Rentrée : le plan de JM Blanquer pour « une École de la confiance »

Lors de sa conférence de rentrée, Jean-Michel Blanquer a présenté sa feuille de route, pour une "École de la confiance" - du dédoublement des CP en REP+ à la lecture, en passant par le Bac et des évaluations au CP et en 6e.

Jean-Michel Blanquer, lors de sa première conférence de rentrée, le 29 août 2017.

Jean-Michel Blanquer, lors de sa première conférence de rentrée, le 29 août 2017.

Pour sa première conférence de rentrée, la “devise” de Jean-Michel Blanquer était “pour l’École de la confiance”. Après être revenu sur plusieurs mesures déjà lancées – dédoublement des classes de CP en REP+, rythmes scolaires, collège -, il a présenté sa feuille de route.

Après avoir rendu hommage aux enseignants, dont il a loué la “noblesse”, le ministre de l’Education nationale a réaffirmé sa volonté d’une “confiance envers les acteurs du système éducatif – profs et chefs d’établissements”. Pour lui, afin de contribuer à créer une “société de la confiance”, il faut d’abord “faire émerger une École de la confiance”.

Face au “scepticisme” entourant ses projets dévoilés cet été, Jean-Michel Blanquer a indiqué que nombre de ses annonces étaient devenues réalité pour la rentrée. Et celui que la presse a surnommé “le ministre Ctrl-Z” a indiqué ne “pas vouloir revenir sur tout” ce qui a été accompli par Najat Vallaud-Belkacem, mais plutôt s’efforcer de “renforcer le positif, et de corriger le négatif”.

Rythmes scolaires : “aucune étude ne prouve la supériorité d’une formule”

Le ministre est revenu sur le primaire, “chantier prioritaire”, et en particulier sur l’assouplissement de la réforme des rythmes scolaires, qui a permis à plusieurs communes de revenir à la semaine de 4 jours.  “Il s’agissait d’une action pragmatique, de bon sens, car cela était demandé par un grand nombre de personnes”, assure-t-il, décrivant des situations “inégales et ambivalentes”, avec des communes “où les temps périscolaires étaient riches et variés, et d’autres où ils l’étaient beaucoup moins, en plus d’être payants, le plus souvent dans les communes rurales”.

Pour Jean-Michel Blanquer, “il ne s’agit pas d’un retour en arrière, mais d’une nouvelle étape”. Selon lui, l’idée n’est pas de revenir intégralement sur la réforme des rythmes scolaires, mais de tester deux formules, car “aucune étude ne démontre la supériorité de l’une sur l’autre”. Et d’annoncer une “concertation” sur les rythmes scolaires, notamment annuels, portant ainsi sur “le temps et l’espace de l’enfant au 21e siècle”. Parmi les sujets étudiés : le sommeil et la relation des enfants avec les écrans.

D’après le ministre de l’Education nationale, un tiers des communes seraient déjà retournées à la semaine de 4 jours. Celles restées sur 4,5 jours continueront, note-t-il, de bénéficier du Fonds de soutien aux activités périscolaires.

Dédoublement des classes de CP en REP+ : “ce que nous faisons est basé sur la recherche”

Jean-Michel Blanquer est ensuite revenu sur sa réforme des CP dédoublés en zone d’éducation prioritaire, consistant pour l’heure à mettre en place des classes à 12 élèves dans les 2500 classes de CP situées en REP+. “Ce que nous faisons est basé sur la recherche, sur ce qui fait ses preuves”, indique-t-il.

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

Ecole primaire en France, salle de classe / Licence CC Wikimedia / par Marianna

85% des classes de CP en REP+ seront dédoublées à la rentrée, et ne compteront que 12 élèves. Les 15% restant devront partager une salle avec une autre classe, faute de locaux suffisants. Les enseignants de ce dispositif seront “expérimentés”, assure le ministre. 90% d’entre eux auront 3 ans d’expérience, l’objectif étant les 100%.

Face à plusieurs syndicats, qui craignent que le développement des classes à 12 élèves ne se fasse au détriment du Plus de Maîtres que de Classes (PDMQDC), Jean-Michel Blanquer s’est voulu rassurant : “les deux tiers de ce dispositif seront préservés, avec entre 2000 et 2300 postes ‘plus de maîtres’ à la rentrée”.

Pour le ministre, pas question de supprimer le PDMQDC : “je lui laisse sa chance”, affirme-t-il. Mais selon lui, les recherches internationales “montrent actuellement que le dédoublement des classes est plus efficace”.

“Méthode globale : il en reste des traces”

Jean-Michel Blanquer a aussi abordé le sujet de l’apprentissage de la lecture, objet de récentes polémiques à propos de la méthode globale et de la méthode syllabique. “Je n’ai jamais dit que la méthode globale pure et absolue s’applique encore dans notre système éducatif ; mais il en reste des traces, qui nuisent à l’apprentissage. Ce n’est pas un faux débat”, a-t-il lancé. Et de se prononcer pour une “méthode mixte, associant le code et le sens”.

