiers appels à projets du grand emprunt ont été publiés à l'été, les collègues sont arrivés à la rentrée de septembre sans savoir que quelques semaines plus tard les premiers projets devaient être finalisés...</em> ».<!--encart--></p>
<p>Le rythme alors s'accélère, à raison de dizaines de réunions par mois, et d'aller-retour de projets en constante évolution. « <em>Un mode d'urgence s'installe, à tel point que les passages devant les conseils se font à toute vitesse </em>». S'agissant de l'idex, entre 50 et 100 personnes de Paris-Sud ont été impliquées dans les groupes de travail durant la première phase. « <em>Depuis que le projet a été refusé, seule une partie de ceux qui avait travaillé sur la phase 1 ont eu connaissance des avancées du projet. Ils se sont sentis dépossédés et humiliés</em> », rapporte-t-il.</p>
<h3>Baisse importante des publications scientifiques</h3>
<p>Mais le stress n'est pas le seul symptôme du grand emprunt. En effet, le Snesup a récemment enquêté auprès de ses syndiqués pour connaître les incidences du grand emprunt sur leur charge de recherche et d'enseignement. «<em> A la louche, le grand emprunt a provoqué une baisse des publications de l'ordre de 10%</em> », estime-t-il.</p>
<p>En ce qui le concerne, Arnaud Le Ny dit ne plus publier depuis quatre ans : une HDR (habilitation à diriger des recherches) à préparer explique aussi cette situation. « <em>Par moment, j'ai le sentiment de ne faire que deux minutes de maths par semaine</em> », regrette-t-il. Cette baisse des publications pourrait également entraîner des dégringolades contre-productives dans les classements internationaux.</p>
<p>« <em>La loi LRU, le système Sympa, la masterisation, les appels à projets ANR... Toutes les réformes des dernières années ont laissé des traces en interne, dans le quotidien et sur le moral des chercheurs</em> », poursuit-il. Une morosité ambiante qui devrait se traduire par une participation en hausse lors des élections dans les conseils centraux des universités, estime l'enseignant-chercheur, fraîchement élu au CA de la fondation Campus Paris-Saclay.</p>
<p>« <em>Le grand emprunt est plus que la goutte d'eau qui fait déborder le vase. C'est le rouleau compresseur qui lamine les enseignants-chercheurs</em> », conclut-il. Les équipes devraient cependant pouvoir souffler (un peu) pendant les fêtes puisque les auditions pour les derniers projets « idex » à sélectionner sont programmées fin janvier, pour un résultat attendu quelques semaines plus tard.</p>
<p><strong><em>Morgane Taquet</em></strong></p>
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		<title>Les infirmières scolaires ne veulent pas d&#039;un &quot;A bricolé&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 09:54:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Elise Pierre</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Si les infirmières scolaires ont obtenu leur intégration en catégorie A, elles refusent les grilles indiciaires, qui les situent en deçà de leurs collègues hospitalières. Indignation, découragement… Alors que leurs missions les placent au cœur du dispositif de réussite scolaire, les infirmières en colère espèrent une issue heureuse aux négociations avant la fin de l’année.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Quand les élèves viennent me voir, les problèmes sont tellement durs, que chez moi, ça passe par les tripes. Quand je devine quelque chose que je veux faire sortir d'eux, c'est un corps à corps qui peut prendre du temps </em>» (1) : mettre en mots les maux des élèves est une des nombreuses missions que relèvent au quotidien les 7.500 <a href="http://www.education.gouv.fr/cid1072/infirmier-e.html" target="_blank">infirmières scolaires</a>, dont le statut fait actuellement l'objet d'âpres négociations. « <em>La transposition de notre statut en catégorie A a été une</em> <em>promesse du président de la République, un symbole fort. Si nous venons de l'obtenir, le scénario nous impose une grille de rémunération indiciaire en deçà de celle appliquée à nos collègues hospitalières ! C'est insupportable, c'est un déni de nos qualifications et de notre professionnalisme. Les infirmières ont toutes le même diplôme</em> », s'insurge Béatrice Gaultier, secrétaire générale du <a href="http://www.snics.org/%20" target="_blank">SNICS-FSU </a>(2). Se sentant « <em>dévalorisées</em>», « <em>méprisées</em> »... les infirmières scolaires expriment leur ras-le-bol d'une voix commune.</p>
<h3>Des responsabilités grandissantes</h3>
