Valentin, étudiant à l’ENS Ulm, raconte son quotidien

Réputée comme étant l’une des écoles les plus difficiles de France, comment l’Ecole Normale Supérieure est-elle perçue par ses étudiants ? Entretien avec Valentin Cocco, président du bureau des élèves de l’ENS Ulm.

Ecole Normale Supérieure

Ecole Normale Supérieure

Pouvez-vous nous expliquer votre parcours ?

Après ma terminale S, je suis parti en classe préparatoire BCPST, parce que la filière BCPST propose à la fois maths, physique, chimie et S.V.T. Pendant mes deux années de prépa, j’ai dû énormément travailler, mais sans regrets : on y apprend énormément de choses, les professeurs sont sympas (et non pas d’atroces tyrans comme certaines rumeurs le disent) et surtout l’ambiance de classe y était très bonne. A la fin de ces 2 années ont eu lieu les concours pour intégrer une école. J’ai beaucoup hésité entre AgroParisTech et l’ENS qui sont deux très bonnes écoles, mais proposent des débouchés assez différents. J’ai finalement choisi l’ENS, principalement pour sa formation autorisant des parcours très personnalisés. Je suis maintenant en deuxième année (M1) à l’ENS, au sein du département de biologie, et je me spécialise progressivement en écologie.

Comment se déroule le cursus à l’ENS ?

Il y a 15 départements différents, littéraires (sciences de l’Antiquité, littérature, philosophie, histoire…) et scientifiques (chimie, informatique, biologie, géosciences, mathématiques…). Par la voie concours, on intègre l’ENS pour 4 ans de scolarité, dans le département de notre choix (très lié au concours que nous avons passé). S’y insère souvent 1 (voire 2) année de césure. Pendant ces 4 années, on obtient entre autres notre master dans la discipline de notre choix. Je pourrai difficilement faire plus de généralités, car au-delà de ces contraintes, chacun construit son propre parcours (année de préparation au concours de l’agrégation, année de pré-thèse, année de stage, double diplôme…). C’est le point fort de l’Ecole : nous avons énormément d’opportunités pour avoir la formation qui nous convient le plus.

Il y a aussi la voie d’entrée par dossier, où l’on intègre l’école pour 3 ans, et sans engagement décennal et salaire, mais ce sont globalement les seules différences avec la voie concours.

L’ENS est une école formant principalement à la recherche (et dans une moindre mesure, à l’enseignement), même si elle permet de plus en plus d’accéder à d’autres métiers, à partir du moment où l’on souhaite s’orienter vers une autre voie.

Pouvez-vous nous décrire une semaine type de travail à l’ENS ?

Etant donné la diversité de parcours, ce sera très hétérogène. Je donnerai donc mon exemple, même si ce sera très variable.

En L3 (première année à l’ENS), j’avais une petite trentaine d’heures de cours hebdomadaires, en comptant les cours de mon département, et ceux que je prenais dans d’autres départements (en géosciences par exemple). Les weekends sont libres.

Globalement, le format est moins scolaire qu’en classes préparatoires (pas de programme officiel avec des connaissances obligatoires, mais des cours-conférences par des intervenants spécialistes dans leur domaine) : l’objectif est plus de nous proposer une diversité de contenu pour avoir une base solide et trouver la branche dans laquelle on souhaite se spécialiser.

Cette année (M1), les cours sont construits sur un modèle de modules de deux semaines (par exemple, j’ai suivi pendant mes deux dernières semaines un module d’écologie évolutive). On est dans un format assez proche de l’université. Je partirai au semestre prochain en stage de recherche à l’étranger.

Comment gérez-vous la charge de travail au quotidien ?

La charge de travail est plus légère qu’en classe préparatoire. De plus, la sélection à l’entrée de l’école fait que les étudiants sont généralement très efficaces dans leur travail. Finalement, plus que du temps, il faut surtout de l’organisation pour pouvoir assurer le travail demandé. Nous avons pas mal de temps libre et tant mieux, car il n’y a pas que les études, et l’ENS est l’occasion de faire d’autres choses que des cours, surtout après une classe préparatoire très dense.

Quels conseils donneriez-vous à des élèves souhaitant intégrer l’ENS ?

Le plus dur à l’ENS, c’est de l’intégrer. La première chose pour cela est d’aimer les cours. Il faut aimer engranger plein de connaissances et de méthodes, être curieux donc. Ensuite, au cours du lycée, acquérir progressivement une rigueur de travail. Il faut être bon élève, mais cela ne sert à rien de se mettre la pression dès le lycée. Enfin pendant les deux années de classes préparatoires ou de faculté, se donner à fond (en respectant sa santé physique et mentale bien sûr). L’ENS semble souvent inaccessible (et on ne peut pas nier que c’est très difficile d’y entrer), mais on ne peut pas savoir, tant qu’on n’a pas passé les concours, si on peut y rentrer ou non.

Vous êtes président du bureau des élèves, quelles sont vos missions au quotidien ?

Le bureau des élèves (en coopération avec le bureau des sports, et d’autres groupes)  est chargé d’animer la vie de l’école. C’est une interface avec les divers clubs (fanfare, cuisine, oenologie, jeux de société, cinéclub, photographie, arts plastiques…), mais aussi avec l’administration et les étudiants. Nous organisons des événements plus ou moins importants : une soirée dans le bar de l’école toutes les semaines, de plus grandes soirées (environ 4 par an), mais aussi le weekend d’intégration, un festival d’art, un weekend à l’étranger… Nous proposons beaucoup de services : places de spectacles dans des grandes salles parisiennes (l’opéra Garnier, la Philharmonie, la Comédie Française…), visites de musée, partenariats avec des boutiques alentours, permanences quotidiennes. Être président du bureau des élèves est extrêmement chronophage ! Mais on acquiert aussi beaucoup de compétences que les cours ne nous apportent pas.

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