CLISE : un séminaire à Rennes pour découvrir la classe inversée autrement

Pendant la semaine de la classe inversée, un séminaire est organisé à Rennes, le 31 janvier. L'occasion pour une quinzaine de profs de présenter leurs différentes méthodes.

La "classe accompagnée" d'Alan Coughlin / letlearn.eu

La « classe accompagnée » d’Alan Coughlin / letlearn.eu

Comme chaque année depuis 2016, la CLISE, la semaine de la classe inversée, se déroule du 29 janvier au 4 février, partout en France, afin de permettre aux enseignants pratiquant la « flipped classroom » d’ouvrir leurs classes.

A cette occasion, Régine Ballonad-Berthois, professeure d’anglais au collège Léonard de Vinci de Saint-Brieuc, organise avec le collectif Inversons la Classe, dont elle est membre, une rencontre entre praticiens à Rennes, le 31 janvier.

Les TICE et les pédagogies actives dans le monde

Destiné aux enseignants du premier degré jusqu’au supérieur, ce séminaire, sorte de mini-CLIC (le congrès de la classe inversée), débutera par une conférence plénière de la présidente de l’association, Héloïse Dufour, sur la classe inversée comme « vecteur de changements », et se poursuivra avec une table ronde à laquelle participeront le DAN (Délégué Académique au Numérique) Alain Van Sante, et Svenia Busson, experte en pédagogies actives.

Cette dernière, qui a réalisé en 2016 un tour du monde à la découverte des innovations du secteur des technologies de l’éducation (les « EdTech »), tiendra également une conférence sur le numérique éducatif et les pédagogies actives dans le monde – notamment en Finlande, en Australie et en Corée du Sud.

La « classe accompagnée »

Une quinzaine d’ateliers / retours-d’expérience auront lieu durant le séminaire de Rennes, notamment une très intéressante présentation de la classe accompagnée – une classe inversée originale, conçue en 2013 par Alan Coughlin, prof d’anglais au collège Max Jacob de Josselin.

L’idée : permettre à chaque élève de « construire un parcours individuel d’apprentissage, qui développe son autonomie, dans un cadre coopératif », en lui donnant « le contrôle sur son rythme de travail », plutôt qu’en lui imposant celui du cours. « La salle de classe est à la disposition des élèves, qui peuvent s’y déplacer librement, l’organiser comme ils l’entendent, et utiliser l’équipement au gré de leurs besoins », explique l’enseignant sur le site qui présente sa méthode. Classe inversée oblige, tout le contenu du cours est mis à disposition des élèves dès le début de la séquence et les élèves ont plusieurs séances pour réaliser leurs travaux, chacun à leur rythme, à partir de « feuilles de routes ». L’enseignant accompagne juste, dans une écoute bienveillante.

« Sortir de la caricature de la capsule avant le cours »

D’autres enseignants proposeront à leurs pairs intéressés de découvrir leurs classes inversées, en langues vivantes, mais aussi en EPS, en musique, en physique-chimie ou en EMC (enseignement moral et civique). Jean-Michel Le Baut, prof de lettres au lycée de l’Iroise à Brest, présentera notamment comment il a rendu ses élèves auteurs, en les faisant publier des articles sur un blog d’écriture, à destination de lycéens italiens.

i-voix : un projet numérique collaboratif d'écriture en partenariat avec des lycéens italiens / classe de Jean-Michel Le Baut

i-voix : un projet numérique collaboratif d’écriture en partenariat avec des lycéens italiens / classe de Jean-Michel Le Baut

« On veut sortir de cette caricature de la capsule avant le cours, en montrant différentes applications de la classe inversée, qui permettent de montrer qu’il s’agit avant tout d’une pédagogie active : il ne suffit pas de mettre les élèves devant une vidéo, il faut aussi réfléchir à l’utilisation des capsules (quand, où ?) et à la façon de rendre ensuite les jeunes acteurs de leur apprentissage », note Régine Ballonad-Berthois.

Cette dernière présentera aussi ce qu’elle met actuellement en place dans sa classe inversée : un projet d’échanges entre ses élèves et ceux d’un collège de Floride, en vidéos, destiné à leur permettre de « s’intéresser aux autres cultures ». La flipped classroom lui permet dans ce cadre de « moduler » l’espace et le temps : « ce qu’on commence en classe, on le prolonge en dehors du cours. Vu le décalage horaire avec les USA, les élèves sont autonomes et libres de choisir le moment où ils rendront leur travail ».

L’année dernière, le séminaire de Rennes avait réuni 150 personnes. Cette année, Régine Ballonad-Berthois espère en attirer « autant, voire plus ». Pour elle, cet événement sera l’occasion de « casser les fantasmes qui peuvent exister » autour de la classe inversée – notamment celui selon lequel l’enseignant ne serait plus utile avec l’inversement cours/devoirs et l’autonomie des élèves ; ou encore celui selon lequel il n’existerait qu’une seule forme de flipped classroom. « Il en existe plusieurs, et d’une discipline à une autre, ou même au sein d’une même discipline, l’approche n’est pas forcément la même », conclut-elle.

Séminaire sur la classe inversée à Rennes, Pôle Numérique Villejean – le mercredi 31 janvier, de 9h à 17h.

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