<p>« <em>Dans nos infirmeries, on ne tricote pas ! </em>». Patricia François est infirmière scolaire à Caen dans un collège classé en ZEP depuis 1988. « <em>Le ministère ne pourra faire l'économie de se pencher sur nos missions qui ont tant évolué </em>». Face à une conjoncture toujours plus difficile, les infirmières voient grandir la souffrance des élèves : « <em>le soin n'est plus la priorité car lorsqu'il n'y a plus rien dans l'assiette on ne va pas chez le dentiste</em> », souligne-t-elle. « <em>Je ne pensais pas qu'il puisse exister autant de mal-être, de difficultés personnelles au sein de cette génération</em> » abonde Jean Lamoine, un des rares hommes de sa profession, qui exerce dans un internat. Ecoute individuelle, actions collectives, les infirmières scolaires ont un rôle spécifique : «<em> il faut faire sa place dans l'équipe pédagogique et convaincre les enseignants car nous portons un regard différent sur les élèves</em> », témoigne Catherine Sanz, infirmière au collège Gérard Philippe à Fontaines. L'infirmier scolaire doit faire preuve d'une grande autonomie et assumer des responsabilités de plus en plus importantes. « <em>Avec pour seule hiérarchie le chef d'établissement, nous engageons totalement notre responsabilité individuelle, tant au plan civil que pénal, pour</em> <em>prendre les initiatives : poser un diagnostic infirmier, mettre en œuvre les actions adaptées</em> », témoigne Jean Lamoine, qui rappelle combien la santé est « <em>un facteur déterminant dans la réussite scolaire</em> ».</p>
<p>Outre la mise en place des séances obligatoires d'éducation sexuelle et la délivrance d'ordonnances pour la pilule du lendemain, les infirmières scolaires peuvent désormais renouveler la pilule contraceptive. « <em>Si ces actions permettent d'éviter des IVG dramatiques, il reste un travail de prévention important à poursuivre : en effet, les élèves ont accès à plus d'informations, mais dans les familles, on parle de moins en moins</em> », souligne Patricia François. « <em>La relation est privilégiée car l'infirmier ne note pas, ne juge pas et les élèves savent que c'est un lieu de confidence où le secret est préservé. Nous sommes le 1<sup>er</sup> maillon, 1<sup>er</sup> interlocuteur des élèves, c'est pourquoi ne pas être considéré par notre ministère est inacceptable »</em> clame Jean Lamoine<em>. « Nous ne voulons pas d'un A bricolé</em> », ajoute Catherine Sanz.</p>
<h3>Le ministère attendu au tournant</h3>
<p>Si la revalorisation a été effective depuis septembre 2010 au sein de la Fonction publique hospitalière (FPH) ce n'est que suite à leur manifestation (3) que les infirmières scolaires ont obtenu le 15 novembre leur intégration à la Fonction publique d'Etat en catégorie A, et les négociations se poursuivent. « <em>La revalorisation est prévue sur 10 ans au lieu des 5 pour la FPH, et la grille indiciaire induit des écarts importants dans les évolutions, qui créent des carrières à 2 vitesses </em>», explique Brigitte Accart, secrétaire générale du <a href="http://snies.unsa-education.org/" target="_blank">SNIES-UNSA</a> (4). La catégorie A proposée par le ministère pour le moment comporte en effet 2 grades, mais le 2<sup>e</sup> grade serait réservé aux diplômées sortant d'IFSI et à leurs collègues hospitalières en détachement. Quant au 1<sup>er</sup> grade, il comporterait certes deux classes (normale et supérieure), mais seules 30% des infirmières scolaires seraient éligibles à la classe supérieure. « <em>Celles-là même qui se sont battues au sein de l'Education Nationale pour la reconnaissance de leur rôle dans la réussite scolaire se trouvent classées en dessous des débutantes sortant de l'IPSI </em>», ajoute Béatrice Gaultier.</p>
<p>Les négociations avec le ministère de l'Education Nationale doivent reprendre la semaine prochaine, mais les syndicats attendent encore la date de convocation. Le SNICS-FSU appelle à manifester le 10 janvier prochain et le SNIES UNSA, qui ne « <em>croit plus dans les manifestations</em> », propose aux infirmières de n'assurer que les urgences les mercredis : « <em>On rouvrira les portes de l'infirmerie si l'on obtient gain de cause </em>», espère Brigitte Accart.</p>
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		<title>Si j&#039;étais président : &quot;Je créerais des primes pour valoriser l&#039;investissement des enseignants&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 09:47:55 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Quelles mesures prendriez-vous si vous étiez élu président de la République ? Vousnousils interroge cette semaine Magalie Carré, 40 ans, professeur d’espagnol en classes de quatrième et troisième au sein du collège Bernard de Ventadour de Limoges. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignleft size-full wp-image-517606" title="Magalie Carre" src="http://www.vousnousils.fr/wp-content/uploads/2011/12/MagalieCarre.jpg" alt="Magalie Carré, pro­fes­seur d'espagnol au col­lège Bernard de Ventadour de Limoges." width="300" height="200" /><br />