Annonçant une grande “mobilisation” en faveur de la lecture et du livre, car “la première inégalité se rencontre devant le langage”, et car savoir lire est “essentiel à la réussite scolaire”, le ministre en appelle à “l’unité nationale”, afin d’atteindre l’objectif de “100% de réussite en primaire” (en français et en maths).

Pour transmettre le “goût de la lecture”, 6 à 8 livres, en lien avec les programmes, seront proposés chaque année aux élèves, durant toute leur scolarité. Jean-Michel Blanquer souhaite aussi développer “le langage écrit et l’oral” en maternelle, afin de “réduire les inégalités”.

Des “évaluations diagnostiques constructives”

Le ministre de l’Education nationale a en outre annoncé la tenue de nouvelles évaluations nationales, portant sur le niveau des élèves en français et en mathématiques, et qui se tiendront en CP courant septembre (lecture, compréhension de l’écrit, vocabulaire, connaissance des lettres en français ; premières capacités de calcul et d’identification de formes géométriques en maths), et en 6e en novembre.

“Chaque élève bénéficiera d’un retour individualisé. Toutes les données collectées le seront selon un protocole d’anonymisation”, assure Jean-Michel Blanquer. Selon lui, ces “évaluations diagnostiques” en début d’année, qui ont “prouvé leur efficacité” dans d’autres pays européens, seront “constructives” et constitueront “un levier pour tous”.

Face aux inquiétudes des syndicats, qui craignent une mise en concurrence des établissements et des évaluations génératrices de stress, le ministre assure qu’il les consultera prochainement et restera “à leur écoute”.

Un budget en hausse de 1,2 milliards d’euros

Jean-Michel Blanquer, lors de sa première conférence de rentrée, le 29 août 2017.

Jean-Michel Blanquer, lors de sa première conférence de rentrée, le 29 août 2017.

Le budget de l’Education nationale sera augmenté dès 2018 de 1,2 milliards d’euros, passant ainsi de 49,3 milliards (hors pensions et cotisations) à 50,5 milliards d’euros. “L’Éducation a été définie comme une priorité, notamment budgétaire, par Emmanuel Macron”, explique Jean-Michel Blanquer. Et d’ajouter que les “efforts budgétaires” seront concentrés sur le primaire, “qui reste la grande priorité”.

Contrats aidés : 50.000 emplois d’AVS maintenus

Revenant ensuite sur la polémique entourant la réduction des contrats aidés (dont 23.157 ne seront pas renouvelés pour l’Education nationale à la rentrée 2017), Jean-Michel Blanquer assure que les emplois d’AVS (assistants de vie scolaire), qui accompagnent les élèves en situation de handicap, seront maintenus cette année, soit 50.000 contrats aidés.

Quant aux écoles qui ont reporté la rentrée d’une semaine, faute de personnel d’encadrement suffisant, notamment pour assurer le périscolaire (cantine, garderie…), le ministre indique que des IEN “sont partis à leur rencontre, afin de les consulter et de régler leurs situations, sur le terrain.”

Réforme du collège assouplie : une mission sur les langues anciennes

“Concernant la réforme du collège, assouplie, il s’agit là encore de corriger le négatif, en permettant le maintien des classes bilangues et des langues anciennes”, affirme Jean-Michel Blanquer. Lors de sa conférence de rentrée, le ministre a ainsi affirmé “ne pas être d’accord” avec l’idée selon laquelle “les sections linguistiques creuseraient les inégalités : au contraire, elles aident à les réduire !”, a-t-il lancé, annonçant la création prochaine d’une “mission sur les Langues et cultures de l’Antiquité” (LCA). Il confiera ainsi à un inspecteur général honoraire, Pascal Charvet, la tâche “d’identifier les voies pour développer l’enseignement des langues anciennes en France, d’une manière qui corresponde au 21e siècle… et qui sache nous donner des racines et des ailes”.

Un bac “remusclé”

Enfin, Jean-Michel Blanquer a présenté son projet de réforme du Baccalauréat, qui selon lui a “atteint une lourdeur et une complexité unanimement dénoncées, qui rigidifient le lycée.” Selon lui, “il ne s’agit pas de le supprimer, mais de le renforcer, et d’en faire un levier de réussite vers le supérieur.”

Des concertations et réflexions (auprès de chercheurs et de la communauté enseignante) seront menées à partir d’octobre 2017, afin de “dégager, dès 2018, la vision” d’un Bac “remusclé”, qui devrait être mis en place en 2021. Comme le rappelle Jean-Michel Blanquer, l’idée serait de recentrer les épreuves terminales sur quelques disciplines “fondamentales”, et d’évaluer les autres à travers le contrôle continu.

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