Education civique : rien de tel qu’un vrai vote !

L'association Electeurs en herbe promeut l'éducation à la citoyenneté par la pratique. Elle a initié cette année des élections présidentielles dans 8 établissements. Rencontre avec son vice-président, Jean-Baptiste Prévot.

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vote-college/Shutterstock

Pouvez-vous vous présenter et nous présenter Electeurs en herbe ?

Je suis professeur d’histoire-géographie au collège Eugénie Cotton au Blanc Mesnil, et je suis enseignant depuis dix ans. J’ai par ailleurs eu une vie associative, dans une radio étudiante, et dans le réseau Animafac.

Avec entre autres des membres d’associations, nous avons monté le projet Electeurs en herbe. Electeurs en herbe est une association loi 1901, qui a été créée en septembre dernier. Nous sommes actuellement dans une démarche visant à obtenir l’agrément du ministère de l’Education nationale.

Notre association comprend des enseignants, et aussi des personnes qui viennent des associations de l’éducation populaire. Nous sommes une vingtaine en tout.

Les questions de citoyenneté au coeur de notre association doivent en effet être portées aussi bien par l’Education nationale que par l’éducation populaire.

Comment est née l’idée de créer Electeurs en herbe ?

Le CNESCO avait publié un rapport en 2015 montrant que l’éducation civique était encore trop souvent enseignée sous forme de cours magistral. De par notre expérience associative où nous avons l’habitude du débat, nous avons voulu proposer une autre façon de faire de l’éducation civique, plus proche des élèves. A l’occasion des élections présidentielles de 2017, nous avons voulu proposer autre chose et nous sommes tombés sur un projet québécois, qui existe depuis 2001 : Electeurs en herbe. Nous avons repris exactement le même nom. Nous les avons contactés et nous nous sommes inspirés d’eux : en éducation civique, les élèves doivent certes connaître les institutions, mais également pratiquer le vote. Pour nous, il faut organiser une simulation de vote dans le cadre scolaire. Nous avons repris leurs fiches d’activités, en les adaptant : nous avons voulu montrer que l’engagement citoyen, c’est le vote bien sûr, mais c’est également au quotidien. Trier ses déchets par exemple est déjà un engagement.

Avez-vous commencé à travailler avec des classes cette année et de quelle façon ?

Oui, nous avons eu cette année 8 établissements pilotes, qui sont des collèges et lycées de l’enseignement public. La question à se poser est : comment un élève qui n’a pas encore le droit de vote va-t-il pouvoir avoir un contact avec la politique ? Pour le CNESCO, il faut sortir du côté vertical du cours traditionnel et le faire participer.

Au collège et au lycée, les activités d’éducation civique s’inscrivent dans le cadre du Parcours Citoyen, et il faut inciter les élèves à participer à la vie de l’établissement, aux élections de délégués de classe, au conseil de vie lycéenne et aussi au conseil de vie collégienne.

Le parcours que nous proposons aux élèves et qu’ont expérimenté cette année les 8 établissements-pilotes se déroule en cinq temps :

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Dans le cadre de ces 5 parties, 32 activités pédagogiques totalement gratuites sont en tout proposées, adaptables pour le collège aussi bien que pour le lycée, sans oublier les structures d’éducation populaire.

Les 8 établissements-pilotes ont démarré le projet en classe en janvier 2017, pour pouvoir l’utiliser en phase avec les élections présidentielles et les programmes des candidats. Ils ont tous réalisé le parcours complet, avec comme point d’orgue la simulation d’élections présidentielles en conditions réelles dans l’établissement, les élèves votant pour leur candidat favori.

Quels enseignants sont les plus concernés par vos activités et peuvent-ils vous contacter pour les mener à bien ?

Nos activités peuvent bien sûr prendre place dans le cadre du cours d’Histoire-géographie, mais pas uniquement. Dans le cadre de la formation des délégués de classe aussi, donc dans ce cas, ce seront plutôt les CPE qui la prendront en charge, ou encore dans les cours des professeurs de français qui travaillent sur l’opinion.

Concrètement, un établissement ou un enseignant intéressés par notre projet peuvent nous contacter à n’importe quel moment de l’année pour que quelqu’un de notre association se déplace et vienne accompagner la mise en œuvre du projet. Il est possible également de faire le choix d’utiliser simplement nos fiches.

Maintenant que les élections sont passées, est-il toujours possible de travailler en classe sur votre parcours ?

En dehors des grandes échéances électorales, il est toujours possible de travailler sur notre projet. Un exemple : dans le cadre du règlement intérieur de l’établissement, un débat et un vote peuvent être organisés sur un sujet qui touche de près les élèves. Un thème ? A-t-on le droit ou non de porter des jeans troués ? Un vote peut amener à décider si oui ou non, ce sera autorisé dans le règlement intérieur. Les délégués de classe peuvent se présenter à l’élection en proposant une solution, et les élèves voteront pour le délégué qui propose l’idée qui leur convient le mieux !

Qu’envisagez-vous pour la prochaine année scolaire ?

Pour le moment, nous allons mener une évaluation de notre expérimentation de cette année. Au collège Eugénie Cotton où j’enseigne et qui fait partie des établissements-pilotes, deux tiers des élèves ont participé aux élections, ce qui est très encourageant. Et notre grand objectif, ce seront les élections européennes que nous allons commencer à préparer dès 2018. Dans ce cadre, nous souhaiterions pouvoir travailler avec des enseignants d’autres pays européens. En attendant, nous souhaitons nous étendre à d’autres établissements en France que ceux avec lesquels nous avons démarré, et prendre le temps de réfléchir aux retours des évaluations de cette première expérimentation.

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