Syndrome de fatigue chronique, burn-out : tout savoir sur ces maladies

L’impression d’être dévalorisé, d’être constamment fatigué ou au bout du rouleau : ces symptômes peuvent relever d’une fatigue chronique ou d’un burn-out. Explications avec Mehdi Aoun Sebaïti, neuropsychologue au CHU Henri Mondor de Créteil.

Epuisement shutterstock

Epuisement – shutterstock

Quelle est la différence entre le burn-out et le syndrome de fatigue chronique ?

C’est relativement différent. Le syndrome de fatigue chronique est une pathologie dont les causes biologiques ne sont pas encore identifiées et d’où va naître une fatigue qui dure plusieurs mois avec des critères très spécifiques. C’est une entité syndromique, c’est-à-dire qu’elle se définit par des symptômes.

Les patients vont présenter une fatigue chronique, des douleurs, un sommeil non réparateur, des maux de tête, des troubles cognitifs et surtout un malaise post-effort : tout effort, qu’il soit physique ou cognitif, va augmenter significativement la fatigue.

Dans n’importe quelle situation, vous vous retrouverez dans un état de fatigue, alors que le burn-out n’est pas une maladie, c’est la conséquence d’un état de stress répété. Il s’agit d’une tension appliquée sur l’organisme qui fait qu’à un moment, l’élastique lâche.

Le stress est une question de perception, il peut être positif ou négatif. Lorsque vous avez l’impression d’avoir les capacités pour résoudre un problème qui se pose, alors il sera positif. En revanche si vous avez le sentiment que la sollicitation est plus imposante que la perception que vous avez de vos capacités à y répondre, alors vous générerez du mauvais stress et vous vous sentirez incapable de résoudre vos problèmes. D’un jour à l’autre, cette perception peut varier.

Dans la balance, l’estime de soi va jouer, car si l’on se sent dévalorisé, sans confiance, alors domine l’impression que chaque problème est insurmontable et l’organisme se maintient en état de stress chronique. Certaines fonctions comme la digestion ou le système immunitaire sont carencés, les ressources allouées à ces fonctions étant réquisitionnées en état de stress.

Si cet état persiste, alors vous tomberez plus souvent malade, vous aurez des problèmes digestifs, vous allez abîmer vos artères, votre coeur et également avoir des troubles du sommeil. Cela générera de la fatigue et un cercle vicieux où l’on tire sur le corps jusqu’à ce que l’élastique lâche, et là c’est le burn-out.

Des professions sont-elles plus touchées que d’autres par le burn-out ?

Pas vraiment, on a longtemps pensé que le burn-out était une conséquence directe du surmenage. La masse de travail ne fait pas le stress. Dans de nombreuses professions, certaines personnes auront beaucoup de travail chaque semaine mais ne feront pas de burn-out, car elles ont tellement d’assurance dans leur matière et tellement de retours d’expériences positifs qu’elles n’y seront pas exposées.

Par contre, une personne exerçant n’importe quelle profession, qui est dévalorisée, pas mise en confiance et surmenée, ne prendra aucun plaisir à son travail et sera sujette au burn-out.

La perception est extrêmement importante. Si l’on est maintenu dans un bon stress, on est moins sujet à présenter un burn-out.

Concernant les enseignants, il serait intéressant de voir s’il y a 50 ans, ils étaient autant sujets à des burn-outs qu’aujourd’hui. Car au fur et à mesure d’évolution plus ou moins positive de l’école, il semble émerger une certaine lassitude face à l’évolution des modèles d’éducation et des classes de plus en plus nombreuses. Il peut également exister le sentiment d’être de moins en moins considéré, alors l’élastique peut lâcher. L’évolution de la profession peut donc expliquer l’augmentation de ce phénomène, mais cela reste bien évidemment à prouver.

En tant que neuropsychologue, avez-vous ces dernières années une augmentation du nombre de burn-outs ?

C’est le même débat que pour la maladie d’Alzheimer, je ne sais pas s’il y en a plus qu’avant, c’est peut-être le cas. Ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui ces maladies sont clairement identifiées et donc mieux diagnostiquées. On parle même aujourd’hui de bore-out : lorsque des gens ont conscience d’avoir de grandes capacités mais qu’ils sont trop peu sollicités. Ces personnes tombent dans une frustration profonde car elles ont le sentiment de ne pas être sollicitées à leur juste valeur.

Est-il possible de faire un burn-out sans le savoir ?

Quand on est en burn-out plusieurs signes l’indiquent. Il y a des signes précurseurs, comme la fatigue, des difficultés à s’endormir, une perte d’appétit, des troubles digestifs, des douleurs, des troubles de l’attention… En état de burn-out, l’individu arrive à un état d’épuisement complet, il a puisé toute son énergie, avec parfois l’impossibilité même de sortir de son lit. Cet état peut s’accompagner d’un sentiment d’abattement et de vide intérieur, qui le rend désintéressé de tout. Cela peut s’accompagner d’hypersensibilité ou de crises d’angoisses et d’un état dépressif.

Comment soigne-t-on un burn-out ?

Potentiellement avec des traitements médicamenteux, comme des antidépresseurs ou des anxiolytiques, mais le plus efficace reste les thérapies. Cela permet de travailler notamment sur la perception du stress et sur sa capacité à résoudre les problèmes. L’idée est de changer le prisme par lequel on perçoit ses capacités afin de transformer le mauvais stress en bon stress et de reprendre confiance en soi.

Existe-t-il des exercices à faire au quotidien pour prévenir le burn-out ?

Non, le mieux est d’aller voir un professionnel, car chaque personne est différente face au stress. Un professionnel pourra accompagner la personne et l’aider à appréhender son stress.

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