Faculté de droit de Montpellier : l’ex-doyen estimé complice des violences

Un rapport de l'Éducation Nationale pourrait entraîner le prolongement de la suspension du doyen Philippe Pétel.

Image d'illustration/ Crédit : Shutterstock

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Dans la nuit du 22 au 23 mars 2017 un commando cagoulé s’introduit dans les locaux de l’Unité de Formation et de Recherche (UFR) droit et science politique de l’université de Montpellier. Armés de gourdins de fortune, ils évacuent violemment les étudiants qui tentent d’occuper le lieu dans le cadre des manifestations contre la loi Orientation et Réussite (ORE). Rapidement, vidéos et témoignages laissent penser que le doyen de la faculté de droit, Philippe Pétel ainsi que Jean-Luc Coronel de Boissezon, professeur en histoire du droit, ont aidé les personnes violentes à rentrer à l’intérieur de l’établissement.

A la suite de cet événement, Philippe Pétel démissionne de sa fonction de doyen et est suspendu par le ministère de l’Enseignement supérieur. Lui et Jean-Luc Coronel de Boissezon sont respectivement mis en examen pour complicité de violence, complicité d’intrusion et violences et complicité d’intrusion.

« Une complicité avérée »

Si des mesures conservatoires ont donc été prises à l’échelle du ministère, le récent rapport, que s’est procuré le JDD, rédigé par Françoise Boutet-Waiss et Didier Lacroix, Inspectrices et Inspecteurs généraux de l’administration de l’Éducation nationale et de la Recherche (IGAENR), affirme, lui, la culpabilité des deux enseignants.

« Il ressort des auditions menées que la responsabilité de M. X [Philippe Pétel], en donnant l’ordre de libérer le passage, d’ouvrir le portillon d’accès du parking et en effectuant plusieurs allées et venues entre le parking et le hall, s’avère pleinement engagée dans l’intrusion du commando cagoulé », établit le rapport.
Jean-Luc Coronel de Boissezon, est lui aussi estimé coupable par ce même rapport : « M. Y [Jean-Luc Coronel de Boissezon] est également engagée, en accueillant le commando sur le parking et en participant à l’expulsion violente des personnes, en majorité des étudiants, qui occupaient l’amphithéâtre (…) Leur responsabilité est entière et leur complicité avérée », tranche finalement le rapport.

L’avocate de Philippe Pétel conteste le rapport

« Un rapport administratif est censé être factuel, distancié et objectif. Or ici, nous avons une tribune politique où s’expriment des gens qui ont une opinion sur les faits, mais qui n’ont aucun élément factuel, puisqu’ils n’étaient pas présents », déclare au Midi Libre, Iris Christol l’avocate qui défend le doyen. Pourtant, dans son rapport, l’IGAENR explique avoir auditionné une quarantaine de personnes et « procédé à seize procès-verbaux d’audition signés par les intéressés ».

L’avocate maintient cependant que Philippe Pétel pensait que c’était la police qui allait faire évacuer l’amphithéâtre : « Il était convaincu que le préfet ne pouvait pas lui refuser le concours de la force publique. Dire le contraire est faux », conclut-elle.

 

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