Des associations plaident pour des “États généraux de l’éducation”

30 organisations de jeunesse appellent E. Macron à convoquer des “États généraux de l’éducation”. Objectif : relancer un "pacte éducatif" associant les forces vives du pays.

Ecoliers

© Syda Productions – Fotolia

Mi-juillet, à l’initiative de Vers Le Haut, think tank dédié aux jeunes et à l’éducation, des organisations de jeunesse ont appelé Emmanuel Macron à convoquer des “États généraux de l’éducation”, sur le modèle du Grenelle de l’environnement. Parmi les 30 acteurs de l’éducation à l’origine de cette lettre au président de la république : les Apprentis d’Auteuil, Cercle Ecole et Société, Printemps de l’éducation, SOS Village d’Enfants, le Syndicat Général des Lycéens (SGL) et UnisCité.

« Sortir des carcans idéologiques »

“Monsieur le Président, Vous avez été élu à la Présidence de la République en mettant notamment l’éducation au rang de vos priorités”, écrivent les organisations. “Des initiatives positives se développent partout en France, dans les familles, les écoles, les associations, les communes, les mouvements de jeunesse, les entreprises… Pourtant, des blocages persistent et, malgré les bonnes volontés, les réponses ne sont pas à la hauteur des enjeux”, ajoutent-elles.

Pour les associations de jeunesse, “il y a urgence à agir ! Il est temps de sortir des carcans idéologiques et des blocages institutionnels pour relancer ensemble un pacte éducatif associant largement les forces vives de notre pays.” Selon elles, l’enjeu à travers ces États Généraux de l’Éducation “n’est pas d’apporter une réponse unique à tous les défis éducatifs, mais de poser le cadre qui permettra aux familles, aux enseignants, aux éducateurs, aux pouvoirs publics, aux acteurs associatifs et aux entreprises de se mobiliser efficacement sur le terrain auprès des jeunes.”

« Une renouveau de l’école nécessaire »

Les portes manteaux à l'école © kriss75

Les portes manteaux à l’école © kriss75

“On présente à tort l’école comme au centre de tout, responsable de tout, et coupable de tout”, remarque Nicolas Truelle, directeur général des Apprentis d’Auteuil, dans Le Parisien. Selon lui, “l’idée d’un Grenelle est de faire émerger toutes les initiatives qui, sur le terrain, fonctionnent et faire dialoguer tous les acteurs.” D’après le quotidien, “un tel mouvement, ouvert sur la société civile, n’a encore jamais vu le jour concernant l’éducation.”

De son côté, Jean-Michel Djian, ancien rédacteur en chef du Monde de l’Éducation, plaide dans Ouest-France pour un “renouveau de l’école”, et soutient pleinement la tenue d’États généraux de l’éducation. Pour lui, une “refondation” est nécessaire, et celle-ci doit “placer l’intérêt de l’enfant avant toute autre préoccupation, quitte à mettre la politique du chiffre et les directives du ministère de côté”.

« Assez de rencontres coûteuses et inutiles »

Attention toutefois à ne pas se focaliser que sur l’École. Selon Marc Vannesson, de Vers le haut, le problème ne “relève pas uniquement de l’Éducation nationale”. Ainsi, indique-t-il dans une interview au Point, “la question scolaire n’est pas le seul enjeu. Tant qu’on continuera à penser que la réponse passe exclusivement par l’école, nous n’arriverons pas à faire face à la crise éducative. Il faut sortir des approches cloisonnées pour répondre aux grands défis : l’échec scolaire et le déterminisme social à l’école, le chômage, les tensions croissantes dans la société…”

D’après Vers le haut, des thématiques comme « le soutien à la parentalité » et la revalorisation du métier d’enseignant “sont cruciales” et devraient être abordées, si des États généraux de l’éducation sont organisés.

Sur Facebook, Veronique Decker, directrice d’école à Bobigny, reste sceptique quant à un « Grenelle » de l’éducation : « assez de rencontres coûteuses et inutiles. Ce dont nous avons besoin c’est de stages de formation pour les enseignants, de financements publics et pérennes pour nos projets, d’embauches de remplaçants formés ».

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