Concours enseignants second degré : « un mauvais signal » aux futurs profs

Le nombre de postes ouverts aux concours du second degré est en baisse de 20%. Les syndicats dénoncent une "mauvaise réponse" à la crise du recrutement.

enseignant fatigué

© contrastwerkstatt – Fotolia

Le 29 novembre, le Journal Officiel publiait le nombre de postes proposés aux concours enseignants du second degré pour 2018. Des chiffres en diminution, que ce soit au Capes (5833 au concours externe, contre 7315 en 2017) ou à l’Agreg (1555 au concours externe, contre 1920 en 2017).

Une baisse de 20% par rapport à 2017

En tout, 15 690 postes sont offerts aux concours des enseignants du second degré et des personnels d’éducation, contre 17 960 l’année dernière – une baisse de 20 %.

En outre, dans des disciplines déjà en déficit, le nombre de postes mis au concours reste en baisse, et est même supérieur au nombre de postes effectivement pourvus en 2017. Quelque 275 postes ont été ouverts au Capes externe d’allemand, contre 345 en 2017, pour 149 pourvus. En ce qui concerne le Capes externe de lettres classiques, l’année dernière 230 postes avaient été ouverts, pour 68 pourvus : cette année, seuls 183 postes ont été offerts. Cette situation ne manque pas d’inquiéter le SE-UNSA, l’APSES (association des professeurs de SES) et la Société des agrégés.

« Le gouvernement renoue avec une spirale négative trop connue »

« Avec des diminutions de 14 % pour toutes les voies de tous les concours du second degré, dont une baisse de 20 % pour les seuls concours externes, la première session du quinquennat Macron rompt avec la politique volontariste de recrutement des dernières années. Cet ajustement pragmatique conduit à renouer avec une spirale négative trop connue », regrette le SE-UNSA dans un communiqué. Pour le syndicat, « alors que le métier d’enseignant rencontre d’importantes difficultés d’attractivité, le gouvernement fait le choix d’envoyer un très mauvais signal à ceux qui font le projet de devenir professeur ».

L’APSES « stupéfaite »

Alexandra Rayzal, professeur en lycée à Paris, a mené un jeu de rôle historique avec sa classe de seconde, sur le thème du Congrès de Vienne (1815).

La classe d’Alexandra Rayzal, professeur en lycée à Paris / DR.

Sur son site, l’APSES déclare avoir « pris connaissance avec stupéfaction de la chute du nombre de postes ouverts aux concours du Capes externe (-25%) et de l’Agrégation externe (-19%) de SES. Une baisse plus forte encore que la moyenne des disciplines de l’enseignement secondaire, elles-mêmes durement touchées (-20%). »

Pourtant, note l’association, « les sciences économiques et sociales ne connaissent aucune difficulté de recrutement », et font partie des « rares disciplines où tous les postes à ces concours sont pourvus, avec une sélectivité qui demeure très forte ». Depuis plusieurs années, ajoute-t-elle, les SES sont en sous-effectifs, « avec un recours aux collègues non-titulaires particulièrement élevé », quand  « la demande sociale pour la diffusion de la culture économique et sociale au plus grand nombre n’a jamais été aussi forte. »

« Une mauvaise réponse à la crise du recrutement » (Société des agrégés)

La Société des agrégés dénonce de son côté une diminution du nombre de postes « qui est une mauvaise réponse à la crise du recrutement ». Elle dénonce « l’absence persistante d’un plan pluriannuel de recrutement », indiquant que « la baisse drastique du nombre de postes offerts à l’agrégation externe cette année s’inscrit dans une politique erratique qui voit, sans justification, se succéder hausses et baisses brutales ».

L’organisation s’interroge en outre « sur le mode retenu pour calculer la diminution du nombre de postes ». Ainsi, elle ne constate « aucune corrélation entre le nombre de postes supprimés et les difficultés de recrutement (donc le manque de candidats de bon niveau) dans certaines disciplines ».

La Société des agrégés conclut en indiquant attendre une politique qui « garantisse un haut niveau de recrutement », estimant qu’il est urgent de « se préoccuper du niveau général des étudiants susceptibles de passer le concours, plutôt que réduire le nombre de postes. »

1 commentaire sur "Concours enseignants second degré : « un mauvais signal » aux futurs profs"

  1. Renault Elie  9 décembre 2017 à 23 h 01 min

    Désespérant ! C’est terrible, cette mauvaise habitude de considérer les recrutement CAPES-AGREG comme une stupide variable d’ajustement, et la masse salariale enseignante comme une mine d’or à rogner, tondre et élaguer ! Ma génération a vécu de terribles à-coups dans les années Giscard, qui ont induit des souffrances inutiles et le découragement de nombreux aspirants profs, qui ont tranquillement fait carrière ailleurs, privé, recherche, finances. Une sélectivité inouïe entre 1975 et 1985, suivie par des années où les concours sont devenus beaucoup moins difficiles.
    Il serait pourtant si simple d’organiser un plan pluri-annuel de recrutements et de pré-recrutements, cela rendrait d’immenses services à des étudiants sérieux issus de familles modestes.Signaler un abus

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