Redoubler sa 3e ou sa 2nde pour ne pas subir son orientation

S’ils ne sont pas d’accord avec la décision d’orientation définitive du conseil de classe, les parents d’élèves de 3e ou 2nde peuvent choisir de faire redoubler leur enfant. Une bonne décision ?

© Sabphoto – Fotolia

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Le redoublement peut être un choix des familles en fin de 3e ou de 2nde. Un décret précise en effet que, pour ces deux classes charnières : « lorsque la décision d’orientation définitive n’obtient pas l’assentiment des représentants légaux de l’élève ou de l’élève majeur, ceux-ci peuvent, de droit, obtenir le maintien dans le niveau de classe d’origine ». En clair ? Les parents peuvent demander le redoublement pour éviter une orientation subie à leur enfant.

Éviter une orientation subie

C’est le choix fait par Nathalie, la mère de Nathan. « Mon fils a eu une adolescence difficile et ses résultats scolaires s’en sont ressentis en troisième, alors qu’il s’en sortait plutôt bien jusque-là. Comme il n’avait pas de projet professionnel, j’ai demandé le redoublement en fin de 3e, plutôt qu’une orientation en bac pro, comme lui proposait le conseil de classe », témoigne-t-elle. Lors de sa deuxième année de troisième, la moyenne de Nathan ne dépasse pas 8 sur 20. « Un de ses amis de 3e était parti en seconde bac pro maintenance des équipements industriels (MEI), où il semblait épanoui et avait de bons résultats. Mon fil a voulu prendre la même voie pour apprendre un métier. Nous l’avons encouragé et nous avons pu préparer cette orientation dès le mois de janvier », poursuit Nathalie. Avec 12-13 de moyenne générale en première MEI et de très bonnes notes dans les matières professionnelles, le jeune homme a retrouvé de la motivation. « Les stages en entreprise m’ont fait mûrir et j’aime ce que je fais », tranche Nathan. Il souhaite désormais poursuivre ses études en BTS, en alternance, dans la même spécialité. Sa mère reconnaît avoir dû se faire violence pour accepter de laisser son fils « partir en voie pro ». Elle est aujourd’hui rassurée.

Des alternatives dans les autres pays européens

 

Toutes les recherches montrent que le redoublement est peu efficace. Non seulement au niveau des performances scolaires mais parce qu’il a des effets négatifs sur l’estime et la confiance en soi. Ce sont les principales conclusions d’un rapport du Cnesco (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans un rapport paru en janvier 2015.

Alors qu’il apparaît encore, en France, comme la seule solution pour un élève en difficulté scolaire, il n’existe quasiment plus dans les pays nordiques où, en contrepartie, des suivis individualisés sont mis en place dès l’école primaire. Dans le secondaire, il existe, dans presque tous les pays européens, des examens de rattrapage, comme nous en avons à l’université, en France. En Allemagne et en Espagne, les élèves ayant des faiblesses dans certaines disciplines passent dans la classe supérieure, à condition de suivre des cours de soutien dans ces matières. Des exemples à suivre… 

Une « deuxième chance » ?

De son côté, Louise a fait « une crise d’ado gratinée », selon son père. « Elle a commencé à fumer (du haschich, NDR) en 3e et n’a pas fait grand chose de l’année. Comme elle avait toujours bien travaillé, elle a réussi à aller en seconde », résume son père. C’est là que la situation s’est gâtée. « La marche était trop haute », estime Louise. Alors que la lycéenne visait un bac ES (Sciences économiques et sociales) elle s’est vu proposé un bac STMG (sciences et technologies du management et de la gestion). « Mes parents ont estimé que mes mauvaises notes étaient le résultat de leur divorce et de ma crise d’ado. Ils ont demandé le redoublement pour que j’ai une deuxième chance », raconte la lycéenne. Aujourd’hui en première ES, Louise a la moyenne « presque partout, à part en maths, où j’arrive à 8-9 quand je bosse beaucoup. Mais j’ai 14 en SES ((sciences économiques et sociales, NDR) », lance-t-elle fièrement.

Maturité et motivation

Le cas de Louise est ce qu’on appelle communément un « redoublement positif », sur lequel Éric Blum, proviseur du lycée Marcel-Pagnol à Athis-Mons (Essonne), porte un regard critique. « Quand on dit qu’un élève a eu raison de refaire sa 2nde, je suis presque sûr qu’il aurait fait une bonne 1ère, s’il était passé dans la filière de son choix. C’est la maturité et la motivation gagnées qui font la réussite », estime le chef d’établissement. Dans son lycée, le taux de redoublement est passé de 10% en 2015 à 1 ou 2% chaque année, depuis 2016. « Non pas parce qu’on laisse passer tout le monde, prévient-il, mais parce qu’on échange toute l’année avec les familles, ce qui permet de trouver un terrain d’entente dans 99% des cas. Maintenant que l’école et les parents ne peuvent plus se contenter de cocher la case ‘redoublement’ mais doivent proposer une orientation, tout le monde doit y réfléchir. »

 

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