Plan pour les banlieues de Jean-Louis Borloo : l’éducation en première ligne

Dans son rapport remis au gouvernement le 26 avril, l'ex-ministre de la ville préconise d'investir dans l'éducation. Il propose de "tripler la préscolarisation à 2 ans" en REP+, de rénover 300 écoles et collèges, ou encore de rendre la cantine gratuite.

Jean-Louis Borloo / Wikimedia Commons

Jean-Louis Borloo / Wikimedia Commons

Jean-Louis Borloo a remis son plan pour les banlieues au Premier ministre, Edouard Philippe, jeudi 26 avril. Dans ses propositions, l’ancien ministre de la ville (2002-2004), chargé en novembre 2017 de mener une mission sur les quartiers prioritaires, met l’accent sur l’éducation.

Dans son rapport, sur lequel Emmanuel Macron devrait s’appuyer pour son futur plan qui sera dévoilé fin mai, Jean-Louis Borloo rappelle d’abord l’importance d’investir dans la petite enfance. « Notre politique familiale doit être revue. Au nom de l’universalité, on donne moins à ceux qui ont moins : les enfants de familles fragiles, ceux à qui on ne parle pas français à la maison, sont accueillis moins que les autres dans les lieux de socialisation, les crèches, les jardins d’enfants, les maternelles à 2 ans… Les expériences scandinaves et américaines ont fait la preuve de l’impact très positif de l’intervention sociale intensive dès les premiers mois de l’enfant dans des familles fragiles. C’est l’égalité républicaine qui est en jeu », écrit-il ainsi.

« Tripler la préscolarisation à 2 ans » en REP+

Pour « développer l’offre de socialisation et d’éducation pour les 0-3ans », l’ancien ministre propose de créer 30.000 places en crèche de plus dans les quartiers prioritaires, via un « fonds d’égalité territoriale » de 300 millions d’euros au sein de la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales), mais aussi de « tripler la préscolarisation à 2 ans » en REP+ et de « relancer » les classes-passerelles afin de « préparer le passage à la scolarisation ».

« Il faut conforter l’armature incomparable que représente le service public de l’éducation, et permettre aux enfants moins favorisés des quartiers prioritaires d’en bénéficier le plus tôt possible, car beaucoup se joue dès le plus jeune âge (80% des décrocheurs sont déjà en difficulté au CP) », écrit Jean-Louis Borloo dans son rapport. Et de préconiser, afin de tripler le nombre d’élèves préscolarisés en REP+ d’ici 2020 (de 6500 à 20.000, soit 1100 nouvelles classes de très petites sections accueillant 12 enfants), de doubler le taux d’encadrement des 8000 classes de maternelles des réseaux d’éducation prioritaire renforcés, et de « parachever le dédoublement prévu des CP et CE1 en REP+ et REP (9.500 créations de classes restantes), avec une pédagogie repensée, et des appuis éducatifs extérieurs ».

Le fondateur de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) propose de créer un « Fonds de solidarité éducative », doté lui aussi de 300 millions d’euros, qui devrait « permettre d’aider les communes pauvres à financer l’investissement nécessaire au dédoublement des classes et à la préscolarisation, y compris le cas échéant par l’implantation de bâtiments provisoires modulaires ». Le fonds prendrait aussi en charge « une partie du fonctionnement induit, y compris le renforcement de l’encadrement dans les maternelles, dans les communes pauvres », peut-on lire dans le rapport.

college-saint-exupery-ermont-2« Cités éducatives », médecine scolaire et cantines gratuites

« Au-delà de l’école », Jean-Louis Borloo préconise en outre de lancer dans les quartiers prioritaires des « cités éducatives », qui mettraient en réseau et regrouperaient, « à partir du collège et des écoles, tous les lieux et tous les acteurs prêts à soutenir, ensemble, l’éducation des enfants » – associations, structures jeunesses, centres de loisirs, centres sociaux… Pour cela, « tout établissement scolaire se verra adjoindre un dirigeant en charge de la cité éducative et du partenariat de l’école et du collège« , et chaque principal bénéficiera d’une « enveloppe directe » de 100.000 euros par an pour « gérer les urgences sociales qu’il appréciera ».

Afin de garantir de « bonnes conditions pour les enfants », Jean-Louis Borloo propose aussi de mettre en place dans les écoles et collèges REP et REP+, des « clubs petit dej » (gratuits) le matin, et de rendre également gratuite la cantine le midi. En outre, il conseille de créer un « pôle médico-social mutualisé avec le département (PMI, ASE, MDS), au niveau de chaque collège tête de réseau, ou le cas échéant, de proposer aux départements d’assumer la médecine scolaire et l’action sociale en milieu scolaire », rappellant que la Seine Saint Denis ne compte par exemple que 29 médecins scolaires, « soit 1 pour 12.000 élèves ».

Reconstruire ou rénover les écoles « les plus vétustes »

Le rapport sur les banlieues de Jean-Louis Borloo prévoit enfin le lancement d’un « plan d’urgence » pour les écoles et collèges REP/REP+, avec une aide en direction des quartiers prioritaires, en vue de la construction d’écoles « plus performantes, connectées à la ville et au monde », mais aussi de la « reconstruction et de la rénovation » des « 300 écoles les plus vétustes et des 100 collèges les plus dégradés », dans les 5 ans – via un « fonds d’investissement éducatif dans les quartiers » de 1 milliard d’euros. « Ces projets devront s’inscrire dans une stratégie volontariste d’innovation pédagogique et de renforcement de la mixité scolaire », précise Jean-Louis Borloo.

Enfin, le plan prévoit la construction d’ici 2023 de 50 « collèges innovants » de petite taille (400 élèves) « en bordure de quartier », toujours en puisant dans le Fonds d’investissement éducatif de 1 milliard d’euros (200 millions d’euros par an).

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