<h3>En tant que présidente de la République, quelle serait votre première mesure concernant l'Education nationale ? Pourquoi ?</h3>
<p>Ma première mesure serait, sans aucun doute, la création de primes pour valoriser l'investissement des professionnels de l'éducation dans leur fonction. Les professeurs sont en réalité de grands élèves, et si les efforts fournis ne leur permettent pas d'être un peu valorisés et récompensés, ces derniers finissent par baisser les bras. L'investissement des professeurs est bien réel, mais il est souvent peu médiatisé, peu valorisé au sein même des établissements, et surtout mal reconnu par l'Education nationale.<br />
<!--encart--><br />
<h3>Quel serait votre plan d'action pour réformer l'Education nationale ?</h3>
<p>Concernant la réforme du système scolaire, il me paraît aujourd'hui important de repenser l'école en prenant en compte les mutations sociales. Il existe des métiers qui sont en perpétuelle évolution, et ont donc des besoins nouveaux en termes de formation. Une ouverture sur la vie réelle et le monde du travail me paraissent nécessaires. Je proposerais également de former les enseignants à travailler en partenariat avec les entreprises : peu d'enseignants le font. Il faudrait créer des liens entre les collèges et les lycées professionnels car il y a peu de passerelles, ou quand elles existent, elles sont peu efficaces. Mais également des liens entre les lycéens et les acteurs du monde professionnel. L'école d'aujourd'hui n'est, à mon avis, pas suffisamment ouverte sur le monde de l'entreprise.</p>
<p>Je créerais des classes de préapprentissage au sein même des collèges, pour éviter que certains élèves soient en décrochage et ne trouvent pas de solution par la suite. Je mettrais également en place des liens réels entre le collège et le lycée, pour assurer une continuité pédagogique. Actuellement il y a encore trop peu d'actions communes. Le système actuel est trop morcelé, il ne permet pas aux élèves un travail et un investissement convenables.</p>
<p>Enfin, je supprimerais l'affectation de professeurs sur plusieurs collèges et lycées, car lorsque celui-ci n'est pas volontaire, il induit souvent un problème d'investissement au sein des établissements.</p>
<h3>Quelles qualités devra posséder votre ministre de l'Education nationale ?</h3>
<p>Il y a un mot qui me vient tout de suite à l'esprit : c'est le dialogue. Je pense que la personne qui est la plus à même de cerner les problèmes actuels, c'est celle qui est quotidiennement sur le terrain.<br />
Il existe actuellement un gros problème de communication entre l'organe qui décide et les instances qui appliquent les mesures. Certaines mesures, qui pourraient être par ailleurs très positives, ne sont pas ou mal appliquées par manque de temps ou de communication.</p>
<p>Un exemple très révélateur : les <a href="http://www.education.gouv.fr/cid81/les-programmes.html" target="_blank">derniers programmes</a> — qui me semblent dans l'ensemble bien conçus, justement pour préparer un peu mieux les élèves au monde professionnel — ne sont pas ou peu appliqués, car de nombreux professeurs n'en ont pas perçu le véritable intérêt. Les réformes doivent tout d'abord être expliquées et comprises pour être partagées, acceptées mais surtout appliquées par le plus grand nombre des acteurs.</p>
<h3>Le <a href="http://www.vousnousils.fr/2011/11/09/lump-souhaite-revoir-missions-evaluation-des-enseignants-516264" target="_blank">statut des enseignants</a>, resté inchangé de puis 1950, fait actuellement débat... Seriez-vous favorable à une modification de ce statut ? Pour quelles raisons ?</h3>
<p>Le monde de l'enseignement a subi ces dernières années de grandes mutations, autant par la charge de travail et la modification de notre rôle au quotidien que par les tâches que nous sommes obligés de réaliser. De ce fait le travail est devenu plus compliqué et souvent fragilisé. Je pense qu'il ne faut pas modifier le statut des enseignants, car un professeur est un enseignant avant tout, et essayer de détruire la base ne servirait à rien. Cette base est constituée d'acquis fondamentaux et à mon sens il ne faut pas y toucher. Par contre, il faut essayer de repenser l'organisation du système éducatif à partir de ces acquis.</p>
