La réforme du lycée inquiète l’Académie de Médecine

La réforme du lycée pourrait diminuer la place de la SVT au lycée. L'Académie de Médecine réaffirme l'importance de cette discipline dans la formation des futurs médecins.

Daniel Couturier secrétaire perpétuel de l'Académie de Médecine. Crédit : D.R.

Daniel Couturier secrétaire perpétuel de l’Académie de Médecine. Crédit : D.R.

Le rapport Mathiot, qui esquisse les contours de la réforme du lycée à venir, ne propose les SVT comme discipline majeure que dans un seul parcours : SVT-Physique-Chimie.

Daniel Couturier secrétaire perpétuel de l’Académie de Médecine, défend, tout comme les professeurs de SVT, l’existence d’autres parcours faisant des SVT une discipline majeure, comme un parcours SVT-Maths. Interview.

Pourquoi avez-vous décidé de vous prononcer sur le rapport Mathiot ?

Notre objectif était double. Il fallait tout d’abord rappeler l’importance de l’éducation à la santé dans le parcours de tout lycéen, quelle que soit sa filière. C’est pendant cette période de la vie que doivent être enseignées les règles essentielles de respect du corps, la sexualité, la procréation, les conduites à risque pour la santé, les règles d’hygiène et celles de bonne nutrition. Les élèves doivent également prendre conscience des enjeux environnementaux que sont le maintien de la biodiversité, la gestion des ressources énergétiques et les conséquences de la pollution.

Et le second point ?

Dans un second temps nous voulions affirmer qu’il était important que dans plusieurs des nouveaux parcours évoqués par le rapport, les SVT soient présentes. Il faut qu’en première et terminale, les jeunes qui désirent s’orienter vers les professions de santé, de l’agro-alimentaire ou de l’environnement bénéficient de programmes adaptés à l’orientation qu’ils ont déjà choisie (« unité d’approfondissement et de complément » du rapport Mathiot).

Parmi les options proposées, il est nécessaire de prévoir l’association SVT-physique et chimie, et l’association SVT-maths, options les plus adaptées pour acquérir les prérequis facilitant leur formation ultérieure.

Que pensez-vous de la formation actuelle des lycéens aspirant aux études de médecine ?

Nous pensons que la place des « sciences dures » dans les filières de sélection est peut-être trop importante. Ce sont souvent les élèves qui ont des facilités dans ces matières qui sont majoritaires dans les études de médecine et réussissent le mieux. Or, un certain nombre de compétences, qui font la richesse de la profession médicale relèvent des matières littéraires et philosophiques. Il serait bon d’insister davantage sur ce point pour ne pas gommer le côté humaniste de cette profession. Se priver des élèves doués en philosophie et littérature, c’est dommage.

Trouvez vous que l’éducation des élèves à la santé est suffisante dans le milieu scolaire ?

Ce qui est sûr c’est qu’en quelques dizaines d’années, nous avons pris conscience que ce devait être un enjeu majeur au sein même des établissements scolaires. On a d’ailleurs fait jouer à la médecine scolaire un rôle important dans l’éducation à la santé. Le problème, c’est que cette profession est en déclin du fait d’une désertification majeure des médecins scolaires

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