Effectifs, temps passé en classe : la France au-dessus de la moyenne OCDE

L'édition 2017 du rapport de l'OCDE, "Regards sur l'éducation", a été publiée. La France, au-dessus de la moyenne en nombre d'élèves par classe et par prof, l'est aussi en nombre d'heures de cours.

Regards sur l'éducation 2017 / OCDE

Regards sur l’éducation 2017 / OCDE

L’édition 2017 de « Regards sur l’éducation » a été publiée ce mardi 12 septembre. Principal recueil de statistiques nationales comparables mesurant la situation de l’éducation à l’échelle internationale, ce rapport traite notamment de l’environnement d’apprentissage et de l’organisation scolaire.

L’occasion, donc, d’en savoir plus sur les effectifs par classes, le taux d’encadrement, ainsi que le nombre d’heures de cours – dans les 35 pays membres de l’OCDE, ainsi que chez ses pays partenaires (Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Brésil, Chine, Colombie, Inde, Indonésie, Lettonie, Russie).

Effectifs par classes : la France au dessus de la moyenne

La taille des classes est actuellement au cœur des débats sur l’éducation, notamment en France : Jean-Michel Blanquer compte ainsi mettre en oeuvre l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron, à savoir le dédoublement des classes de CP-CE1 en REP/REP+. Pour la rentrée 2017, il a déjà commencé à  limiter à 12 le nombre d’élèves par classe, dans 85% des classes de CP des écoles primaires REP.

Les CM1-CM2 de Soledad Messiaen en plein exercice.

Les CM1-CM2 de Soledad Messiaen en plein exercice.

Comme le note l’OCDE dans son rapport, « il est courant de considérer que des effectifs plus réduits sont bénéfiques, car ils permettent aux enseignants de se concentrer davantage sur les besoins de chacun de leurs élèves et de passer moins de temps à gérer les perturbations pendant les cours ». Ainsi, une récente étude de l’Institut des politiques publiques indique que réduire le nombre d’élèves par classe « améliore la réussite scolaire », et que « le dédoublement d’une classe de 24 élèves améliore les performances des élèves de façon significative ».

Mais l’OCDE nuance ce postulat. « Même s’il apparaît que des effectifs plus réduits en classe pourraient être bénéfiques pour certains groupes spécifiques d’élèves, notamment les élèves défavorisés », écrit l’organisation, les effets de la variation de la taille des classes sur la performance des élèves ne sont pas étayés par des éléments probants », en faisant référence à plusieurs études, dont celle des français Thomas Piketty et Mathieu Valdenaire sur l’impact de la taille des classes sur la réussite scolaire, et celle de Peter Fredriksson, de l’Université de Stockholm, qui porte sur  le devenir de jeunes Suédois âgés de 10 à 13 ans entrés à l’école entre 1967 et 1982.

classe de collège

© Monkey Business – Fotolia.com

Selon les statistiques dévoilées dans le rapport, on comptait dans les pays de l’OCDE, en moyenne 21 élèves par classe dans l’enseignement primaire en 2015 – une moyenne s’élevant à 23 élèves dans le premier cycle du secondaire, correspondant en France au collège.

Les graphiques de l’OCDE permettent de constater qu’en 2015, la France se situait au-dessus de la moyenne, avec environ 23 élèves par classe en primaire, et 25 au collège. La plupart des autres pays européens sont par contre dans la moyenne : l’Allemagne et l’Espagne comptent par exemple entre 21 et 22 élèves par classe dans l’enseignement primaire, et entre 24 et 26 élèves par classe dans le premier cycle du secondaire.

Les pays dans lesquels les classes sont les moins denses sont le Luxembourg et la Lituanie, où les élèves sont 16 par classe en primaire, et entre 15 et 19 au collège. A contrario, le Japon et la Chine comptent respectivement 27 et 37 élèves par classe à l’école, et des classes de 28 et 49 élèves au premier cycle du secondaire.

12 élèves par prof en Italie, en primaire comme en secondaire

Les 6e années de Karine Richard, à l'école de Saint-Jérôme, Québec.

Les 6e années de Karine Richard, à l’école de Saint-Jérôme, Québec.

Indicateur important également, le taux d’encadrement : dans les pays de l’OCDE, en 2015, on comptait en moyenne 15 élèves par enseignant dans le primaire, et 13 dans le secondaire. Dans cette perspective, la France se situe là encore au-dessus de la moyenne, avec 19 élèves par prof à l’école primaire, et 13 au collège et au lycée.

Ailleurs en Europe, l’Allemagne se situe dans la moyenne de l’OCDE (15 – 13), et l’Espagne juste en dessous (14 – 11). Au Luxembourg, en Italie et en Suède, les élèves sont respectivement 11, 12 et 13 par enseignant, que l’on regarde en primaire ou en secondaire.

