Policiers dans l’école à Nice : « une mesure idéologique et absurdement coûteuse » (FCPE 06)

A Nice, 3 écoles accueillent dans leur enceinte des policiers municipaux. Pour les parents d'élèves, une telle mesure est "inefficace" et inutile.

Rentrée scolaire 2017-2018 à Nice / Ville de Nice

Rentrée scolaire 2017-2018 à Nice / Ville de Nice

Depuis ce lundi, trois groupes scolaires niçois accueillent des policiers municipaux en leur sein, afin de “sécuriser leurs établissements”, selon Christian Estrosi, le maire de la capitale de la Riviera. L’expérimentation, qui durera trois mois, a été autorisée par Jean-Michel Blanquer, et consistera en la surveillance permanente des abords de l’école, via des écrans installés dans un bureau dédié, et lors de rondes.

Les policiers municipaux participeront à des exercices de sécurité, et seront également présents lors des entrées et des sorties des écoliers. En outre, ils devraient occasionnellement animer des actions de prévention (dangers d’Internet, sécurité routière, harcèlement…).

Contrairement à ce que la ville de Nice souhaitait en 2016 au lendemain de l’attentat de la Promenade des Anglais, ils ne seront pas armés dans l’enceinte des écoles primaires participant au test – mais ils seront en lien direct avec des agents de police armés patrouillant à l’extérieur (les “patrouilles mobiles” mises en place par le gouvernement en 2016) et le centre de supervision urbain.

Si ce dispositif de “brigade école” s’avère concluant, il devrait s’étendre à d’autres établissements volontaires dès septembre 2018. Bien décidé à le mettre en place dans un maximum d’écoles à Nice (entre 20 et 22 écoles sur 163 seraient partantes, selon Libération), Christian Estrosi a déjà recruté 110 policiers municipaux.

“Que va faire un policier toute la journée dans l’école ?” (SNUIPP 06)

Le maire LR regrette que les policiers municipaux ne soient pas armés, “mais je préfère avoir un policier non-armé dans une école que pas de policier du tout. Ce sera tout de même une plus-value”, écrit-il sur son compte Facebook. À l’AFP, il explique  “qu’aujourd’hui, en tête de liste des cibles de Daech, il y a les enfants et les écoles”, et que “ne pas admettre le principe de sanctuariser une école, ce serait aller à l’encontre du bon sens et de notre responsabilité morale.”

© Mat Hayward

© Mat Hayward

Plusieurs syndicats d’enseignants et de parents d’élèves n’ont pas tardé à s’opposer à ce dispositif. Gilles Jean, secrétaire général du SNUIPP 06, dénonce ainsi auprès de l’AFP une “surenchère sécuritaire et un effet d’annonce”, expliquant que “le policier sera en tenue, ce qui sera anxiogène pour les enfants”. Et de s’interroger : “que va-t-il faire toute la journée dans l’école ?”

Sur son site, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Alpes-Maritimes a publié un communiqué dès le 13 avril, dans lequel elle se questionne également : “Il est légitime que la police patrouille aux abords des écoles aux heures d’entrée et de sortie, ou qu’elle intervienne à l’intérieur des établissements scolaires pour des missions ponctuelles de prévention ou en cas d’incident, mais en dehors de ces cas, que peut donc faire un policier à l’intérieur d’une école ?”

La FCPE des Alpes-Maritimes écrit que les parents d’élèves “ne croient pas qu’un policier chargé des missions d’un gardien d’école renforce la sécurité de leurs enfants : on imagine mal comment une personne seule pourrait assurer la sécurité de vastes bâtiments scolaires, avec des effectifs importants, face à des attaquants déterminés et bénéficiant de l’effet de surprise”.

L’association s’inquiète enfin du coût de ce dispositif : “si les finances de la commune permettent de consacrer un tel budget aux établissements scolaires, il y a bien d’autres usages aussi légitimes que nécessaires, qu’il s’agisse d’équipements ou d’intervenants (infirmières, psychologues, aide administratives, animateurs, intervenants artistiques…)”, indique-t-elle. Et de qualifier cette mesure de “purement idéologique et absurdement coûteuse.”

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