Réforme du lycée : la FCPE et le SE-UNSA restent sur leurs gardes

Alors que JM Blanquer doit discuter avec les syndicats avant de prendre sa décision sur la réforme du lycée, la FCPE et le SE-Unsa restent partagés sur le rapport Mathiot.

Unrecognizable teenage students in high school hall / Shutterstock

Unrecognizable teenage students in high school hall / Shutterstock

Tandis que le SNES s’oppose à la réforme du lycée, et que le SGEN s’avoue « inquiet », le syndicat SE-Unsa et la FCPE demeurent circonspects face au rapport Mathiot, qui propose des pistes pour transformer le Bac et le second cycle du secondaire, en le rendant modulaire.

« Ne pas faire des économies »

Pour le SE-Unsa, « le plus difficile reste à faire ». Alors que des discussions vont s’ouvrir avec les syndicats, l’organisation écrit sur son site que les propositions de Pierre Mathiot sont « intéressantes », mais que le projet comporte « des limites ».

Parmi les « points positifs » relevés : l’introduction d’un oral à l’issue d’un projet alliant deux disciplines, « l’amélioration de la valeur certificative du diplôme et des élèves rassurés par une validation régulière de leurs acquis », le « développement accompagné de l’autonomie des élèves », et l’organisation de l’année en semestres « pour desserrer l’étau des bulletins et conseils de classe tous les trois mois ».

Mais le syndicat décline aussi une série de « points d’alerte ». D’abord, une « hyperspécialisation des élèves du point de vue de Parcoursup » et ses « possibles conséquences » sur l’orientation – la prise en compte des notes du Bac au sein de Parcoursup risquant de « réduire les choix ».

Diligent girls and boys taking the notes while teacher giving a class / Shutterstock

Diligent girls and boys taking the notes while teacher giving a class / Shutterstock

Le SE-Unsa s’inquiète aussi de la « complexification de l’organisation » et des contenus d’enseignement du lycée, par une « multiplication des combinaisons possibles entre les majeures et des mineures de spécialisation ou d’ouverture ».

Enfin, le syndicat craint les conséquences de la « logique des deux majeures » pour les disciplines peu choisies, comme la LV2 ou les SVT ; et l’impact d’une modularité semestrielle « non encadrée » sur l’organisation des services enseignants.

« Le lycée ne doit pas devenir un lieu de pré-orientation du supérieur »

Alors que des sénateurs ont déposé un recours auprès du Conseil d’État contre Parcoursup, la FCPE alerte dans un communiqué sur « une réforme du lycée qui oublie une bonne partie des élèves ». L’organisation remarque que l’enseignement professionnel « semble absent des travaux du ministère », et fait l’objet d’une mission spécifique.

« Les trois voies du lycée doivent évoluer ensemble, malgré leur spécificité. Ce choix de séparer les réformes sur les voies du lycée marque un renoncement à l’ambition d’un lycée pour tous, où quelle que soit la spécialisation choisie, les élèves apprennent ensemble », écrit la FCPE.

Students doing homework and preparing exam at university, closeup of young man writing in college library / Shutterstock

Students doing homework and preparing exam at university, closeup of young man writing in college library / Shutterstock

Le syndicat est favorable à une réduction des épreuves du Bac, « source de stress et de bachotage », et salue des propositions allant pour lui dans le bon sens – comme le grand oral, qui permettrait de « réduire les inégalités face à la réussite », si les élèves sont toutefois « bien préparés ».

Mais la FCPE s’oppose à l’idée d’un lycée modulaire. « Remplacer les filières S, L et ES de la voie générale et technologique par des parcours ne simplifiera rien et ne résoudra pas le problème de fond : la hiérarchie et le cloisonnement des filières, qui aboutissent à des orientations subies », indique-t-elle, avant d’ajouter que le lycée ne doit pas devenir un lieu de « pré-orientation de l’enseignement supérieur ».

« Si ce que les élèves apprennent au lycée doit être un appui pour qu’ils construisent leur projet post-bac, parce qu’ils y approfondissent leur centre d’intérêt, l’accès à la filière de leur choix dans le supérieur doit rester la règle, quel que soit le parcours réalisé par l’élève au lycée », conclut la FCPE.

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