<p><BR /><strong><em>Propos recueillis par Stéphanie Marpinard</em></strong></p>
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		<title>Etre maître de conférences aujourd&#039;hui : &quot;Nous avons perdu le temps de méditation essentiel à notre métier&quot;</title>
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		<pubDate>Fri, 25 Nov 2011 11:22:41 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Amphis surchargés, inflation des tâches administratives et course à la publication : le métier de maître de conférences a beaucoup évolué. Vousnousils vous livre les témoignages de trois d'entre eux. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Magalie (1) a 33 ans lorsqu'elle devient maître de conférences. « <em>C'était pour moi un désir incommensurable, un rêve, mais j'ai vite déchanté</em> », se rappelle l'enseignante-chercheuse en sociologie, âgée aujourd'hui de 38 ans. Pleine d'espoir, elle ne ménage pas sa peine : à ses débuts, sa charge d'enseignement s'élève à 245 heures, heures complémentaires comprises. Elle suit trois projets de recherche et exerce des responsabilités pédagogiques. Un an après sa qualification, elle est arrêtée dix mois suite à un accident vasculaire cérébral. « <em>La pression était beaucoup trop forte</em> » raconte-elle.</p>
<p>Depuis les années 80 et la massification de l'enseignement supérieur, les cohortes d'étudiants qui ont rejoint les bancs de l'université ont considérablement grossi. Alors que les effectifs des enseignants-chercheurs ont, dans un contexte de diminution des effectifs de la Fonction publique, tendance à stagner. Résultats : inflation des tâches administratives, des amphis surchargés avec de moins en moins de possibilité de recours à des ATER (attaché temporaire d'enseignement et de recherche), et une pression à la publication de plus en plus forte. Premiers touchés : les maîtres de conférences, qui constituent à eux seuls 41% des enseignants de l'enseignement supérieur, soit le plus gros bataillon d'enseignants à l'université (2).<!--encart--></p>
<h3>Culte de l'évaluation et course à la publication</h3>
<p>C'est aussi le métier de chercheur lui-même qui a beaucoup évolué. « <em>Avec le financement sur projets accru, les enseignants-chercheurs sont poussés à faire des petites publications pour s'assurer une visibilité. C'est la prime à la quantité et non plus à la qualité qui compte</em> », explique Philippe Aubry, spécialiste des questions statutaires au Snesup et maître de conférences en informatique à l'UPMC. C'est sans compter les dizaines de tableaux Excel qu'un enseignant-chercheur doit régulièrement remplir et qui se font au détriment de sa recherche, raconte-t-il. Cette évaluation accrue passe mal chez ces enseignants-chercheurs qui dénoncent la mise en place d'un système de « <em>défiance</em> ».</p>
<p>Autre point d'achoppement : le salaire. Françoise Albertini est maître de conférences spécialiste des sciences de l'information et de la communication depuis près de 20 ans à l'université de Corte (Corse). Titulaire d'une HDR (habilitation à diriger des recherches) depuis 1994, elle a été qualifiée deux fois pour un poste de professeur d'université. Depuis l'année dernière, elle est arrivée au bout de la grille indiciaire, c'est-à-dire que son salaire est désormais en « <em>stand by</em> » pour les 5 ans qui viennent.</p>
<h3>Des enseignants-chercheurs en mal de reconnaissance</h3>
<p>Dans ces conditions, la question de l'avenir est difficile pour ces « <em>maîtres de conf'</em> ». Françoise Albertini se dit pessimiste : passionnée par son métier, à 52 ans elle en a toutefois assez d'être « <em>mal considérée</em> » et toujours à flux tendu. « <em>Nous avons perdu le droit au temps de méditation essentiel à notre métier. Lire, réfléchir, écrire, c'est pourtant le coeur de la recherche</em> », soupire-t-elle.</p>
<p>Aujourd'hui, pour exercer son « <em>vrai</em> » métier d'enseignante-chercheuse, Magalie, elle, use de « <em>stratégies</em> » : elle a abandonné ses responsabilités pédagogiques et refuse désormais les heures complémentaires car elle ne veut plus que sa recherche en pâtisse. « <em>J'ai perdu le sens de ce que je fais</em> », conclut-elle. Elle réfléchit également à exercer dans le privé ou à partir exercer à l'étranger, « <em>dans les pays où les chercheurs français sont appréciés pour leur liberté de penser</em> ».</p>
<p><em><strong>Morgane Taquet</strong></em></p>
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