Les solutions de Jean-Michel Blanquer pour « ancrer l’idée européenne chez les jeunes »

Pour intéresser les jeunes à l'Europe, Jean-Michel Blanquer veut que chaque étudiant parle 2 langues européennes "en plus de la sienne", d'ici 2024. Il prône des programmes scolaires "parlant d'Europe" et plus de séjours linguistiques.

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Jahovil/Flickr

Lors des questions au gouvernement du mercredi 16 mai 2018 à l’Assemblée Nationale, Marguerite Deprez-Audebert, députée Modem du Pas-de-Calais, a interpellé Jean-Michel Blanquer sur la façon de « donner envie d’Europe à notre jeunesse ». Selon elle, « nos jeunes se demandent ce que l’Europe a à leur offrir. Les statistiques électorales montrent qu’ils se désintéressent du scrutin européen : 73 % des 18-35 ans n’ont pas voté en 2014. Ce sont pourtant eux qui sont les premiers concernés par l’évolution de l’Europe ».

Décrivant ce sujet comme « important », le ministre de l’Éducation nationale a estimé « tout à fait primordial d’ancrer l’idée européenne chez les jeunes, en leur faisant bien comprendre qu’il y va de leur avenir ». D’après lui, une telle action  de sensibilisation fait partie intégrante de la « stratégie » qu’il a élaborée avec Emmanuel Macron, et donc l’objectif est le suivant : « à l’horizon 2024, chaque étudiant devra parler deux langues européennes en plus de la sienne, et la moitié d’une classe d’âge devra avoir passé au moins 6 mois dans un autre pays européen que le sien ».

Des programmes scolaires qui « parleront d’Europe »

Indiquant être « totalement mobilisé » pour atteindre ces buts, Jean-Michel Blanquer a ensuite défendu le fait d’être revenu sur la suppression des options latin et grec en 6e enclenchée par Najat Vallaud-Belkacem lors de sa réforme du collège – en permettant aux collèges de les rétablir via une circulaire publiée en janvier 2018. « Les programmes scolaires doivent faire référence à nos racines européennes, notamment gréco-latines, d’où le renouveau des langues anciennes », a-t-il expliqué.

Selon le ministre, les programmes scolaires devraient aussi « parler d’Europe« . C’est pourquoi, annonce-t-il, « ce sera le cas des programmes du lycée, à la faveur de la révision qui a lieu en ce moment même ». Dans sa lettre de saisine du Conseil supérieur des programmes, en mars 2018, il a en effet enjoint l’organisme à proposer des contenus « qui contribueront à la formation intellectuelle et civique des jeunes générations et leur donneront les clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent ». Pour Jean-Michel Blanquer, les programmes du lycée devront ainsi « assurer la transmission de contenus académiques et disciplinaires solides, ouverts sur l’Europe, et pleinement ancrés dans les enjeux mondiaux de notre temps ».

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700.000 collégiens et lycéens en séjour à l’étranger l’année prochaine

Le ministre estime aussi qu’il faudrait « favoriser la mobilité, en soutenant les associations qui le font », et en fixant des objectifs « au sein-même de l’éducation nationale‘, comme celui qu’il a fixé pour 2018-2019 : « 12 % des élèves du second degré, soit 700 000 élèves, devront avoir effectué un séjour à l’étranger. »

Dans son dernier livre, paru le 16 mai 2018, « L’École de la confiance » (Odile Jacob), il écrit, dans le chapitre 3 intitulé « au collège, consolider et enrichir la culture des élèves », qu’il est « indispensable de cultiver le goût des élèves pour le savoir en élargissant leurs horizons culturels grâce aux sciences, aux langues, au français, à l’histoire, aux langues anciennes, aux disciplines artistiques », mais aussi grâce « aux sorties au musée ou aux voyages à l’étranger« .

« Renforcer l’enseignement des langues européennes »

« Enfin, nous devons réussir à renforcer l’enseignement des langues européennes dans notre système. Il est déjà plus fort depuis la rentrée dernière, grâce au rétablissement des classes bilangues et des sections européennes, qui avaient été supprimées. Nous avons ainsi envoyé un signal très important, pour que vive la France et que vive l’Europe« , a conclu Jean-Michel Blanquer, avant d’être applaudi par les députés LREM, Modem, UDI et Les Républicains.

Dans « l’École de la confiance », toujours, le ministre de l’Éducation Nationale indique que « les sections européennes, qui avaient été supprimées, et qui peuvent à nouveau être déployées, permettent aux élèves de suivre un enseignement renforcé en langues, et dans certaines régions en langue régionale, notamment en étudiant une discipline non linguistique, l’histoire le plus souvent, en langue étrangère. « 

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