8104 heures de cours obligatoires suivies par an, en France, en primaire et au collège

L’OCDE s’intéresse aussi au nombre d’heures que passent les élèves en classe. « Dans les pays membres de l’organisation, les élèves suivent en moyenne 7538 heures de cours obligatoires dans l’enseignement primaire et le premier cycle de l’enseignement secondaire », indique le rapport Regards sur l’Education.

Tablettes hybrides et pédagogie inversée dans une classe de 6ème Dyslexie (reportage vidéo) / Strasbourg

Tablettes hybrides et pédagogie inversée dans une classe de 6ème Dyslexie (reportage vidéo) / Strasbourg

Là encore, la France se situe au-dessus de la moyenne de l’OCDE. Selon les statistiques de l’organisation, les élèves français suivent ainsi, en moyenne et par an, 8104 heures de cours obligatoires en primaire et au collège.

L’Allemagne et la Lettonie figurent parmi les pays européens situés sous la moyenne, avec 7365 et 5976 heures de cours obligatoires dans l’enseignement primaire et le premier cycle du secondaire.

2 commentaires sur "Effectifs, temps passé en classe : la France au-dessus de la moyenne OCDE"

  1. enseignante de base  17 septembre 2017 à 17 h 44 min

    ces moyennes ne sont absolument pas significatives des conditions d’encadrement dans les classes!
    pour ma part enseignante en maternelle en Gironde depuis plus de 20 ans je connais chaque année un effectif de 30 élèves avec au sein de la classe des enfants relevant parfois de troubles avérés et considérés comme tels par la M.D.P.H ou même cette année de primo-arrivants ne parlant pas français…
    et c’est dans un tel contexte qu’on nous demande d’être bienveillant…nous faisons notre possible au détriment de notre propre bonne santé nerveuse et notre perpétuel questionnement professionnel…c’est infernal !

    à quand un minimum de respect et une réelle évaluation de nos conditions de travail?

    les 39 h par semaine on en est très très loin ! et le temps fantôme des entrées et sorties de l’école maternelle : là encore à quand sa prise en compte?
    en ce qui concerne les temps de préparation intellectuelle ou matérielle de la classe là encore c’est un nombre d’heures conséquent…
    et puis il y a les réunions et les rendez-vous parents , les temps de formation, les réunions d’école, de cycle, les équipes éducatives, le soutien pendant la pause méridienne…et j’en oublie sans doute!…

    c’est ça la réalité professionnelle d’un enseignant

    ex: vendredi dernier alors que la sortie des classes s’effectue à 16 : arrivée d’une nounou à 16h 55 : elle était coincée dans les embouteillages…sauf que une fois de plus une heure de présence supplémentaire non comptabilisée car la garderie n’accepte pas de prendre un enfant non inscrit…
    et c’est loin d’être une exception…que dire des 10 mn avant chaque entrée et sorties…si l’on compte bien cela fait déjà 40 mn par jour qui ne sont pas comptabilisées voilà le lot quotidien de chaque enseignant

    – présentiel horaire devant les élèves : plus que la moyenne de l’ocde
    -présentiel dans les locaux de l’école en dehors de nos obligations de service : purement et simplement non comptabilisé,
    -encadrement des élèves : situation d’effectifs de classe à 30 élèves!
    et pour couronner le tout
    -une rémunération bien en deça là encore de la moyenne de l’ocde !

    qu’il fait bon d’être enseignant!
    alors j’entends d’ici les gens bien pensants me dire : « mais vous avez les vacances tout de même! »
    alors apprenez que notre salaire est annualisé et que nous avons 5 semaines de congés payés : comme tout le monde.
    et autre chose : sans ces périodes de « répit » sachez que nous ne tiendrions pas ni physiquement et encore moins nerveusement.
    cela me fait dire qu’il faut vraiment aimer son métier et avoir la foi pour continuer de l’exercer !Signaler un abus

    Répondre
  2. profencolère  21 septembre 2017 à 19 h 50 min

    Quelle utilité tous ces rapports de l’OCDE ?
    Ils ont beau montrer que la France a les effectifs les plus importants, les enseignants les moins bien payés, rien ne change, le gouvernement fait la sourde oreille et voudrait la même réussite que celle des « meilleurs » pays mais avec des moyens de pacotille et des sureffectifs partout.
    Et bien non, ça ne marche pas, les miracles, ça n’existe pas à ce niveau là !!Signaler un abus

    Répondre

Partagez votre avis

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée .

Captcha *

Modération par la rédaction de VousNousIls. Conformément à la loi relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. Pour exercer ce droit adressez-vous à CASDEN Banque Populaire, VousNousIls.fr, 91 Cours des roches, Noisiel, 77424 Marne La Vallée Cedex 2.

Recherche dans les archives

Vous